CHAPITRE cm
I>e la rèeoHip«nse qoe Moclerama donna ans oaTricrt qoi avaieni fait sa ttalae. De ce qui arrîTa aux nains et anx bostns de sa cour, ei de la tristesse dont ee prince était oppressé.
Quand Moctexuma retoaroa h Chapultepec, il y conduisit avec lui tous les ouvriers qui avaient tra- Taillé à sa statue , et versa de nouveau des larmes ; U leur dit : « Mes amis, il faut maintenant que vous éleviez un bltiment superbe et qu'il soit sans fenêtres, àJ!joiitation des.édiBces antiques, et que sa y^ l façade soit tournée vers Torient. » Ces ouvriers promirent de lui <^ir, et Moctesuma retourna à Mexico avec les seigneurs qui l'avaient accompagné. Il était rempli de tristesse» Quant il fut arrivé dans oette ville, il dit an majordome Petlacati : « Donne aux ouvriers tout le tribu de la province de Huas« teca^ ainsi que des manteaux de quatre et dix brasses de loncr. » Il fit également donner à chaque ouvrier deux charges de cacao et dit ensuite : ■ Faites appe« n. 14
1er le majordome de Tucpan ainsi* qae oélui de Tziuhcoacatl , et dites-leur de m amener les esdaves quMIs sont chargés de garder. » Quand on lui eut obéi , il dit aux ouvriers : k Voici la récompense de votre travail ; prenez chacun deux esclaves qui couperont du bois pour vous et cultiveront votre mals.« I! leur fit donner encore à chacun une charge d'étofie et une charge de cacao déplus pour payer leur travail de trente jours , ainsi qu'une charge de concoinhres » une de chUe , six vases de poterie blanche et une coi^betlle de sel. Il les renvoya ensuite chez eux.
Les quatorze ouvriers versaient des larmes de joie de se voir si richement récompensés , et admiraient la magnificence de Moctezuma , si supérieure à celle de tous ses prédécesseurs. Mais si Moctezuma se montrait si généreux envers ceux qu'il voulait récompenser ,11 était également dur et cruel contre ceux qui excitaiept sa colère et qui avaient commis la plu4 légère Faute contre lui ou contre l'État : car il les faisait mettre k mort sur-le-champ. Il fit promulguer une loi d'après laquelle quiconque disait un mensonge, quelque léger qu'il fût, devait étfe tratné dans les rues par les jeunes garçons dn collège de Telpoçbcalco jusqu'à ce qu'il eût rendu le deniier soupir. Les voleur^ étaient battus de verges. On les conduisait ensuite dans un canot à une certaine disti^nee et on les criblait de javelots jusqu'à ce que leur tète et leur corps fussent en lambeaux. Les adultères étaient lapidés^ et quant il acrivait qu'an
seigneur commit on crime , il était encore plas se» ▼èrement traité ifn'mi boiymif du commun.
Mocteiuma allait chaque acmaioe h Chapultepcc ▼imiter sa statue et le bâtiment auquel les ouvriers traTaillaient sans rdicke. Il était si triste qu'il versait sans cesse des lanpe^ eL répétait constamment aua nains et aux bossus qui lui servaient de pages : « Mes enfants, allons en avant. ■ Ceui*ct lui répon«daient x • Seigneur, nous ferons en tout la volonté et nous te suivrons partout, mais où veiix^tu nous conduire? • Quelques jours après Moetezuma étant monté sur une des terrasses de son palais, au milieu de la nuit , regarda autour de lui et a perçut du c6té de Tezcucoun nuage blanc qui s'élevait vers le ciel.
Il arriva aussi que pendant qu'un Indien travail* lait à la terre au sommet de la colline de Qqptaal* tepec, un aigle s'abattit sur lui sans avoir été aperçu* le saisit par les cheveux et le transporta au sommet d'une haute ipont»gne , et le déposa dans une très* grande salle, U plus belle que cet Indien eût jamais vue. L'aigle prit alors la forme d'un gvand seigneur, qui lui remit une rose et un encensoir en lui disant t « Réjouis*toi et ne crains rien. Tiens, voilà cet ivrogne de Moctexuma , qui est lj| couché comme un ivrogne privé de sentiment : frappe-le à la cuisse avec l'encensoir, tu verras qu'il ne sent rien. % L'Indien ayant obéi , le seigneur ajouta : < Tu vois qu'il ne sent même pas la brûlure que tu lui as faite. Maintenant rends-toi h son palais, demande à lui parler et dis-lui que tu Tas brûlé à la cuisse , qu'il
change de yie j et que son terme est venii. C'est iiri qui s'est détruit de ses |Mropres mains en s'ahandoo* *nant à toutes ses passtmia. -• L'Indien lui répondit en tremblant : « Seigneur, tu peui être assuré que je t'obéirai et que je dirai à Moctezuma ce que tu m as chargé de lui transmettre, quoique je ne sois pas digne d'une semblable mission.^ Aussitôt l'aigle relent sa première forme , le saisit par les cheveux , et bientôt il se retrouva dans l'endroit où il travaillait auparavant, tenant dans ses mains la rose et l'encensoir. L'aigle lai dit en le quittant : -«M'onbKe pas ce que je t'ai dit ; pars sur-le-champ pour Mexico , et rends compte à Moctezuma de tout ce que tu. as vu. • L'Indien se mit en effet en route emportant avec lui la rose et l'encensoir. Il entra dans 1^ palais sans parlera personne; et quand il fut en présence du roi , il lui dit ; • Grand et puissant seigneur, écoute avec attention tout ce quî m'est arrivé. Je suis natif de Coatepec, dans le royaume de Tezcuco. Pendant que je travaillais à mon champ, un aigle ma saisi par les cheveux , m'a enlevé et m'a conduit dans un magnifique palais situé au sommet d'une montagne. Là j'ai trouvé un puissant roi que j'ai salué. avec des paroles res^ pectueuses ] il m'a dit : c Viens ici MacehuatL Vois Moctezuma étendu sans sentiment comme un ivrogne ; car il est ici et non pas à Mexico. Prends cette rose et cet encensoir et brûle-le à la cuisse avec ce dernier, il ne s'en apercevra pas tant il est ivre. • OoniBie j'bésitais , il m'a forcé d'obéir par ses me-
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naces. J'ai donc brûlé à la cuisse le corps qui se trouvait devant moi. Il ajouta alors : « Ne vois-tu pas qu'il est tellement ivre*mort qu'il n*a pas senti la brûlure que tu lui as faite. Rends- toi à Meiico^ Quand l'aigle t'aura reporté dans cette ville, raconte à Moctezuma ce qui s'est passé» et pour preuve de la vérité , montre-lui cet encensoir. »• Moctesuma j irrité f appela son majordome Petlacatl et lui dit: « Saisis cet ivrogne et fais-le lapider ou muper dans un endroit où il meure de faim. »
Quand Petlacatl eui exécuté cet ordre, Moctezuma appela Petlacatl et lui dit : « Je souffre cependant réellement de la cuisse. Le scélérat qui m'a apporté cet impertinent message est probablement quelque enchanteur ou quelque sorcier. Qu'il meure , quel que soit celui qui l'a envoyé. • Depuis ce moment, Moctezuma souilrit tellement de la cuisse qu'il ne parut plus dans la grande salle impériale^ et se retira dans le palais d'Aticpan où il était né et avait été élevé. Il fit appeler tous seè^ majordomes et leur dit : « Cherchez, un remède à la douleur que j'éprouve à la cuisse , car je souffre tellement que je sens que j'en mourrai. » Les majordomes lui apportèrent une racine médicinale, et ses femmes le soignèrent si bien qu^il fut guéri en moins de quatre jours et retourna au palais impérial.
Moctezuma ne pouvait cependant chasser les tristes pensées que lui avait inspirées la vue de sa statue, et fit appeler les Ixolometuzanos ; c'était ainsi qu'on appelait les nains et les bossus qu'il avait
à son senrice , et leur dit : « Je tous ai déjà dit , enfants, qaeje yonlais aller en ayant avec toim, et TOUS m'avet deouindé où je voulais vous conduire ? C'est k 2/incalco » où nous trouverons celui qui était déjà à Tula il y a bien des «ùoées ; il se nomme Huecmac« Si nous y entrons, nous j mourrons, mais pour y revivre d'une vie éternelle, dans un lieu oè 1 on trouve tous les mets et toutes les boissons que produit ce monde. Rempli d'arbres couverts de fleurs et de fruits , de sorte que tous les habitants y v^ent dané la j6ie. Hoecmac , qui en est le roi » est Tétre le plus heureut de ce monde. C'est là, aupràs de lui que nous irons vivre. • Les nains et les bosns se montrèrent très-satisfaits de cette poposftion , et invoquèrent Huitzilopocbtli en le priant de récompenser leur mattre de ce qu'il voulait lea mener à Zincalcot car les malheureux ne savaient pas que c'était les conduire tout droit en enfer. Moctetuma . ayant rassemUé les tnaigiciens les pilis habiles , leèr dit : « Je veux vous chargeur d'une mission et de porter des présenta. » Ayant ensuite convoqué léb prmdpaut diefs , il fit apporter quaiïtité de liqueurs spiri tueuses et s'enivra avec eux. Il fit ensuite sacri* ûet quatre captifs à Huitzilopoehtll , et les fil éoqrcher en leur disant : « Allée de nia part à Zincako , et dites au roi Huec^ac que jfe le salue. »