CHAPITRE LXXX
Quand le canal est terminé , le roi AbuitioU fait appder TeubtlamacaxUi et lui ordonne d*y faire arriver l'eau de la source de Cuecuexatl en représentant le dieu Chaldhihaitll.
AiimtAi.que Tlamacaztli eut reçut Jpcdre d'Ahuil^oU , il ajla se teindre U figure eo bUu ^ e^ pUfa sur aa l(ite des ires^es de cordeleites blanches; il mit à BCM livres et à ses oreilles des bijou^ d^ chatc/Uhuiil Ci autour d^ ses bras des colliers de corail,, tel^ que ceux qi^e portent les femmes. Il partait d'une main un omichicahuiaztli ^ o^ os d«i cerf poiïilu. avec lequel il frappait contre un coquillage, et die l'autre un sac rempU d'i^ie pondre |»leue. Tpuiilesrpr^tites, vêtus jd^ même, le suivirept eo proceAsion jufqu'à un endrqit nommé Mazatlan. Ces prêtres portaient des eailles « du papier du pays , .du oopal et de TuUi (espèce dégomme noire qu'oA tire de la mer). Quand le TeubtlamecaxtU fut arriyé à" Cuecuexatl , il sacrifia les cailles dont il répandit le sang daiM Teau ;
î) brùla ensuite du oopal eu rbonneur de la source. Il prit ensuite le morceau d'ulli qui était embroché sur un morceau de bois et le tint au-dessus du brasier, de sorte qu'en se fondant il tombait ^utte à goutte dans les flammes. Quand tout cela fut terminé le Teuiitlamacaitli prit sa trompette de coquillage et en sonna avec beaucoup de force ; il se mit ensuite à genoux et but de l'eau de la fontaine, pendant que les prêtres faisaient résonner leurs instruments; ' ils saluèrent ensuite la fontaine, en lui disant : que ton eau soit la bienvenue dans la ville de Mexico, Tenucbtitlan, située au milieu des roseaux du lac. Ils prirent alors la poudre bleue qu'ils avaient apporté dans des sacs et la jetèrent dans Teau, et firent un grand bruit avec les omichacahuaztli dont nous avons parlé plus haut, auàsitAt (|ue Teau eut cominenoé à touler dans lie canal qui lui avait été creosé, les Tlalocacuinanime ou chanteurs du dieu des eaux se mirent à chanter au son du teponaztle. L'eau comAiença à couler et amena des couleuvres, des serpents, des sangsues et du poisson blanc et toutes sortes d'animaux aquatiques , quand l'eau arriva à Acacfaenanco, ou est aujourd'hui rhermitage de Saint-Etienne, une foule de jeunes garçons dont la figure était teinte en noir, et qui étaient vêtus comme le Teuhtlamacaxtli, prirent un enfant , en présence de presque toute la population . de la ville, qui était accourue pour assister a ce sacrifice; ils lui ouvrirent la poitrine avec un couteau tranchant, et après avoir laissé couler le sang dans
TesUf lia y jHèreai le cœur. L'eao oommençii aiusilAt à bouillonner et à monter avec tant de force , qu'elle ne tarda pas à s'élever au-dessus d'un pont de bois qui traversait le canal , ce qui sans doute n arriva que parce que Dieu permetUiit au démon d'en agir ainsi , pour mieux tromper cette malbeu* reuse nation i^orante de la foi de J.-^C Quand Teau fut arrivée à Xoloco , on «gorgea de nouveau un enfant avec les mêmes cérémonies. C'était Je qu'on avait placé le réservoir d'où l'eau se rendait dana toutes les parties de la ville par des conduits «lont un la faisait arriver jusqu'au palais.
Quand l'eau fut arrivé à Abuiztlan,oii est aujoor* d'bui TbApital deN.-D.,oii elle entre dans un nouvel embrancbement du caual , on sacrifia encore un autre enfant , ainsi qu a Âpahuaztlan , qu'on nomme aujourd'hui le faubourg de Santiago de Tlatilulco derrière Termîtage de l'Assomption. Pour assister di* L'nement à cette cérémonie » Abuitsotl avait revêtu le plus riche costume qu'il eût jamais porté : il avait une cuirasse ornée de chaînes d'or, sa couronne sur la tête , et tenait à la main un roseau au milieu duquel était une boule ornée de plumes blanches. Quand Feau arriva devant l'endroit où il était^ il se prosterna un genou en terre et lui oflrîl une rose , la parfuma avec de lye(/ et du copal, et y jeta le sang de quelques cailles. Il lui adressa ensuite la parole comme si. c'eût été une personne vivante et lui dit : Ob ! déesse nommée GuacbaldiihuitI , soyez la bienvenue dans la demeure de Huitailopoclitli , veniez
au^a0coiin>de un pauvres ivaMaoi etisarriteiirt ipn comptent suvirotraaide {wur ynrte et pour fetttlîier leurt] réccdtea.' ■ -y « »
Cependant l'eau» arrivait de'moacat eu* noment avec une nouvel le- force , détone qu'an bout de quarante jourseUeavaitfeitdébonk'rle)^ Ad tac, et oauvraiidl^'àla montagne de Tepetsinco, qui «etmuveaii mibeiudu lac, et d'pû sort une eau chaude qai fort à la fruérisoD des malades. L'eau dépassa ^bicntèt reodroit qui- est nommé Paniitlan/ trou situé aw milieu du lac où l'eau s'engouffre avec tant déférée, qu'elle entraîne quelquefois les plus grands canots , et que le roi avait fait entourer ifunei forte eslstosde de pierre, pour mettre les< pècèenrs a Taliri de ce danger^
Autrefois , sous le r: gne rie Moetezuhma 1 , il n'avait pas plui pendant- deus ans dans le pays, ce qui avait amené: une grande famine. . Celait peur obtenir des dieux -d'y/ mettre vm terme qu'il avait fait fabriquer le premier CaauhxieaUi du ç;raod temple.. Moetezuhma avaitiait sur cette pierre des sacrifices, afin dîobtenir de'ia pluie, et dan^ le touf-biilon doiit nous venons deparlen^'it avait fiiic jeter des eniants JFlacaxtatlis ou Albinos. Il' y fit jeter aussi des pefsonnes'dont fci téie éttiit mal conformée» des nains et des bessés , dans respérance d'apiëaer ainsi le pnissant'iiuitailopocbtli.<M'c*ttt |>robable que cette faunne eut «lieu à ii wêrne- époque queedle qui ravagea TEspagne^ ilj 'a environ MO^an».
Pour en revenir à notre bistaéve^ Abuilsoll vojut
— Oh—
que cluiqMi jourlespéckeurs'ireiMiieiii Ividimidneer que Mexica allailifaientAi élrethiondé » oomoqoa les principaux! chefs et leurdA» IVIesamis et mespslreiits , tous.l^ rois mes^prédécesseucftavaitiit résolu de prendre des .mesures contra /rinvasion des emix du lac • et.it'éleirer une dî^pe antecdes pierres et des madriers « LiSSrclMis ajanl approuvé cette idée, or envoya des-i«M8A»g«r8 à toutes les TiHes , pour leur ordonner dt'envQjer dies ottisrîera ; eUea's'etikpreseèrent d obéir, et la digue nrs birda pa» à s'étendre depuis Coyooasco jusqu'à IztacpalaipaA ; elle Uavet** sait le grand lac, passait au pied de la montagne , d'où découlent les eaux chaudes , et laisssd l en dehors le tourbillon de Pantitlanqui esi encore aujourd'hui environné d une forte estabade. de madrier». C'est près de là que Ton- voit la pierre deai sacrifices, sur laquelle sont sculptées les- Ggures des divinités asesiraines. Cette digue avait envîroo qisaire lieurs de long et deux toises de haut; mais maintenant le temps l'a tellement détruite, que ce n'est plus qu'un monceau de pierres informes. Ahmtaot lavait pensé que ce travail mettrait un terme à- l'inondation* Mais bientôt ses sujets vinrent luiannofecer qu*ils ne pouvaient plus résister k Teau qui faisait » de toute part^ invasion dans leurs maisons, î/s voulaientse retirer Hans d'autres viites , car l'eau avait également ravagé tou^ les champs de «lajfs, «tjlsiiie savaîeut où trouver de quoi vivi^e^iour eux et pour leurs en-» fants. Ils se répandirent donc dans toutes les villes, et les chefs disaient au roi : Quand même nous irions
les obercfaer, à quoi cela servirAÎi-il , puisque nous ne pouvons leur fournir de quoi nouirrir leur famille? Tout était dans un tel désordre, qu'Ahuitzotl craignit d'être massacré par ses sujets; un des vieux chefs lui dit alors : Voici ce que j ai à vous proposer, faites appeler Nctzahuaipiili qui , comme vous le savez, est ud grand magicien qui connait le ciel, itt terre et les secrets des dieux. Interrogez-le, et demandez-lui ce que vous devez faifre dans cette nécessité, et comment nous pourrons arrêter Peau de Guecuexatl. Ahuitzotl s*empressa de suivre ce conseil et quand il eut consulté Nezabuaipilli , celui-ci loi répondit : Seigneur» vous vous plaignez actuellement; mais vous auriez évité ce malheur si vous aTiez soivi les conseils de Tzolzoma que tous avez iait tuer. Maintenant, le seul avis que j*ai à vous donner^ c^est de convoquer tous les sorciers qui connaissent les fontaines el le cours des eaux , car pour arrêter le cours du Cuecoeiatl , il faudra beaucoup de copal , de |>apier,d'u//i , des pierres précieuses, de l'or, de riches étoffes , il faut que les rois apportent leurs richesses et même que Ton sacriGe quelques chefs, peut*étre les eaux s'Apaiseront -elles. Le roi envoya donc de tout côté des messa<^rs aux villes de Fempire, pour demander les choses nécessaires aux sacrifices. II convoqua également totis les sorciers de Cuitlahuac , de Xochimilco , de Tlacochcalco, d'Atenco et d'Avolziihco.