CHAPITRE XGIII
Gmqaèie det pro? inces de Yanhuillao et de Zoiolin pêr les lleiicaios. L*arinèe ? icioriease célèbre à son reloor à Tenuchtitlan la grande fêle da Tlacaiîpehaaliiili.
TlacoteeatU TlaGochcalcatl , Nezahuahua<ratl, NacoInahuacatL Tilancalqui , Tocuiltecatl, Tezcocoacatl et Atlixratl furent chargés par Moctesuma de «Hriger les jeune:» guerriers qui n'avaient point encore Texpérience de la guerre, et de les guider dans tons ses exercices et toutes ses ruses Le lendemain , les Mexicains se mirent en marche , et quand^ils furent arrirés dans un endroit nommé Tzapotitlan , ils s'y arrêtèrent pour attendre leurs alliés. Comme on était en face de rennemi, Moctezuma . qui comptait l'attaquer le lendemain , envoya de tous les côtés des partis pour reconnaître sa position et pour aller chercher dans les montignes de fortes pièces de bois dont on fabriqua des échelles. Les chefs se mirent à exhorter leurs soldats à bien combattre en leur promettant la |irotection des dieux. « Oubliez , leur
disaient-ils , vos familles , vos femmes et vos enfaols ; oubliez toute crainte et vous obtiendrez avec la victoire des richesses et du repos. Si vous tombes sous les coups des ennemis , vous irez jouir d'une gloire et d'une joie étemelles auprès du dieu Mictlanteuctli. » Ils rangèrent ensuite leurs soldats en bataille et attendirent jusqu'au lever du soleil le retour des partis qui avaient été explorer les positions de l'ennemi. Ceux-ci arrivèrent au lever du soleil en amenant plusieurs prisonniers et en criant : ■ En avant , Mexicains, nous vous amenons déjà des captifs, •
Les Mexicains se mirent oussitAl à massacrer tout ce qui se trouvait devant eux , sans épargner même les vieillards. Ils coupaient les arbres fruitiers et les ma^ueys, et mettaient le feu partout , et renversaient lesédiGces sans laisser une pierre sur Tautre. Enfin les principaux chefs fatigués eux-mêmes, dirent h leurs soldats de se reposer pour pouvoir attaquer le lendemain les Zozoltèques. Mais ayant pris le lendemain la ville de Zozolan, ils n'y trouvèrent pas un seul être vivant , car tout le monde avait pris la fui te et s'était caché dans les montagnes. Les Mexicains les parcoururent dans tous les sens pendant quatre jours sans pouvoir découvrir les fugitifs. Ds se décidèrent donc à retourner h Tenucbtitlan poor rendre compte à Moctezuma de ce qui s^était passé Ils le prévinrent par des messagers de Itur arrivée, et celui-ci vint au-devant de larméejusqu'à unen* droit nomroéCbalchiuhtlarayocan. Les^irêtres firent
selon l'usage retentir , au sommet des temples, leurs instruments de musique ; et ceux qui avaient pris part à cette canipa«rne, après avoir fait leur adoilition au temple de Huitzilopocbtli , se rendirent au palais de Moctezuma , et lui rendirent compte de la défaite des habitants deTanbuillan et de la fuite de ceux de Zozolan qu'ils n'avaient jamais pu trouver et dont ils avaient brûlé In ville. Après le repas , Moctezuma fit appeler le grand majordome Petlacatl et lui ordonna d'apporter tous les vêtements qu'il avait sous sa garde. 11 choisit les plus riches mantaux qu'on nommait nextlacuilolli et coaxayacayo, et les leur distribua ainsi cfue les plus belles pagnes ou maxtlatL
Peu de temps après arriva la fête appelée Tlacaxipehualistli , dans laquelle on devait sacrifier les malheureux captifs faits dans sa dernière campagne. Moctezuma fit convier les habitants des villes voisines à y assister , et même ceux de Huexotzinco, de Cfaolula , d'Atlixco , de Tlaxcallan et d'autres villes ennemies. Quand ces derniers furent arrivés , on les logea secrètement dans un palais que l'on avait préparé pour eux sans que personne se doutât de leur présence, où on leur fournit eu abondance tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. Ceux de Tliliuhquitepec, de Meztitlau , de Mechoacan et de Yupitzinco qui arrivèrent le lendemain, furent traités de la même manière. Les messagers qui avaient été les chercher furent chargés de les servir et de leur fournir tout ce dont ils pourraient avoir besoin jusqu\'iu
joiirde la fête. Trois fois par jour on leur apporUil des mets de toute espèce , des fleurs et df s parfums. Moctezuma avait signifié aux Mexicains , chargés de les servir, qu*il ferait brûler leut maison et qu'il les ferait mettre à mort avec leurs temmes et leurs enfants si le secret se découvrait. Les chefs ennemis témoignèrent à ceux qui les servaient le désir d'être admis en présence de Moctezuma et de lui oOrir les présents qu'ils avaient apportés* Celui-ci y consentit et se les fit amener avec .tant de secret que personne ne se douta de leur venue. Il les reçut assis entre les deux rois d*Aculhjuacan el de Tacuba. Les Tlaxraltèques entrèrent les premiers. Après lui avoir fait un compliment de la part de leur roi, ils lui offrirent de riches plumes , ainsi que des arcs et des flèches, armes des Chichiroèques. Ceux de Meztitlan vinrent ensuite et présentèrent des colliers de petites pierres brillâmes et des manteaux brodés Ceux de Mechoacan et de Yopico ofirirent des manteaux et des robes étroites , nommées Zanaton , des calebasses très-ornées et des TopalU ou tabourets en bois sculptés. Ceux de Yupiizinco donnèrent plusieurs charges de cacao.
La Vrille du jour où devait.se célébrer le cruel sacrifice, on servit un supeibe souper aux étran&:ers, et le matin on leur distribua de riches vêtements tout neufs, nommés ilauhtemalacayo , et des manteaux imitant la peau du tigre oceloîiimaâli. Les t/«i4/ilema/aca^o étaient ornés d'une roue brodée, et les tlauhtonatiuh qu'on leur distribua également.
H*iiQe figure du soUil brodée en bleu. On leur donna aussi toute espèce de pagnes ou mattUuL^ des boucliers et des casques omet a vecdes pi umesdeaoiseaux ilauhquec/iol et tzinitacan ; des chasse^moucbes et des parasols de plumes précieuses. Moctezuma les fil placer dans un endroit secret , d'où ils pouvaient irès^bien voir la fête. Ils étaient couverts en feuilles de xapotiller ou taapocalli. On y avait placé de très* beaax sié}>es nommés quecholyepalli.
Quand la malheureuse victime, armée d'une épée et d'un bouclier 4 était placée sur le iamatacati ^ un guerrier» qu'on nommait jriima/aAa«i ou celui qui combat de nuit . «lescendait du temple de HuîIfzilopocblli et allait l'attaquer en dansant autour de lui au son du teponaztU. Il couvrait de blessures la malheureuse victime qui ne pouvait se défendre , parce qu^elle était placée beaucoup plus haut que lui. Aussitôt qu'elle était tombée , cinq ou six prêtres s'en emparaient et l'entraînaient sur le cuauhxicalli , où ils le tenaient sans qu'il pût faire un seul mouvement. Celui qui lavait abattu s'approchait alors de lui, lui ouvrait la poitrine avec un caillou tranchant et lui arrachait le cœur, qu'on jetait dans le cuauhxicalU. Il arrivait quelquefois qu'après cette cruelle opération la victime se rele* vait encore et faisait trois ou quatre pas en avant.
Fernand Cortex , lors de la conquête du Meiiqne, assista à un sacrifice de ce genre dans la ville de Tepeaca, et en fut si irrité qu'il fil renverser à Tiur stant Tidole du grand dieu QuetzalcoatI qui se trou*
vail au sommet du temple. Il s^ ensuivit une grande révolte parmi \*^ Indiens, dont plus de dix mille tombèrent sous les coups des Esp^ignols. Pour en revenir à notre histoire , quand la victime tombait, elle était remplacée par une autre; et ces sacrifices duraient toute la journée. Pendant les deux jours suivants , on eiécuta un mitote ou danse aoleunelle sur la grande place. Quand il fut terminé , Moctezuma congédia tous les conviés après leur avoir distribué des présents pour eux et pour leur roi , et , pour qu'ils voyageassent avec plus de sûreté, il les fit escorter jusqu'au milieu des montagnes par des guerriers mexicains.