CHAPITRE L
Du reloor des meuiKera mMicaiiis qni avaienl clé envoyés a Zempoallan et à QuJahniiUan. — Des préseots qu'ils nniorlenl.
Le lendemain matin les messagers, après sVtre reposés, voularent partir pour Quiabuiztian. On lear remit, pour leroi leur maître, un graml chassemouches au milieu duquel se trouvait une figure du soleil entourée d'émeraudes. Au-dessus de la figure an soleil était un diadème d'ambre très-brillant. Ou leur donna également un bracelet d'or garni de [dûmes, et un ornement de tête qui imitait une chevelure à laquelle était suspendues des clochettes d'ta. Les messagers prièrent les deux chefs de vouloir bien garder ces présents jusqu'à leur retour, et ■-■près avoir pris çonati'l'eux ils ji.irlireiit pourQui;ibuizllan. e^^^^Bbren^^^uelznlayotl qu'A:tayii-
oir rouge, nouvelle
tdolc (pii (lev;iil être inaugurée aufomiiieldu Icmple de Huilzilopoclilli. Quclzalayoll invilalesmess^igers à se reposer, promit de venir baiser les mains du roi Âxayacatl et d'assister à l'inauguration de Va nouvelle idole jus(]u'alors inconnue. Au bout de deux ou trois jours il congédia les envoyés mexicains en leur remettant , pour leur roi , un présent composé de riches plumes , de coquillages rouges et blancs, dorés en dedans, et d'autres coquillages des plus belles couleurs, ainsi que des perroquets jaunes et blancs apprivoisés et qui Scivaient répéter quelques mots mexicains. Les envoyés se mirent ensuite en route avec Quetzalayotl, et , en passant par Zempoallany Tlehuitzitl se joignit h eux.
 leur arrivée à Mexico, ils allèrent d'abord se prosterner dans le temple de Huitzilopochtii , et se rendirent ensuite dans la grande salle du palais d'Âxayacatl. Celui-ci accueillit fort bien les deux princes, qui lui Grent leurs présents en luidisantqu ils regrettaient de n^avoir pas autre chose à lui offrir, mais que les côtes de la mer ne produisaient que cela ; ces présents consistaient en plumes très-longues et très-larges, en or, en pierres précieuses , telles que des émeraudes et des diamants, en coquillages, en ambre, en perroquets et en tigres blancs. AxayacatI &t appeler Petlaltecatl, son majordome, et loi dit: « Servez un festin à ces rois de la côte de la mer qui touche au ciel , et ayez soin qu'il n'y manque aucun des mets usités parmi nous. Car il ne faut |)as lesconsidérer comme des vassaux , mais bien comme des
bâtes qui viennent assister à nos fêtes. Servez -leur les mets appelés quatequicuil- tamalli , hwueytlacalli , tlaxcatl-pacholli , grands gâteaux de farine de fève et de farine de maïs qui ont deux palmes d'épaisseur, ainsi que toute espèce d'oiseaux et de gibier; oSrez-leur aussi des boissons de cacao, préparées de diverses manières. » 1 1 ordonna en même temps à Petlaltecatl de les loger dans le palais d'un chef appelé Cuetlaxtecatl. En y entrant ils le trouvèrent entièrement tapissé de nattes de diverses couleurs nommées Huacapetlatl, et tous les domestiques d'Axajacatl s'empressèrent de les servir.
Quand le moment fut venu d'oifrir le sacrifice et de placer au sommet du temple la grande pierre qui devait être inaugurée , Axayacatl ordonna que Ton désignât les sacrificateurs et les captifs qui devaient être leurs victimes. Le dernier était désigné sous le nom de Johualaahua , et le premier sous celui de lion, de tigre, d'itzpapalotl ou papillon de cailloux tranchants et de Opochtliquetzalcoatl , serpent cou< vert de plumes, qui est placé à gauche, de Tonziyxatinantlalotlan , Huitzilopochtli et de Napa^ teuclUf quatre lois chei. Les captifs qui devaient périr dans cette circonstance, et qui étaient de Toluca et de MatlaUzinco, furent enduits d'une couleur noire et couverts de plumes. On leur endossa un vêtement de plumes qui n'était pas une meilleure défense qu'une armure de papier, et une paf^ne, ou maxllatl pareille. Leurs bras et leurs têtes élaieni également couverts de plumes, collées avec une ré-
sine appelée ulle. On les fil monter au sommet du temple de Huitzilopochtli, eton les plaça au pied de sa statue, en face de la grande pierre appelée cuauh^ xicalU, Quand ils furent rangés en ligne, les ttamacazquez conmiencérent à faire résonner le tepo* naztle et le tlapanhuehuetl , et à répéter le chant appelé temalacuicatL Deux ou trois prêtres s'emparaient d'un de ces malheureux , et le plaçaient sur la grande pierre, ou temalacalL Guitiaziecall Tenait ensuite combattre contre lui* costumé de manière à représenter un lion. On donnait h la malheureuse victime pour se défendre une épée , un bouclier et quatre cailloux nommés ocotzotetl. Le lion s'avançait contre lui en dansant au son du llapanhueJiuell, Quand la victime le voyait approcher» elle sifflait , se frappait les cuisses de sa main (ce geste se nommait moquezhuiteque) ; et, saisissant son épée et son bouclier, elle allait au-devant de lui. Aussitôt que le lion était parvenu à la renverser d'un coup d'épée, quatre ou cinq prêtres, nommés cuaoua*^ cuiltzin, qui avaient jusque-là tenu à la maia des calebasses remplies de /?iciet/ enflammée, la saisissaient, lui attachaient les pieds et les mainsi et plaçaient sur ses yeux un bandeau nommé ixcualechi^ mal. Puis chacun de ses membres étaient saisis par quatre prêtres, qui les tiraient de manière à lui démettre les jointures ; et un autre, après lui avoir ouvert la poitrine avec un caillou tranchant, lui arrachait le cœur qu'il plaçait sur laulel. Ou arrosait de son sang l'idole de Huitzilopochtli et de Tlatlauh-
(|uitezcall; les cuacuaquiles jetaient ensuite son corps dans le tompantitlan , ou cour du temple. On amenait ensuite un autre captif pour lui faire subir le même sort. Quand le tlahuahuantle , ou combattant, était fatigué y il était aussitôt remplacé par un autre, costumé de manière & représenter un lion, nn tigre ou un aigle, mais il était défendu dessous son costume par un ichahuepU.
Les prisonniers furent ainsi l'un après l'autre amenés au sacrifice, qui dura depuis sept heures du matin jusqu'à cinq heures de l'après-midi. Quand il fut terminé, les principaux conviés montèrent au sommet du temple par ordre d'Axayacatl , afin d'en contempler les restes. Ils se rendirent ensuite au tzapotzalco^ ou eau des serpents ; ce lieu était orné de belles nattes de diverses couleurs ( alahuacapetlatl); les siéf^es étaient couverts de peau de tigre, et le principal était surmonté d'un dais de plumes tlauhquechol. Sur celui-ci on avait placé un grand chasse^mouches de plumes précieuses. Au lieu d'éventailsy on oiirii aux conviés de petits chasse-mou* ches de Tehuantepec et toutes sortes de bijoux d'or, tds c|ue des pendants d'oreille, «les couronnes et des diadèmes en forme de demi-mètres. Axnyacatl fit encore d'autres présents aux chefs de Zemponllan et deQuiahuiztlan, et les congédia honorablement.
Le lendemain Axajacatl dit à Cihuacoatl : • Que pensez-vous de la fête que nous avons célébrée en rhonneur de notre dieu Huitzilopochtli? mais ce n'est qu'aux chefs des côtes que nous avons fait
Thonneur de les inviter ; ne serait-il pas convenable à présent de convoquer ceux des nations qui nous environnent ? non-seulement ils n'ont pas vu notre temple , mais ils n'en ont jamais entendu parler. 11 est juste cependant qu'ils le connaissent , qu'ils viennent adorer Huitzilopochtli, et voient le nouveau Cuauhxicalli. » Le roi fit aussitôt appeler Ghalchiuhtepehua et Huecamecatl, et les cliar*:ea d'aller à Tezcuco inviter le roi d'Aculbuacan à sacrifier sur le cuauhxicalli. Netzabuacojotl y consenlit, et fit aussitôt transporter à Mexico de la chaux et des pierres, qu'on y employa à faire les fondemeuts du cuauhxicalliy après avoir convoqué à cet edet les ouvriers les plus habiles. Âxayacall ordonna <le leur donner vingt brasses sur chaque face et huit brasses de haut, et de commencer le travail siir-Iechamp. Le lendemain matin Netzabuacoyotl arriva k Mexico, et amena avec lui, pour bâter ce travail, des Indiens qui chaque jour étaient remplacés |wir d'autres. Totoquihuaxtli, roideTlateluIco,en ameua également. Quand on eut terminé les quatre murailles sur lesquelles étaient peintes les figures des dieux du Mexique, on se bâta de terminer le cuauhxicalli et d'y sculpter h figure du soleil. On le plaça ensuite au sommet du temple, dont rélévation, avec toutes ces nouvelles constructions, fut de cent soixante toises.