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CHAPITRE XLIX

BccepUon que l'on fait à Mexico au roi AiayacalK — Sacrifice solennel en l'honneur de HuiUilopochtli.

Quand Cibuacoatl eut reçu ce message, il fut très affligé d'apprendre la blessure du roi. Cependant il résolut de célébrer dignement la victoire remportée par l'armée mexicaine sur les habitants de Matlaltzinco, et fit ériger des arcs de triomphe sur la route où elle devait passer. On la parsema de branches de lauriers depuis Chapultepec jusqu'à l'entrée de Meiico Tenuchtitlan. Ordre fut donné aux ilama-^ caxquesj ou prêtres, de monter au temple de Huitzilopochtli, de frapper les tambours et de faire résonner les conques et les coquillages. Les vieux chefs allèrent au-devant d'Axajacatl, lui oQrirent des bi* joux d'or pour les lèvres et les oreilles , ainsi que des malemecal/, espèce de bracelets en cuir, auxquels éltient suspendus des grelots en or, et des 4ecuecuexlU, qui sont faits de la même manière.

mais que l'on porte aux pieds. Ils lui oOrîrenI aussi des manteaux et des pagnes richement travaillées, des tocuitlamaxtlal^ des cuirasses de peau de ti,::re, et des bouquets de roses. Un festin était préparé pour lui à la porte de Chapultepec. H était sem dans une enceinte de roseaux , ornée de brasiers . dans lesquels fumait lepicietl, et se composait de superbes fruits qu'on avait été chercher de tous les côtés.

Quand Axayacatl y fut arrivé , les vieillards le félicitèrent de la victoire que Huitzilopochtli lui avait accordée. Axayacatl les remercia gracieusement da présent qu'ils lui oRraient. Il reçut ensuite les compliments des chefs de Tacuba , de Guyoacan , de Tzauchihuacan, de Ghichicuauhtlan et de Huitxitzilapan, qui lui offrirent les présents que pouvaient faire des montagnards, c^est-à-dire des lions, des tigres, des loups, des onceSy des oco£oc</e5, des loups fauves, des cuetlachcoyotl^ des renards, des coyotes, des cerfs et des lièvres ; tous ces animaux étaient vivants et dans des cages.

Quand les vainqueurs entrèrent dans Mexico Tenuchtitlan, les prêtres de tous les temples firent un tel bruit avec les tambours et les trompettes, qu'on aurait pu craindre d'en devenir sourd. Tous les vieillards de Mexico vinrent au*devant de lui jusqu'à Mazatzintamalcoy , jardin qui a appartenu dans la suite à don Fernand Cortez. Ils s'étaient placés par groupes , de distance en distance , dans des cavernes de branchages couverts de fleurs, et quand

Cuauhuchuetque eut adresse en leur nom un discours au roi , ils se rangèrent en files et marchèrent en tête du cortège jusqu'à son entrée dans Mexico. Ces vieillards tenaieut à la main des calebasses remplies de picietl fumant , des ychcahuipiles et des boucliers ; leurs longues tresses de cheveux étaient entrelacées de cuir rouge. Axajacatl se rendit ainsi en pompe au grand temple , et aussitôt qu'il y fut arrivé il se prosterna devant l'idole etlui sacrifia ense tirant des oreilles » des cuisses et des jambes du sang dont il frotta les pieds de son dieu; il prit ensuite un brasier et brûla des parfums devant lui. Tous les captifs de Toluca se prosternèrent également devant l'idole , et formant ensuite un cercle autour de la grande pierre des sacrifices , ils plièrent le genou devant le grand brasier ou Cuauhxicalli et baisèrent ensuite la terre. De là tout le cortège se rendit au palais du roi, précédé de tambours et trompettes qui faisaient retentir l'air de leurs sons joyeux et allèrent saluer Gihuacoatl-Tlacaeltzin.

Le lendemain , celui-ci dit à Axayacatl : « Seigneur, rien n'est plus glorieux pour un roi que d'oOrir en sacrifice les prisonniers qu'il a faits à la guerre. Offrez donc ceux que vous avez faits à Toluca. C'est une excellente occasion pour inaugurer le Tianguez et le Cou de Tlatilulco. » Le roi fut trèssatisfait de cette proposition et ayant fait appeler Petlacalcatl , son majordome , il lui dit : « Âpporle* moi mes armes avec la devise de l'aigle et du ivjxe et mon sabre de cailloux tranchants. » Ils amenèrent

en même temps un des prisonniers et après lui avoir donné à boire et à manger, on le revêtit des armes d'Axa'yacatl. Pour satisfaire à sa vi(illesse, Cihuacoall s'écria : « Vous voyez que le roi Axayacatl oHre de sa propre main un esclave en sacrifice. » En disant ces mots il se mit à pleurer et Axayacall chercha à le consoler par des paroles pleines d'affection.

Sur ces entrefaites » le roi Netzabualcoyotl d'Acu- Ibuacan vint offrir au roi de Mexico un chasse mou* che fait de plumes précieuses nommées tleoatzehuac' quetzaUi\ au milieu était un soleil d'or fin entouré de pierres précieuses, et une tresse de cheveux dorés. Il lui fit en même temps un discours pour le féliciter de l'heureux succès de la guerre de Matlaltzinco dans laquelle il s'était montré digne de la race d'AcamapichtIi , d'Huitzilihuitl , d'itzcoatl et de Moctezuma dont il avait encore augmenté la gloire par ses exploits. Totoquihuaztli , roi deTacuba, vint également féliciter Axayacatl et après avoir terminé son discours il lui oUrit un riche ornement de plumes avec un ornement en or, des pendants d*oreilles rouges, une cuirasse de peau de tigre, et un superbe manteau bleu; il était fait en filet avec de larges cordons, et dans chaque nœud on avait enchâssé une petite pierre précieuse. Axayacatl les remercia de ces magnifiques présents et leur donna en échange de riches manteaux , des tresses dorées , des bijoux d'or et des cuirasses dorées. Les deux rois lui promirent de venir assister à l'inauguration du nouveau

brasier ou Guauhxicalli qu'il avait fait faire dans le temple de Huitzilopocbtli, et au sacriGce des esclaves faits à Matlaitzinco. Ils prirent ensuite congé de lui et retournèrent dans leur capitale.

Teçoçomoctii , seigneur de Tenantzinco, arriva ensuite à Mexico et après avoir terminé son discours il oflrit à Axayacatl un manteau très-riche et cinq pagnes , le tout fait de huitziltlachihuatli ou plumes très-6nes du quetzalhuitzihuitl ou tzcntzon , pefit oiseau si brillant qu'on le croirait d'or, et lui dit ensuite : « Vos vassaux de Tenanizinco sont venus vous offrir les prisonniers qu'ils ont faits d'après vos ordres dans le combat de Matlaitzinco. Âxayacallet Cihuacoatl furent très-satisfaits de celte nouvelle et ordonnèrent aux Galpixques d'avoir soin de ces esclaves fils du soleil , et de les tenir sous bonne j^arde en leur donnant bien à manger afin de les conserver.

Axayacatl dit alors à Cihuacoatl : « Voici la fête qu'on appelle l'écorcbement des hommes qui va arriver ; il faut la célébrer avec solennité et faire avertir tous les rois du voisinage afin qu'ils viennent y assister ainsi qu'à l'inauguration du nouveau Tenialacatl et du temple de Huitzilopochtli. Cihuacoatl lui répondit : « Puissant roi, il est nécessaire que tes nouveaux vassaux des côtes de la mer viennent assister à ce sacrifice ; s'ils s'y refusent ce sera une bonne occasion pour les dompter de nouveau, les détruire et prendre de nouvelles victimes pour les sacrifices ; convoque donc les habitants de Zempoallan et de Qtiiabuiztlan. » Axayacall lui

répondit : « Vous iivez r.iison et pour qu'ils ne puissent pas prétexter de leur ignorance, je vais envoyer des tnessa;iers à AlempaDecatl et à Mexicatiteuctii. H Après nvoir reçu leurs instructions, )« messagers se mirent en route , et quand ils furenl arrivés à Quiahuiztlan , tis dirent nui deux dtefs : ■ AxayacatI , notre mattre , est sur le point de célébrer la grande fête de tatlauhqui tezcail oa du miroir rouge et vous invite à y assister afin d'adorer le puissant Huitzilopochlli. ■ Les deux chefs leur promirent d'obéir à cet ordre, et après avoir trailé somptueusement les deux envoyés , ils leur fouruirent tout ce dont ils avaient besoin pour leur roule.

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