‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 2)Chapitre 32 sur 44 · CANDIDATURE DE L^ARCHIDUG MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

CANDIDATURE DE L^ARCHIDUG MAXIMILIEN

dépêche sous silence, mais ce qui est évident c'est qu'elle a décidé le gouvernement anglais à intervenir par la force dans les affaires mexicaines , pour obtenir les résultats entrevus dans la dépêche de sir Wyke et qui a décidé la convention de Londres. Pour en finir avec les protestations de la diplomatie européenne, je dois dire que M. de Saligny, approuvé par son gouvernement, posait, au mois de septembre, son ultimatum dans lequel il demandait le retrait de la loi du 17 juillet, et rétablissement dans.les ports de Vera-Gruz et de Tampico de commissaires désignés par les représentants étrangers pour assurer la remise entre les mains des puissances qui y ont droit, des fonds qui doivent être prélevés à leur profit, en exécution des conventions, sur le produit des douanes maritimes. M. de Saligny avait ordre de quitter sans délai Mexico avec tout le personnel de la légation, si ces conditions n'étaient pas. acceptées. M. Wyke avait reçu de son gouvernement des instructions pareilles. Non seulement cet ultimatum fut repoussé, mais les attentats contre les étrangers et particulièrement contre les Français, dont plusieurs périrent assassinés, augmentèrent de jour en jour, ainsi que les impôts forcés.

La situation intérieure de la république empirait encore plus que sa situation extérieure. Les bandes armées se multipliaient de tous les côtés et ravageaient le pays, sans que le gouvernement de Juarez pût les réprimer. L'armée conservatrice, si dispersée après la bataille de Calpulalpan, rejoignait ses différents chefs et livra plusieurs combats heureux. — « Le général Parrodi, écrivait un de mes amis, en date de Mexico 4 juillet 1861 , est à la tête de Tarmée. Quoique le général Ortega ne soit pas allé à la rencontre de Marquez, on dit qu'il va le faire dans un mouvement combiné avec Ddblado qui protège tous ceux que Juarez persécute, quoiqu'il ne soit pas hostile au gouvernement. On croit qu'il travaille pour Gomonfort qui viendra comme médiateur. L'exécution du consul anglais, de ces concitoyens et des Français de Pachuca, prouve que Marquez joue toute la par-

tie, décidé à triompher ou à périr dans la lutte ; qui sait qin profitera à tous ses exploits?

(c Casanova a été condamné à mort. Juarez a frappé un impôt forcé sur Mexico qui refuse de payer. Comonfort est' dans le NuevoLeon. Yidaurri a reçu du gouvernement l'ordre de se saisir de sa personne et de renvoyer à Mexico, ce qu'il ne fera pas, parce que Gomonfort est d'accord arec lui et Doblado. La majorité des députés demande la mort de tous les conservateurs. Les ministres étrangers viennent de demander leurs passe-ports à la suite du décret de Juarez qui* suspend le paiement de toutes les dettes du gQuvememcfnt. Maraue^ est très près de Mexico et son armée s'augmente tous les jours des nombreux déserteurs qui s'échappent des rangs d'Ortega. Doblado est devenu une puissance et s'est allié à Gomonfort qui va faire tourner à son profit les fautes des conservateurs et les excès des libéraux. »

Gette lettre nous rappelle le peu de cohésion des partis au Mexique, si toutefois on peut appeler partis, ces dem camps dans lesquels on ne trouve que des intérêts privés, toujours en opposition avec les intérêts généraux du parti et de l'intérêt public de la nation. Juarez, élevé par Gomonfort, veut maintenant briser Gomonfort qui veut supplanter Juarez. Yidaurri, naguère destitué par les libéraux, est ac^ tuellement à leur service, chargé par eux d'arrêter Gomonfort, avec lequel il sô lie pour renverser du pouvoir les démocrates purs et les remplacer par des modérés. Doblado, le bras droit de Juarez, protège tous ceux que son chef persécute et se conduit vis-à-vis de tous de la manière la plus équivoque. Marquez, le Garibaldi des conservateurs mexicains, tue comme un condottiere tous ceux qui le gênent ou qu'il déteste; il pille amis et ennemis, non pas pour lui, non pas par amour de l'argent, mais uniquement pour avoir des soldats à commander, les nourrir et leur procurer des vête* ments et des munitions. Brave comme l'acier, audacieux comme personne, ayant une conscience des plus élastiques et des notions fort vagues sur les.droits et sur la propriété;

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Marquez se bat par goût, il se bat contre les démagogues par devoir de conscience, il se bat dans la vallée de Mexico parce qu'elle est riche, peuplée, près de la capitale et remplie de dangers. Si la croix d'honneur est destinée à récompenser la bravoure, Marquez l'avait bien méritée, même avant sa belle défense de Morelia qui la lui valut; mais si à la bravoure on désire allier l'honnêteté, je crois qu*on aurait pu mieux la placer qu'au cou de ce singulier personnage.

Au nom de la liberté, Juarez destitua de leurs emplois tous ceux qui avaient protesté contre les lois de la réforme, contre le traité Mac-Lane ou tout autre acte du gouvernement de Yera-Cruz. Il mit hors la loi tous les ministres de Miramon, le président Zuloaga, les généraux Marquez, Mejia, Gobos, Vicario, Cajiga et Lozada, et décréta une récompense de dix mille piastres à quiconque livrerait l'un d'eux. Il suspendit les garanties individuelles; la loi des suspects revint en vigueur. Le congrès, de son côté, votait des lois de circonstance les plus étranges. — « J'ai appris, écrivait Santa-Ânna de Saint- Thomas, le 15 juillet, que nos soldats — les conservateurs — faisaient des progrès rapides, au point que plus de deux cents ont pénétré dans les rues de la capitale, en poursuivant une troupe de démagogues qui se trouvait à S. Gosme. On m'a dit aussi que les scélérats Ocampo, DegoUado et Valle sont déjà mis hors de la scène. Il est nécessaire qu'ils soient suivis par l'Indien Juarez, La LIave, Mota et autres aussi scélérats qu'eux. Je suis persuadé que la justice divine ne laissera pas sans châtiment les faits sacrilèges et tant d'horreurs qu'ils ont commis en causant à notre infortunée patrie des maux immenses qui ne pourront jamais se réparer. »

En effet, Melchior Ocampo avait été pris et fusillé par les conservateurs ; Degollado avait trouvé la mort en les combattant au Llano de Salazar du Monte de la Cruces; au Gerro de las Gruces, le général Yaile fut mis eu déroule et tué par les troupes conservatrices. Marquez, à son tour, fut battu près de Pachuca. Voici sur tous ces faits des détails qui mé*

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