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CHAPITRE LXXVIII

Eipédilion des Mexicains contre les villes de Xoconuchco, de Xolotlan , de Masatlan et d*A7otecatl , qai sont réunies k l'empire mexicain.

Quelques jours a|irès que les habitants des villes de la côte nouvellement conquise se furent soumis à rempire du Mexique et eurent promis de lui payer un tribut, les marchands se réuuirent pour aller commercer selon leur usage , et se rendirent à Xolotlan, à Ayolecatl , à Mazatlan , et k Xoconuchco. Les habitants leur demandèrent : Que venez-vous faire dans nos villes? nous ne sommes pas des vaincus , et nous ne nous sommes pas soumis à Tempire : nous allons ilooc vous mettre à mort. En effet, ils les égorgèrent jusqu'au dernier; deux jeunes garçons |>arvinrent seuls à s'échapper et allèrent annoncer ce désastre à leurs compatriotes qui s'en plaignirent à Mexico. Cihuacoatl se liâta de contluire auprès du roi Ahuitzotl leurs messagers qui lui racontèrent

tout ce qui s'était passé. Le roi demanda quels étaient les villes doni les habitants avaient commis ce crime , et on lui désigna celles que nous avons énuméréesplus haut. Il envoya aussitôt auixiid'Acalhuacan et à celui fies Tecpanèques Tordre de réunir leurs armées pour aller châtier ces brigands de la côte. Cthuacoatl fit venir Cuauhnoctii et lui ordonna également de réunir les chefs afin d'envoyer par îles messagers à tous les vassaux de Tempire l'ordre de prendre les armes, ce qu'ils ext*cutèrent promptement, ainsi (jueles deux rois des Acuikuas eides Tecpanèques.

Les messagers étant tous revenus au bout de huit jours , Ahuitzotl ordonna égalemenl aux guerriers mexicains de se tenir prêts à marcher , et ceux-ci se mirent aussitôt à préftsirer leurs armes. Les deux rois vinrent eux-mêmes à Mexico visiter Ahuitzotl et Gihuacoatl; et quand ceux-ci leur eurent expliqué le motifdt^ la guerre, ils dirent au grand majordome P(>|[!acatl : Apportez les armes les plus belles, les devises les plus brillanles, les épées les plus acérées. Ils en firent présent aux deux: rois , ainsi que de cinq charges d'étoiles et d'habillements. Quand ceux-d eurent reçu ce présent, ils prirent congé et allèrent réunir leur armée et faire préparer des vivres en abondance , car on avai tune longue route à faire pour arriver jusqu'à la côte.

Les Mexicains, de leur côté, étaient constamment occupés de leurs préparatifs. Les jeunes grns allaient, tous les jours à TIepochclilco . où les ocA-

cauhtzin leur enseignaient le roaniemeni des armes. Ahuitxoll envoya ensuite Tordre aux guerriers des ▼illes les plus éloignées de se mettre en nuirche de manière à former luvant-garde ; il fit eiasuite avancer son armée , an milieu dé laquelle il se trouvait , ainsi que les deux rois et les principaux chefs.

Les guerriers mexicains passèrent l;i nuit fi Chalco. On avait rigoureusement défendu qu'il en restât un seul en arrière k Mexico , parce qu'il s'agissait d'une entreprise de la plus baule importance. A l'exception des vieillards , des enfants , des prêtres et des tlamacazques ^ tous ceux qui w seraient pas joints a l'armée , quand même ils eussent été des premiers de l'empire, eussent été fissommés et jetés dans un puits. Quand l'armée approcha de Chalco, elle redcontr.i à Xocolitlaii les habitants qui étaient venus au-devant d'elle et qui oQrirent à Ahuitzotl des fl« urs et des parfums. La f aile où les trois rois furent logés était toute ten<lued'étolies précieuses. G)mme le climat de cette ville est très-froid , parce qu'elle est située au pied du volcan et des montagnes couvertes de neige, on avait allumé dans les appartements des brasiers remplis de charbon. Le len'lemain, Ahuitzotl dit aux habitants: Mes frères, il faut que vous veniez avec moi jiour servir de giirde à ma personne , comme de vaillants guerriers que vous êtes, vous formerez lavant-garde.

Toutes les villes qui se trouvaient sur la route firent également au roi de Mexico une réception solennelle. Quand il fut arrivé à Huaxaca , tous les

chefs de la côte (|u*il avait vaincus TÎarenl le saluer et lui olirir des présents. Il se reposa deux jours dans cet endroit, et quand il .fut sur le point d'eo partir, on lui donna encore quantité d'armes pré- ' cieuses qu'il partagea avec les deux rois. Ahuitxoll remercia les h;ibitants de la côte de leurs riches présents , et distribua la part qui lui en était échue entre les principaux chefs mexicains.

Le lendemain Ahuitzotl Gt ordonner par Tbcochcalcall aux principaux chefs de se diriger sur Tehuanlepec où l'armée devait camper pour se reformer. Quand on ari ivait à Tendroit où Ton devait passer l-i nuit, les soldats construisaient aussitôt des cabanes de feuillage pour le roi et les principaux chefs auxquels les m.ijordomes s'empres* saient de servir un repas qu*ils avaient préparé. Quand Ahuitzotl arriva à Tehuantepec » les chefs vinrent au-deyant de lui et s'empressèrent de le lo» ger dans le palais de la ville, qui était fort grand et si bien orné de tapisseries en plumes , qu'on n'avait jamais rien vu de plus beau. Ils lui apportèrent ensuite le tribut que la province lui devait et tontes sortes d'armes preneuses, ; armi lesquelles on remarquait des boucliers ornés «le lames d'or. Us pla* cèrent sur sa tête le teocuitla yxcua amatl ou bandeau royal. C'était une espèce de mitre en papier semé de pierres précieuses ; ils oQrirent aussi des armes aux principei^ chefs Mexicains qu'ils firent asseoir sur des peaux de tigres ; car autrefois cet animal était fort commun dans cette proTince.

qtioiqu^ aujourd'hui on n'en voie plus dans f bUté la Nottvelle-Bspaj^ne. Ces présents , comme ils le dirent le lendf*ni<i)n au roi , lui ét;iient offerts par les

villes ses vassales de Tehuantepec,d7zliuallau, de Xochitlan, de Chiltepec et d'Amaillan. Ahuitzotl ordonna également à tous leurs guerriers de prt^odre les armes sans qu'il en restât un seul en arrière , parce qifil s'agissait de punir des traîtres et des a85a9«ins.

Qnanrl les Mexicains furent arrivés h Mazatlan, premier point du territoire ennemi , ils y construisirent un camp retranché. Au sommet de la tente d' Ahuitzotl on voy.iit briller sa devise en plumes précieuses : c'était un cuaxolotl brillant d'or. Les principaux chefs mexicains placèrent leurs tentes en demi-Cf rcle autour de celle du roi. On assigna également aux guerriers de chaque ville un emplacement où ils devaient tendre les leurs, a6n qu'ils fussent prêts à se ranger en bataille s'ils étaient attaqués par l'ennemi. Le lendemain Ahuitzotl ordbnnaaux chefs de chaque ville d'encourager leurs soldats en leur promettant la victoire s'ils combattaient vaillamment, et en leur représentant la pauvreté dans laquelle ils avaient jusqu'alors vécu, et qu'ils pouvaient changer en opulence par les dé|K>uilles de l'ennemi. Le lendemain ils attaquèrent avec tant de vigueur la ville de Mazatlan , qu'au milieu de la journée ils l'avaient déjà détruite entièrement. Les vieillards, les femmes et les'enfants se réfugièrent dans les forêts et dans les ravins , malgré les danger s IL 4

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auxquels ils étaient exposés de la part des bétesC^ roces. Le jour suivant, les Mexicains attaquèreofl Ajoterail et détruisirent si bien leurs ennemis qu'il ne resta pas un seul combattant. Ils en fireat autant de Xolotlan. Les habitants de toutes les villes de la côte se réunirent alors à ceux de Xoconucbco ,et dirent : C'est nousqui sonimes coupables de la faute qui a déjà coûté tant de sang aux guerriers des autres villes. Que* nous reste-t-il à faire, si ce n'est à implorer le pardon des quatre viUes dont nous avons massacré . les marcbands et à nous reconnattre leurs tributaires? Ils envoyèrent donc des messagers aux Mexicains pour faire leur soumission.

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