‹ Histoire du MexiqueChapitre 84 sur 115 · CHAPITRE LXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIX

Les habitants de Xoconuchco et ceax des quatre autres villes implorent le pardon des Mexicains et des habitants de Tehoantepec. Elles sont rédnies è Tempire.

Les chefs des quatre vîHes vaincues Tinrent donc o6rii^ a Ahuilzotl de se reconnaître pour ses ▼tis-^ saux et s'engagèrent i lui payer en tribut de Tor. des pierreries , des pierres précieuses , de beaux oiseaux de toute espèce, du cacao, des peaux de tigres« Le lendemain ils apportèrent à l'entrée de la ville tout ce qu'ils avuient promis de fournir, en disant ; Mexicains, nous nous reconnaissons cou pa^ blés , cessez de nous massacrer, nous deveooiia les rusaamx de votre roi ; no'is vous promettons un tribut que nous vous payerons toujours régulièrement. Les Mexicains leur répondirent : Non , scélérats , il faut que vous mouriez jusqu'au dernier et qu'il ne reste pas mémoire de vos villes. Ceux de Xoco* nuohco leur répondirent en gémissant : Ayez pitié des vieillards, des femmes et des enfants. Qui vous

servir» el qui cultivera vos terres, si vous nous eiterminez? Outre ce que nous vous h vous promis, nous vous donnerons encore des pierres précieuses nommées tlapapalxihuitl , du cacao de diverses espèces» des coquiUa*;es tigrés de bleu, de jaune et de blanc. Eln disant ces mots, ils renouvelèrent leurs plaintes el leurs gémissements. Le roi Abuitzotl dit alors aux Mexicains : Ayez pitié de ces malheureux habitants de la côte, et épargnez ceux qui ont échappé à vos coups. Ces paroles apaisèrent les Mexicains. Le roi appela alors les vieux Cuankuehuèqucs et leur dit : Dites aux habitants de la côte que les Mexicains consentent à leur pardon* ner, à con lition qu'ils exécuteront fidèlement tout ce qu'ils ont promis. Tous ceux qui s'étaient réfugiés dans les forêts en sortirent donc et bientôt ils apportèrent aux Mexicains plus qu'ils ne s^étaient engagés à leur donner , comme, par exemple, des charges d'étoffes de coton et des fruits de toute espèce. Les Mexicains les prirent alors parla main et leur dirent : Nous sommes satisfaits, puisque vous êtes devenus nos vassaux ; mais il faut que vous noas indiquiez exactement quelles sont les limites de votre territoire. Ceux-ci répondirent qu'il s'étendait jusqu'aux frontières du Guatemala , dont ils étaient séparés par des rivières considérables et par de hautes montagnes remplies de tigres farouches; et que , de Tautre côté , ils avaient pour voisins les habitants de Notpopocayan . ville située au pied du volcan. Ce territoire, dirent-ils, ne commence qu'à

soimante lieues d'ici ; nous en sommes séparés par de haales montagnes, et nous n'y entrons jamais parce que ses habitants sont très-féroces et nos ennemis.

Abuitzotl leur répondit qu'ils eussent soin de bien garder leur territoire qui était maintenant sous la puissance du grand Huitziloporhtii , et que , quant à lui , il Toulait pénétrer sur celui de leurs ennemis et les réduire à son obéissance , puisque c'était uniquement pour cela qu'il était venu de si loin. Car son dessein était d'aller successivement découvrir toutes les nations du monde pour les vaincre et les réunir :i son empire. Car, dit-il , le9 Mexiciinti ne naissent et ne grandissent que pour soumettre l'univers à leur dieu Huitzilopochtii, jusqu'à ce qoe nous* mêmes nous soyons vaincus et soumis comme ce dieu lui-même nous l'a annoncé; mais il ne nous a pas indiqué l'éftoque.

Le lendemain l'armée meiicaine se mit eu route en bon ordre: elle était si nombreuse qu'elle couvrait deux lieues de terrain. Les guerriers de chaque ville marchaient par compagnies et étaient suivis de ceux qui portaient leurs vivres et leurs bagages; partout où ils passsiient, les habitants venaient au*devant d'eux en leur offrant des fleurs et des parfums, et construisaient pour les chefs des cabanes de branchages ornées de vases; il en- fut de même à leur entrée dans Tenuchtitlan ^ où ils furent reçus avec les honneurs accoutumés et que nous avons déjà décrits plusieurs fois. Aussitôt qu'A* huitxoll y fut arrivé, il se b4ta de monter au

Leinple de HuiUilopoçhiU « W > prenant un os de ii^e poiatu^ il sfi iira devant l'idole du san^ de div^rfies parties du corps. Après en avoir arrosé l'idole, il en jeUi du côté des quatre points cardinaux. Il se rendit ensuite au palais où ilftit très-bien reçu par le vieux Cibuacoall auquel il raconta les fatigues cftles dangers de son expédition. Le lendemain les chefs de diverses villes arrivèrent pour le fîéiicilcr 4e sa victoire fet pour lui apporter des présents.

J[f^leDde;n»ain le vieux Cibuacoatl mourut^ ^S^^ 120 ans; on lui fit des funérailles somptueuses et l'on hrù\a son cadavre^ AhuiUotl se montra fort affligé de sa p^rte et nomma pour le remplacer

son filsTliipotooqui, à qui il donna le surnom de ÇilM^acoatl. Celui-ci ordonna aux Chifiampaoecas .de .semer le lon^ des canaux de la ville de Mexico. du maïs , des fèves, des caU basses , des ampaatxoçhitl^iies Acaxocbitl , du Chili, des tomates et toutes sortes' de d'nrhres afin que 1» ville parât de loin.con^me un bouquet fleuri. Cet ordre fut exécuté» de sorte qu'à une distance de trois ou quatre lieutfÇ, on apercevait de loin la ville comme un labyrinthe de fleurs et de verdure , ce qui rgooissait Jie^cœur de tous ceux qui l'apercevaient.

Quelques jours après, Ahuitzoïl conçut l'idée d'amener ^eCuyoacanJa source nommée Acuecuexatl. 11 .coqvoqua donc tous les chefs de Cujoacan, et Txotzoqia, roi de cette ville. Celui-ci répondit aux eovojés jd^Ahuit^tl : Il est bien vrai qu'il j a des ruisseaux eu ^)>Qndance dans les montai^nes de Cujoacan,

malt 'pourquoi TOCre maltf% n^'ve contenle-t-^il pas do la fbuUitno do Châ^lle^ , 'êans touetier à cos oaux qui soBi fort dangereuses, parCtGotièrement collo d'Acuecuaxall que nous aidons vues f>ltts d'uno foioao goofler et bouillonoer «iTec fureur? Que de» vieudrateot lea nombreux habitants de Mexico , les vieillards, les femmes et les enfants; si ce torrent fusait îiTuptioii dans la ville ? Que TOtre yoi prenne garde à cela , cependant s'il insnte , nous \và ^fAté^ rons , car c'est notre devoir. Quant lùè messagers eurent transmis celte réponse k Ahuitootl , celui-ci entra dans une violente colère, et s'écria : Commeoft ce petit montagnard ose^t*il me faire une seMbtable réponsOylui qui est mbn vassal? eh! bien qu'il m*at-^ tende t je vais aller lo trouver.

Ahuitaotl fit aoiaitiAi appeler Tilanoslqai, TIacochténctii et Cuauhnoctli^et leutdit: Rendex-voos aiir4e-cliamp à Cuyoaoan, iuez letroi Tzotaroma , et enterceÊ .son corps; nous verrons ensuite ce que feraïkt les habitants de c6tte ville. Ces chefs je rendirent dooc à Cnyoacan» suivis de oinq ou sixTÂU kmlsCtfgittAiaigice#^*quand iisfurent arrivés danscette viUe . ils demandèrent à fiarler au roi.- Les sei(^eai% les reçurent avec le respect dùaux envoyés d'Ahmitxolt , et les engagèrent à se reposer im p^n jusqu'il n queleor maître fiutprès à les recevoir ç les trois ohefs dirent alors avx tequibuaques qu'ils avaient amenéot Saches , mes aniis<| que ce Tsotaoma éstuA très^michantmagiiien , ne le laissez pas échapper ; ils cernèrent -alors le palais. Bientôt apnès on les fit

entrer Jant la. grande «aile « maia sur le irAne ik aperçurent, au lieu du roi , un aigle fort et puisaanft; les Mexicains reculèrent <reSroi , et ayant jeté un nouveau regard sur le trône , ils y virent à la place de Taigle un tigre redoutable ; reimlaot de nouveau, ils jettent encore «ne fois les yeux sur le trône cfui est occupé par un énorme serpent, qui lance de la fumée par les Ucirines ; plus épouvantés encore, un feu dontla flamme s^avance jusqu'à la porte du palais dérobe le serpent à leur vue^ elle s'échappe ensuite par une vaste cheminée qui se trouvait dans cette salle.

Tzotzoma dit ensuite , je veux cependant doooer satisfaction a ces Mexicains. Après s'être revêtu des plus riches vêtements, il se mit la corde au cou et ordonna qu'on les lit entrer ; il présenta ensuite un riche manteau à TIacochteuctIi , en lui disant de l'ofirir sa part au roi Ahuitzotl, mais celui-ci me lui répondit qu'en serrant la corde et en l'étranglant. Quant il fut mort : les Mexicains insultèrent son cadavre , en disant : Va maintenant, seigneur, te ceposer avec les dieux des montagnes et des forêts, Tezozomoctli . Chimalpopoca et Maxtlaton. Ils partirent ensuite, et allèrent rendre compteà Ahuitsotl de la mort de Tzotzoma.

Le canal qui devait amener Teau de Guecue&tlan fut bientôt terminé, Teau conmiença à courir avec rapidité. Les habitants de Tezcuco,d'Alzaputialco, de Tacuba , de Cuyoacan , de Xochimilco et ceus des^uatre villes habitées par les Ghinampanecas, j

avaient travaillé avec zèle : les uns avaient apporté des pierres, les autres de la chaux, enCn il y avait un si grand nombre d'ouvriers employés , que l'^on eût dit une fourmilière d'Indiens. Ahuitzotl dit alors aux Tecpanèques de Guyoacciu : ce n'est pas seulement Teau de Cuecuextian qui doit venir à Mexico, mais aussi celle des sources de Xuchcaatl etdeTliatl.

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