‹ Histoire du MexiqueChapitre 92 sur 115 · CHAPITRE LXÎXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXÎXVII

Grand sacrifice célébré en Ihonneur de HuiUilopocbtli lors da couronnement de Mocteiuma. (Les chefs étrangers re<^ tournent ches eax très-satisfaits d*a?oir assisté à des fêtes comme ils n*en avaient jamais va.

Quand le jour fut venu , Mocte2uma envoya d abord et avaiit tous les autres des vêtements au roi d'Acttlhuacan. C'étaient une tresse de cheveux ornéa de plumes , des anneaux d or pour les lèvres et pour lea oreilles , un large ruban doré ( teocuitla matemecatl ) , des anneaux dorés pour les pieds ornés d'un grelot d'or • et un riche manteau de filet dont chaque nœud était orné d'une pierre fine et qui était bordé d'un frange de sonnettes d'or » ainsi qu'une pagne bleue bordée de la même manière. Le roi des Tecpanèques , qu'on regardait comme son frère, reçut un costume exactement pareil, et de moins beaux furent distribués aux principaux chefs. Ceux*ci» après avoir orné leur tète d'une grande quantité de plumes et mis des bracelets d*or « rejoignirent les

danseurs dans la cour du palais, guidés par les deui rois.

Moctezuma appela ensuite le majordome Pella* call et lui dit d'apporter les présents qu'il avait préparés pour être distribués aux chefs étrangers. Tout cela était très-beau et très-riche; Cibuacoatl en distribua également aux chefs mexicains , de sorte qa'd n'y en eut pas un seul qui ne reçût un superbe costume. Il leur dit en les leur distribuant : « Ornez Votre personne et jouissez du temps présent , car vous avez la mort devant les yeux. Vous voyez vos ennemis devant vous , et peut-être que demain ils recevront la mort ou vous la donneront. Mais maintenant dansez et jouissez des douceurs du repos. • Les chefs mexicains allèrent donc au-devant des chefs étrangers. On avait eu soin de placer ceuz-ci dans des salles qui n'étaient éclairées que par de grands brasiers, afin que la populace mexicaine ne s'aperçût pas de leur présence, car elle les aurait massacrés et aurait détruit la maison. Quand ils se furent assis sur* de magnifiques sièges ornés de peaux de tigre, les chefs étrangers demandèrent la permission d'aller saluer Moctezuma et de lui baiser les mains. Ayant été introduits, ils le saluèrent humblement et lui adressèrent un long discours au nom de Maxîscatzin , roi de Tlaxcalla. Ils lui dirent qu'ils voyaient bien que sa magnificence et sa générosité surpassaient toute chose au monde , puisque , malgré ta guerre cruelle qui les divisait , ils les avait invités h assister h ses fêles. Ils lui ofirireut un arc , des

plumes , des cuirasses , des étofies de nequen et dU ▼ers autres objets, en excusant la mesquinerie de leurs présents sur ce qu'ils étaient de pauvres mooT tagnards. Après avoir répondu amicalement aux Tlaxcaltèques, Mocle^uma reçut successivement les hommages de tous les autres chefs des nations enne* mies, qui lui oilrireot également des productions de leur pays. Ceux de la Huasteca offrirent des acatlapiizat/i, étofies ornées de laqies d*or -^ des matlapi^ lolUf bracelets ornés de pierres précieuses , desyexir papaatlj ornements du même genre pour les pieds, auxquels était attachée une aile d oiseau nommée tsicayulli , ornée de grelots d'or , et des zoaiezcatl . espèce de gants ornés de petites plumes brillantes.

Les chefs de Mechoacan , après J'avoir salué de la part de Galtzontzi leur roi, lui adressèrent un discours et lui oQrirent des huepiles, espèce de vêtement à longues manches, qui ressemble à celui des prêtres, il s'attache pav-devant et descend jusqu'au milieu des reins ; des tzattatons ou cottes de mailles très-bien travaillées, des arcs avec leurs carquois dont chacun contenait cent flèches dorées et du poisson fumé sur claies. Moctezuma leur répon* dit par des vœux en faveur du roi Caltzontai et de tous les chefs du Mechoacan. Il les fit iisseoir et ser^ ▼ir avec la pompe qui convenait à un roi comme lui, le plus redouté qui eût jamais régné dans le Mexique.

Ceux de Yoptzinco entrèrent ensuite, firent leur compliment et ofirirent leur présent qui consistait

— loa —

en pierres précieuses de diverses couleurs , des tuyaux de plume remplis de poudre d'or, et des peaux tannées de tigre, de lion et de loup. Après les avoir remerciés , Moctezuma fit servir à tdus les chefs étrangers un festin digne d'un paissant rot comme lui. Il leur fit ensuite distribuer des xahaal^ cuauhyo , riches manteaux brodés de bleu , et des ysnextlacuilolo ^ autre espèce de manteaux de diverses couleurs; des ozeloilimatU ^ manteaux tachetés , qui imitaient la peau du tigre, et àe^ytzcoYOO^ qui imitaient celle du serpent ; ainsi que d'autres , nommées yopimaxtlatl , ytzohuatzalUmaxtle 'et cuayahualiuhqui. On leur distribua également de riches boucliers , des épées , des devises ornées de plumes brillantes. La devise qui fut donnée aux Tlaxcaltèques était une tête de cuexotoil en or: I ' elle ressemblait à une tête de chien sans oreilles, j Celle qui se trouvait sur les armes données aux chefs de Huexotzinco était un tzocolie ou rivière courante , en or. Un tozmicuiztli, ou tête de mort en or, ornait celles qui furent données aux guerriers de la Huasteca ; et ceux du Méchoacan en reçurent sur lesquelles brillait un papillon d*or avec des ailes d a- ^ur; le même insecte, mais noir et fauve, ornait t^elles des Topicas.

Quand Gihuacoatl Tlilpotonqui eut terminé cette distribution, il leur fit un long discours pour les remercier d'être venus de pays si éloignés, et les chargea de saluer à leur retour leurs rois de la part de Moctezuma. II les invita pour le moment A se ré-

jouir , à danser et à chanter dans le grand palais de Haitzilopochtii.

Cette cérémonie ierminée , ils se rendirent tous dans la cour du palais pour recommencer la danse; et pour qu'il y eût place pour tout le monde, car ils étaient plus de deux mille, ils éteignirent les bûchers qui y brûlaient. Chaque fois que les chants recommençaient , les chefs étrangers redescendaient dans la cour pour chanter et pour danser, sans que personne s'en aperçût, car cela n'avait lieu que de nuit et ils se déguisaient avec de fausses chevelures. Au bout de quatre jours, ils firent un discours éloquent à Moctezuma pour prendre congé de lui et retourner dans leur pays. Cihua-* coati les remercia en son nom, et Moctezuma leur donna des, mitres telles qu'elles étaient portées par les seigneurs , que l'on nommait teocuiilajxcua ametl ytzofo^ et des chasse-mouches pour les remettre à leurs rois. Chacun se mit alors en route pour retourner dans son pays , et un grand nombre de guerriers me7[icains les accompagnèrent jiisc|u au miUeu des montagnes.

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