‹ Histoire du MexiqueChapitre 79 sur 115 · CHAPITRE ItXïV · texte numérisé non relu

CHAPITRE ItXïV

Chaqae YÎIle de Tempire foumit deux cents colons pour peupler Oitoman et Alahoizllan. Les terres leur sont réparties également.

CihuacoatI annonça qu'il comptait fournir pour la nouvelle colonie qaalre cents familles mexicaines» et demanda aux rois des Aculhuas et des Tecpan^ ques d'en fournir autant de leurs nations respectives. Nesahualpilli lui représenta que c'était beaucoup » que les autres nations pouvaient aussi fournir des colons, et que deux cents familles lui paraissaient assez; ce qui fut accepté. Quand la conférence fut terminée, on leur servit un repas somptueux , car on ne connaissait pas alors les jours d';>bstinence. Ils mangeaient chaque jour des oiseaux de toute espèce et des poissons du lac. Avant que les rois se missent en route , Ahuitzotl leur offrit de riches vêtements ; ils retournèrent ensuite dans leurs états pour choisir les deux cents familles de colons qu'ils devaient fournir.

Cibuacoatl, de son côlé, convoqua les chefs raeiicains ainsi que les Achcauhtzin ei les Teqnihuaqurt des quatre quartiers de la ville et les chargea de désigner les familles qui devaient émigrer. Il envoja ensite des messagers a Goallapan et dans la terre chaude , qu'on appelle aujourd'hui le marquisat d*Oaxaca, à Chalco, à Xochimilco , à Mîzquic, à Culhuacan , à Fzlacpalapan , à Matlallzinro , d»m les montagnes de Xilolepec, de Mazahuacan, de Xocotillan , de Cuahuacan , de Zilan , d'Ocuilan , e( en un mot dans toutes les villes qui dépeudaieutdi' l'empire mexicain. Gomme symbole de l'autoriie rojrale , au nom de laquelle ils agissaient , ces messagers portaient à la main une canne ornée de deut bouquets de plumes. Cétaient Aculhuacatl , Tbilotlac» Zicuiltecatl , Chalchmbtepefaoa , Mixcoacajlotlac, Ezhuahuacatl , Tlacochcalcall et Natlauh- CatI ; ils allèrent dans chaque ville et y désignèrent au nom du roi 6t en proportion de la population les pauvres, ceux qui devaient aller s'établir dans If< Nouvelles colonies pour y devenir riches et propriétaires des terres fertiles d'Oz(oman et d'Alahuiztlao, où il y avait des jardins, des rivières , des font;itnes. des lacs, des cacaotiers , des forêts, et enfin les maisons qu'avaient habitées tous ceux qui avaient succombé dans celte guerre cruelle. Les émigrants de chaque %ille étaient placés sous les ordres d'un majordome qui devait les conduire et les diriger. Il devait les-établir en ayant soin surtout de ménaerr les femmes et les enfants ; ch«aque ville fournit TioiM

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Ciiinilles guidées par ua majordome qui emmena également la sienne avec lui.

Cihuacoatl dit alors à Ahuitzotl : « II faut nous entendre avec le roi d'AcuIhuacan et avec celui des Tecpanèques pour choisir deux chefs qui gouver^ nerooL pour toujours, et leurs enfants après eux » les deux villes d'Ozloroan et d*Alabuiztlan. • Abuit-> zoll lut répondit : « Je ne suis encore qu'un enfant» et je me mets entièrement entre vos mains, c'est à vous de me guider comme mon père et mon seigneur, c Cihuacoall chargea alors Tilancalqui ' de convoquer tous les chefs ; et quand ils furent arrivés en sa présence » il leur dit. « Vous savez qu'il a été résolu de peupler de nouveau avec des Mexicams les deux provinces d'Oztoman et d'Alahuiztlan» choisissez maintenant parmi vous les deux chefs qui doivent y rè«*ner ; mais il faut qu'ils soient Mexii ains , car c'est notre nation qui seule doit gouverner le monde. » Les chefs lui répondirent qu'ils allaient délibérer sur le choix à faire. Quand ils furent réunis dans leur conseil nommé ielpochcalco^ ils résolurent qu'on tirerait d'Itzlacalco , de Popotlan , de Coatlayauhcan et d'Acolnahuac vingt familles nobles pour la nouvelle colonie. Ils porcèreixt cette décision à Ahuitzotl et à Cihuacoatl qui s'en montrèrent fort satisfaits. Ayant convoqué les chefs qui avaient été désignés, ils leur firent un long discours en leur annonçant le choix qu'on avait. fait d'eux pour gouverner les provinces de Teloloapan . <l*Ozloman et d'Alahuitzatlan. Ils leur promit ent

que pendant deiïx ans ils leur enverraient pour eax et leur famille des vêtements nécessaires et cinq cents charges d'étoSes • el que les habitants de Teloloapan , qui avaient survécu , seraient obligés de les servir et de cultiver leurs terres ; mais ^ au boot de cinq ans , ils devaient payer le même tribut que fournissait autrefois cette province. Les cbefs se montrèrent très-satisfaits de cet arrangement. On leur donna aussitôt vingt ^ cinq habillements complets pour eux et pour leurs femmes et on leur fournit cinq ou six tamimes pour les porter. On leur donna également des mortiers , des crucbes et d'autres us-» tensiles de ménage parce qu'on ignorait ce que le pays pouvait fournir. Ahuitzotl 6l également distribuer par ces majordomes des vêtements à tous les colons, qui s^élevaieot au nombre de neuf mille, dont trois mille étaient destinés pour chaque province. Ils se mirent ensuite en marche accompagnés par trois des principaux seigneurs deMexico et deux de chacune des autres villes qui ne les quittèrent qu'au bout de trois mois , après les avoir vus bien établis, en leur recommandant de vivre en paix avec les Mexicains des provinces voisines , de bien traiter les messagers qu'on leur enverrait et les marchands qui viendraient trafiquer chez eux , et de se tenir bien en garde contre les habitants de la province voisine du Mechoacan qui sont les ennemis jurés des Mexicains. Ils leur recommandèrent sur toute chose de ne jamais oublier leur orf<pne et de rester les alliés fidèles de leurs compatriotes dont h

capitale brille au milieu du lac comme une plume «lorée sur la «urface des eaux , là ou Teau écume , où le poissop se réfugie , où siffle le grand serpent « où l'aigle se repose pour dévorer sa proie.

Quand les colons se furent mis en marche en boa ordre, ils défilèrent devant le temple de Huitsilopochili, et se prosternèrent très-bumblenient| et p.i8sèrent ensuite par la grande porte du palais« Chaque centaine était conduite par un chef» c étaient Tecuenenque, Aclurauhuin et Tequihuaqne. Les femmes portaient leurs petits enfants sur leurs bras tenaient les plus grands par la main. Elles faisaient retentir l'air de leurs cris et de leurs sanglots» ea pensant qu'elles abandonnaient pour toujours le lieu de leur naissance. Les hommes portaient sur leur dos les vêtements et les nattes qui devaient leuv servir de lit, ainsi qu'à leur famille. Les Tamemes ;ivaienl pris les devants, pour pouvoir revenir aveo les chefs chargés de conduire la caravane. Les Mexicains marchaient les premiers; ils étaient suivis dea Âculhuas, des Tecpanèques» et des colons venus de Coatlapan , de Cbalco, de Chinampanecas, de ceux de Nauhtenctli, de Cuauhtias , de MatlaUmco. d*Ocuilan, de Tenantzinco. de Mazalroacan^ de Xoxtitlan , de Chiapan, de Xilotepec , deXiquipilco» de Cuahuapan et des autres villes.

Les émigrants allèrent coucher cette nuit-là à Xalatlaulico, les habitants de toutes les villes qu*ilft traversè^nt, vinrent au-devant d eux avec des vivres et construisirent» pour les recevoir, des cabanet de

feuillages; car, ÂhuiUolI, voulant quMs ne man-« cpassent de rien , avait envoyé des ordres à cet eflel h huit villes difiérentes; ils furent reçus de même pendant toute la route, dai\s tous les endroits où ils s^arrétërent pour passer la nuit. Quand ils furent arrivés à Teloloapan , les émii^ranls se divisèrent en trois troupes pour aller occuper les trois provinces,el les Mexicains eurent le choix des meilleures maisons, toutes les nations voisines 8*empressèrent de leur envoyer du maïs, des fèves, du huauhtUy du chile, des tomates , des xicaras ou vases de calebasse , des vases de terre, des metatés , des tecomates , des nattes et des coffres; au bout de quatre mois ils avaient réparé les maisons, cultivé les terres, et remis en bon ordreles plantationsde cacaotiers , de sorte qu'ils ne manquaient plus de rien. Les jiçhcauJuzin les quittèrent alors pour aller à Mexico, et delà dans toutes les villes qui avaient fourni des colons, rendre compte de l'état florissant dans lequel ils les avaient laissés « e^ y apportèrent des produits de ces nouvelles provinces. Âhuit^otl et Gihuacoatl, se réjouirent beaucoup de cette prospérité de leurs colons, et surtout de ce que ces (''ois provinces étaient devenus mexicaines, ils firent servir on testin aux Achcauhtzin , les félicitèrent de la manière dont ils avaient rempli leur mission , et les envoyèrent se reposer dans leurs maisons , après Icuc avoir distribué des présents «

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