CHAPITRE LXIXTI
Après avoir célébré les funérailles d'AhuitioU , on éfU pour le remplacer sur le trône de Ifeiico Tlaoochcalcall Mocteionia II.
Quand l'assemblées fui réunie, Nezahualpilli lui adressa le discours suivant : « Vous savez , Mexicains, que je suis, ainsi que le roi qui est assis à mes côtés» vassal de la couronne mexicaine; mais nous ne pouvons laisser partir tous les chefs qui so^ii venus assister aux funérailles du roi Ahuitzotl en laissant cette couronne dan^ l'obscurité; il faut, au contraire, qu'elle brille de tout son éclat par Télection d'un nouveau chef qui nous défende contre les ennemis dont nous sommes entourés » tels que les habitants de Tlaxcalla, Tliliubquitepec et Mechoacan, qui peuvent chaque jour venir nous attaquer. A quel^ dangers ne sont pas exposés nos marchands qui vont chaque jour parcourir les provinces lespluséloi{;nées pour exercer leur profession ? Choisissons donc tAu rot qui soit capable de défendre et de diriger l'em-
pire, désignez du doifict celui auquel tous acoordei vos sufirages , en disant que celui-ci soit notre rot. Il reste encore plusieurs fils d'Axay:icatl et de Tiçocic. qui sont soigneusement élevés par les prêtres dans le palais de Galmecac. Choisissons entre eux , voici mon opinion; maintenant pfbposez la vôtre. •
Un des chefs mexicains se leva alors. « Il est vrai , comme l'a dit le roi de Tezcuco , qu'il reste encore plusieurs fils de nos derniers rois, mais ce sont des enfants, et si on leur confie l'empire,* la chose pablique en soufirira. Nos ennemis, les habit^tnts de TIaxcallan, de Huexotzinco, de Cholula , de Tliliubquitepec, de Meztitlan, de Mechoacan et des villes de la côte , ainsi que les Chichimèques , en profiteront pour recommencer la guerre. Il faut que le gouvernenrient de ce pays soit mis entre les mains d'un homme prudent et d'un âge mûr , qui soit doux pour les bons et terrible pour les méchants, qoi sache se faire craindre par sa sévérité et se faire aimer par sa libéralité. Le roi Axajacati a laissé neuf fils, savoir : Tezozomoctii , Matlat2incatl, Jupihuehuell , Macuilmalinal, Coyoltzin, Moctezuma , Ixtlilqnechahuac, Zezepatic etTejahualpachoa. Ce ne sont plus des enfants , mais ils ont tous environ trente ans . et tous ont gagné , par leur valeur à fa i^uerre, le droit de porter sur leur tête des ornements en or et en plumes précieuses. Il en est de n ême des enfants du roi Tiçocic , Tezcatlipopoca , Imactlacuia , Mauhcaxôchitl , Tepehua, ChalchiuhquiaabfJVahuacatl etCuithichihuitl ; parmi les fils de notre dernier
roî, il y «n a même Iqul son l déjà des bomlmes faits, tels que Matlalzikuitl , Ailixcatl etMacuilmalinao: •
Les deux rois NetzahuaipilH et TotoquihualaiD , TIacochcaicatI et CihuacoatI Tialpotonqui, ayant donc délibéré avec les douze électeurs de lempire, proclamèrent pour roi TIacochcaicatI Moctezuma , fils d'A.xayacatl , qui avait alors trente-quatre ans. Ce choix fut aussitôt approuvé par tous les auti^ chefs. Ils allèrent aussitôt au palais de Calmecacoù se trouvait Moctezuma , et lui dirent : c Venez prendre possession de votre trône. » Aussitôt qu'il arriva tous les chefs s écrièrent : « Que notre nouveau roi soit le bien-venu. » On le conduisit ensuite auprès du brasier en lui disant : « Vous venez d'être choisi pour roi par les f;rands vassaux de Fempire et par le sénat y par la volonté de celui qui gouverne Tair, la unit , Teau et le temps , et dont nous sommes les esclaves. Vous êtes le maître non-seulement de Tem* pire mexicain , mais de tous les royaumes qui 'lui sont soumis. » On lui fit jurer de protéger toujours le grand temple de HuilzilopochtK , pais on le fit asseoir sur le trône. On lui coupa les cheveux dans la forme où les rois avaient l'habitude ^e les porter ; on lui perça le nez dans lequel on passa un petit tuyaU d'or, appelé acapitzacli; on plaça dans sa main' un vase dans lequel brûlait du picieti ; on lui mit aux lèvres et aux oreilles des bijoux d'or , et on jeta sur •es épaules un manteau bleu en filet. On le revêtit d*une armure: légère et on plaça sur sa tête le dia<^ dème royal. Oh le parfuma et tous les chefs le sa-
IttèrcDt è hàuie roix empereur da Meiiqoe. Oo lui «dressa ensuite un long discours sur le mabièredimi il d«nrail régner et sur la pro^ecl^ou qu'jl devait à «^ Tass^lii^. «Recefves, lui dit^-on, avec bonté les chefs tfibuM'ires, distribuez des vivres et des vêtements à teu^ qui en ont besoin , attaquez vos euiiemis avec valeur apr^s avoir donné tous vos foins aux préparatifs de l'expédition , et pardonnes-Ieur généreusement quand vou^ 1^ aurçz vaincu^ Occupez-vqus à orner les temples et, honorez le grand Tt- }(aç?Jti^a dont nous sommes tous les esclaves. Distribuez des vivres aux vieillards, tf aitez les chefsavec
la4i.4^QÇ^i^H^'''^ mérileoty i^t invitez-en chaque jour quelques-uns au palais pou^ maiiger avec vous, (ievez'fvous chaque nqit à minuit pour* adorer les étoiles , et le matins pour ado;rer Tlahuizcalpan.tenetli (l'étoile du matin 1 en vous tirant du sang des oreilles et di)s çuis^es^» et les encenser eipuite en lançi^t vos^ regards jusque vers le neuvième ^ècle. Il faut que ni les monta^nes^, ni les eaux, ni les forêts n*échappent à vos regarda ::j que les ch^niiioset les fontaine^ soient bic^n entret^ues , surtqut celle» d*Ajau]lu:alco. Voîpi Up avis.que^ous te d<mnoos,6 notre fils bienraioié et nol]r,e souverain l^ »
Quand les deu^ rois çurept terminé ce di8co^n , Totoquibua^Ui « roi de Tacuha, prit la parole et dit: , n.N'oublji^ pas non plus, à nion $ls bien*ai|né! que de l'autife oAté des montagn.es noi^s ayons des eniwr mis qui sont aussi IcfS ennenpis dugr^d Huitzilo* pochtli ; ce sont les habit^pts de T'^x^Çallan • de
Hueiotâiico, deCboIulaD, de Tliliubquitepcc, dm JopîUioro, de Mecbaican , de MeitidaD et de Guextlan , aÎDsi que les Chichimèques et les habitants de la côte de TAnabuac. Votre devoir est de les conquérir et de les soumettre \ faites donc fabriquer a cet effet une grande quantité d'armes. N'oubliez pas que gouverner les hommes, c'est s'asseoir à un festin dont les plats sont mêlés de sucre et de fiel. Régnes a^ec prudence et ayez soin Je consulter les chefs , afin d'éviter les fautes dont le repentir serait bien amer. M'oubliez pas ce qu'il en a coûté à Abuitzoti , votre prédécesseur, pour s'être obstiné à amener dans sa capitale l'eau de la fontaine d'Acuecuezatl ; n'oubliez pas non plus de visiter souvent et en personne les quatre quartiers de la ville Amoyotlan , Teopan^ Atzacualco etCuepopan , patrie des aigles, des tigres et des lions.» Moctezuma, qui était un prince habile» leur répondit en les remerciant par un discours rempli d'éloquence.