‹ Histoire du MexiqueChapitre 77 sur 115 · CHAPITRE LXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXII

DéfaUe des habiUnts de Teloloapan qui se reconnaissent ▼assaox de Tempire mexicain.

Aussitôt que les habitants de Teloloapan se furent aperçu de Ta p proche de rennemi . ils se mirent à crier à haute voix mort aux Mexicains. Ceux-ci, qui avaient bien pris leurs mesures, loin de les attaquer avec vigueur, ce qui les aurait peut-être porté à se ré* fugierdaiis les mon tagnes, firent semblant de plier,de sorte que les autres corps d'armée composés des alliés eurent le temps d'arriver et de cerner complètement l'ennemi. Tous poussaient des cris qui montaient jusqu'au ciel en appelant h haute voix pour se reconnaître le nom de leur ville , tel que Chalco , Aculhuacan, Tacuba, elc. ; ils étaient tellement animés qu'ils tuaient tous les ennemis qui s'offraient h leurs coups sans même penser à faire des prisonniers. lis avaient même de l.i peine à avancer h cause des obstacles que leur oflraient les nombreux cadavrea.

qui couvraient la tetTe et les ruisseaux de sang dan» lesquels leurs pieds glissaient. Enfin , les principaux chefs de Teloloapany réfugiés au sommet d'un monticule, se mirent à implorer à haute voix la pitié des vainqueurs, en disant -. Nous nous soumettons à l'empire mexicain. Ce pays produit du cacao, du miel , du coton, des étoQes, du chile et toute espèce de fruits et de fleurs, car nos villa<:es sont tous en* tourés de jardins. Nous vous payerons de tout cela en tribut et nous ferons tout ce que vous nous commanderez. Âhuitzoll leur ayant demandé s'ils tiendraient leur promesse, ils la confirmèrent de nouveau ; alors 'ce prince donna ordre à ses capitaines de faire cesser le carnage. Ceux-ci ayant obéi entrèrent, dans la ville de Teloloapan et se réunirent dans le palais. Les habitants leur servirent uo somptueux repas et leur oQrirent du c«icjA, des vases remplis de miel et toutes sortes de fruits, ainsi qu'un grand nombre de charges de toutes les denrées qu'ils leur avaient promis.

Il fut convenu que le tribut que payeraient les 'habitants de Teloloapan serait de quatre cents charges de cncao quMs apporteraient eux-mêmes au palais de Mexico Tenuchlillan, ainsi qua dii charges de naguas et cinq de huepiles , vêtements à Tusage des femmes; tout fut ainsi pacifié. Les femmes, les vieillards et les enfants, purent sortir des forêts et des gorges de montagne où ils s'étaieot réfugiés. Ahuilzotl demanda alors à ceux de Tcioloapan quelles étaient les provinces et les villes qui

avaient pris pari à celle révolte. Ils lui répondirent q ue c étaient les Ozlomanes , nation dont la ville était fort considérable et qui avait excité les autres à prendre les armes, et les habitants d'Âlahuiztlan. Ils 8 oSrirent en même temps à y guider les Mexicains devenus leurs maîtres et leurs protecteurs. Abuilzotl accepta celte proposition, mais avant de se mettre en campague il leur ordonna de préparer toutes les provisions nécessaires. Pendant qu*on s'en occupait, tous ceux que la peur avait forcés de se réfugier danslesmontagnts eurent le temps de rentrer dans leurs maisons.

Le troisième jour , les Mexicains se mirent en marche guidés par les habitants de Teloloapao qui connaissaient parfaitement toutes les routes qui conduisaient à Ozloman. Quand ils furent arrivés en vuÉ de cette ville ils se rangèrent en bataille eii ayant soin comme toujours d'entremêler parmi les nouveaux soldats des vétérans qui deviiient soutenir leur courage dans le combat. L'ordre fut donné de tout mettre à feu et à sang , de n'épargner ni les femmes ni les enfants , mais de réserver la moitié des hommes pour les conduire prisonniers à Mexico.. Ceux de Teloloapan allèrent les trouver pour les engager à se soumettre aux Mexicains et à éviter ainsi tous les maux qui les menaçaient, mais ils refusèrent même de les écouter en leur disant qu'ils étaient des traîtres et des misérables et qu'ils les massacreraient jusqu'au dernier, ainsi- que les Mexicains. Ceux de Teloloapan leur répon<lirent ;

Comment pouvez-vous nous recevoir si mat?C*esi pour vous sauver que nous sommes venus et cepen- (liiDt c*est vous qui êtes la cause de notre malheur, car cVst vous qui nous avez eicilés à prendre les armes. Mous étions les amis des Mexicains, quand ils venaient dans noire ville nous leur ofTrions à laver etnous leur servionsd'ezcellent cacao, et ils nous

traitaient comme If urs frères et leurs fils. Ils nous apportaient des dindons salés, du poisson et d'autres produits du lac de Mexico. C'est par votre faute que nous avons perdu tout cela et maintenant nous sommes forcés de respecter les Mexicains comme nos maîtres , mais les habitants d'Ozloman continuèrent à ré[)Ondre qu'ils aimaient mieux mourir que de payer un tribut.

Ahuilzotl leur dit alors : Puisque vous le voulcx nous allons ravager votre pnys et porter vos peaux à Mexico. Il donna donc aussitôt le signal du combat, les Mexicains attaquèrent aussi tôt 'avec tant de valeur qu'ils rompirent la forte palissade qui formait la défense de la ville. Ils mirent aussitôt le feu ku grand temple et commencèrent à égorger les habitants comme s^ils eussent été des poulets. Ahuîtzotl cria à haute voix : ne tuez pas les jeunes garçons et les jeunes filles , nous les conduirons à Mexico pour honorer Huitzilopochtii. Les guerriers n'étaient occupés qu'à tuer et à attacher les prisonniers. On entendait de tous côtés des cris lamentables poMssês par les femmes et les enfants qui appelaient leurs ^naris et leurs pères pendant que ceux-ci tombaient

BOi'Sles coups des Mexicains, qui ne se reposènivfc que quand il n*y eut plus un seul ennemi debout.

Ceux de Teloloapan s'approchèrent alors du roi Âbuitzoll et lui dirent : Seigneur, ne serait* il pas bien d'aller cetle nuit même surprendre la ville d'AlahuizlIan ? Ce prince leur répondit : Allez d'abord trouver les cliels de celte ville , engaj^ez-les à venir me faire leur soumission et h éviter ainsi le désastre qui les menace, je leur promets de les bien tr.;iter. Les mess<')gers se mirent donc en route et au lever du soleil ils arrivèrent aux portes d'AlahuizlIan. Mais les habitants ne leur répondirent qu'en prenant 1< urs armes et en déclarant qu'ils aimaient mieux succomber jusqu'au dernier que de payer un tribut h qui que ce fût.

Les principaux chefs mexicains ordonnèrent de ne pas tout tuer, mais d'épari^ner les jeunes gens des deux sexes, parce que leurs soldats qui étaient fatigués les emmèneraient comme esclaves jusqu'à Mexico, aGn d'avoir quelque dédommagement de. leurs travaux ; le roi approuva celte mesure, et c'est ainsi que fut détruite la ville d Alahuizllan. Car, après avoir encore une fois offert la paix aux habitants qui persistèrent h la refuser, les Mexicains les chargèrent avec fureur et en poussant de grands, cris. Le roi Ahuilzoll se trouvait au milieu des chefs quand il vit s'avancer vers lui un vaillant chichi- ' mèque. Abuitzoll lut tellement furieux de-voir qu'.il osait venir 5'alta([uer h lui qu'il lui fendit la léte dun coup cPépéc, ce qui étonna tous ceux (|u'^

étaient présents. Il s'éLinça ensuite au milieu àeê ennemis, abattant adroite et h gauche tous ceux qui se trouvaient devant lui. Le massacre fut terrible, car on n'épargna ni l'âge ni le sexe; des ruisseaux de sang inondaient la terre de tous les côtés. Ahuitzotl ayant ensuite fait compter les morts et les blessés on trouva quarante-deux mille morts sur le champ de bataille et deux mille prisonniers, sans compter cent jeunes vierges. Les habitants de Teloloapan et d'Oztoman se mirent alors à pleurer et dirent à Âhuitzotl: Seigneur, cette nation est entièrement détruite, mais ne serait- il ptis dommage de laisser perdre entièrement tout le cacao qui se trouve dans ses plantations? donnez Tordre qu'on en fasse la récolte. Celui-H:i y consentit et donna ensuite à l'armée l'ordre de se mettre en marche en emmenant les prisonniers. Quand il fut arrivé n Zampahuacan il y reçut des ambassadeurs de Cuyoacun,de Noctepec, dTztaccualpan, de Teotlitaque, deTasco, d'Ichcateopan, de Zicozcatl , d'Iztapan et de Coatepec qui venaient lui offrir des vivres en abondance.

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