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tant à l'esclavage et qu'on les enlèvera de force à leurs travaux, à leur famille pour les enrôler sous les drapeaux d'ua chef de bande ou dans Tarmée permanente. Le peuple conquis par Gortez existe de nos jours, il ne faut point l'oublier. Des trois castes qui composaient les vingt-sept millions de sujets de Moctezuma, deux, celle des guerriers et celle des prêtres ont disparu sous les rigueurs de la conquête ; la troisième, celle des esclaves a survécu seule, et dans celle-là se sont confondus les débris des deux autres. Les Indiens contemporains sont demeurés tels qu'étaient leurs ancêtres; le type physiologique et le tempérament moral se sont transmis dans toute leur pureté jusqu'à la génération actuelle; ils parlent la même langue, se logent, se nourrissent et s'habillent de la même manière qu'au temps de Moctezuma; ils se mêlent à la civilisation moderne sans que leur caractère d'origine soit altéré. Avec de tels éléments sociaux, peut-on foire une république démocratique basée sur l'égalité des droits et des devoirs? Pourra-t-on constituer un pouvoir semblable à la convention française qui pourtant était puissamment centralisatrice? Un gouvernement républicain au Mexique sera-t-il jamais autre chose qu'une anomalie politique avec une très petite minorité aristocratique privil^iée, et une grande majorité asservie?
La monarchie n'était donc pas seulement possible en 1861, elle était une nécessité sociale, et si les monarchistes étaient rares alors, c'est que les républicains, par sentiment, et non par intérêt, étaient tout aussi rares, sinon davantage. Malgré son éloignetnent, la monarchie avait su donner au Mexique une vitalité assez puissante pour triompher de sa métropole, tandis que sous le régime républicain, la nation, énervée par l'instabilité, la guerre civile et la corruption, n'a pas su résister à cette poignée d'étrangers avec lesquels elle n'avait aucune affinité d'origine, de langage, de religion ni de mœurs, et qui purent, néanmoins, pénétrer et se maintenir en maîtres dans le cœur du pays , le démembrer selon leur bon plaisir, et ne se retirer que lorsqu'ils n'avaient plus rien
CANDIDATURB DE L*ARGHIDUG HAXIMILIEN. 371^
à prendre. L*idée monarchique n'était donc point une idée improvisée en 1861 , encore moins une idée française ; elle était née de la force môme des choses, et l'initiative, on l'a vu, appartenait tout entière à des Mexicains.
Le 31 octobre 1861, la France, TEspagne et l'Angleterre signaient, à Londres, une convention, dont l'esprit a été généralement méconnu, à commencer par les représentants de ces trois puissances chargés de la faire exécuter au Mexique. Certes, ce n'est point à l'influence modeste de cinq ou six Mexicains, et, uniquement dans leurs intérêts, que trois puissances appelées l'Angleterre, l'Espagne et la France envoyèrent leurs escadres et leurs légions à travers l'Océan, jusqu'aux rivages dangereux et malsains du Mexique. Une idée aussi ridiculement puérile ne pouvait venir à l'esprit de personne. Ces Mexicains n'avaient point consulté,— à l'égard du souverain de leur choix, les cabinets de Londres et de Madrid, dont ils connaissaient les antipathies nationales pour la race mexicaine; mais les renseignements qu'ils fournirent à Paris donnèrent à l'allure de notre gouvernement une marche plus loyale, plus décidée, plus conforme à l'esprit de la convention de Londres que celle de ces cabinets qui ne songeaient qu'à poursuivre des intérêts particuliers.
Les raisons primordiales qui ont motivé la convention de Londres et l'intervention des trois puissances , sont clairement indiquées dans les dépêches officielles ; il suffit de réunir des extraits de ces dépêches pour montrer le caractère de ces motifs. On n'a pas oublié* le rapport dd M. Wyke, ministre britannique à Mexico, dont j'ai déjà publié quelques extraits; en voici d'autres non moins importants, envoyés avant la demande de ses passe-ports, et qui donnent, en outre, des détails qui ne seront point soupçonnés de partialité. — « 27 mai 1861. — L^ congrès, au lieu de donner de la force au gouvernement, pour en finir avec l'affreux désordre qui règne de long en large dans ce pays, s'iamuse à disputer sur diverses théories du soi-dteant gouvernement et sur des principes ultra-libéraux, pendant que
la partie respectable de la population reste livrée sans défense aux attaques des voleurs et des assassins qui pullulent sur les routes et dans les rues de la capitale. Le gouvernement constitutionnel ne peut maintenir son autorité dans les divers Ktats de la fédération qui se rendent, en fait, parfaitement indépendants.
c( Le patriotisme, dans Tacception commune du mot, est une chose inconnue et Ton ne trouve aucun homme de quelque importance dans les rangs d*aucun parti.
« Les factions combattantes luttent pour s'emparer du pouvoir afin de satisfaire leur vengeance et leur avidité; pendant ce temps-là le pays descend tous les jours de plus en plus bas
c( Tel est rétat actuel des afTaires du Mexique. Votre Seigneurie comprendra qu*il y a peu d'espoir d'obtenir justice d*un peuple semblable, si ce n*est en employant la force pour exiger avec elle ce que la persuasion ou les menaces n*ont pu obtenir jusqu'à présent. »
c( 23 juin 1861. — La lecture de mes précédentes dépêches aura fait voir à Votre Seigneurie que Ion ne peut avoir aucune confiance dam les promesses, ni même dans les engagements formels du gouvernement mexicain.
(c Le capitaine Âldham qui, durant trois ans, a bien étudié le caractère mexicain et la manière d'éluder ses engagements, si particulière à ses gouvernements, est d'avis que le temps de la douceur est passé et que, si nous voulons protéger la vie et les intérêts des sujets britanniques, il faut employer des mesures coercitives.
« Du moment où nous montrerons notre résolution de ne plus permettre que les sujets britanniques soient volés et assassinés impunément, nous serons respectés, et tous les Mexicains sensés approuveront une mesure qu'ils sont les premiers à reconnaître nécessaire, afin de mettre un terme aux excès qui: se commettent, chaque jour et à toute heure, sous un gouvernement aussi corrompu quHmpuissant à maintenir l'ordre et à faire exécuter ses propres lois. »