‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 2)Chapitre 37 sur 44 · CANDIDATURE DE L'ARCHIDUC MAXIHILIEN · texte numérisé non relu

CANDIDATURE DE L'ARCHIDUC MAXIHILIEN

« 28 octobre 1861. — L'expérience de chaque jour tend à prouver combien il est complètement absurde d*essayer de gouverner le pays avec les pouvoirs limités que la présente constitution ultra-libérale accorde au pouvoir exécutif, eije ne vois aucun espoir (Tamélioration si elle ne vient iune intervention étrangère ou de la formation cCun gouvernement raisonnable composé des principaux membres du parti modéré qui, pour le moment, manquent de courage moral et craignent de se mouvoir, à moins de recevoir quelques secours matériels du dehors. »

Ces dépêches expliquent la convention de Londres et Tintervention, mais celle du 2S novembre, c'est à dire quelques jours avant l'arrivée des troupes espagnoles, est plus explicite encore, -en ce sens qu'elle révèle que l'intervention étrangère était reconnue nécessaire même par un ministre de Juarez. ce Heureusement, écrit sir Charles Wyke au comte Russell, dans ce moment, le département des finances fut offert à une personne d'un mérite considérable, socialement et politiquement parlant, à M. Gonzales Echeverria qui arrivait d'Europe dans le but d'arranger ses affaires dans ce pays-ci, avant de le quitter pour toujours.

« Cependant, lorsque M. Echeverria examina l'état de son département, il trouva tout dans un tel état de confusion, qu'il refusa de prendre sur lui cette lourde charge. Alors, comme dernière espérance, on me pria de le voir; pendant notre entrevue, je fus si frappé de soif grand bon sens et de l'idée exQcte qu'il s'était formée de la situation de son pays» que je tâchai de le persuader d'accepter le poste; d'abord il s'y refusa, disant qu'il était trop tard pour faire aucun bien et qu'il était convaincu que maintenant rien ne pouvait sauver le Mexique sinon Fintervention étrangère; mais j'ai le plaisir de vous dire que j'obtins enfin qu'il accédât à ma demande. »

Outre les intérêts de ses nationaux et les réparations à exiger pour ses sujets volés et assassinés, l'Angleterre avait encore d'autres motifs pour intervenir au Mexique et contribuer à l'établissement d'un gouvernement fort qui rendit la

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sécurité deâ routes pour le transit des métaux précieux, dont elle faisait la contrebande s^ur une vaste échelle. On sait que les plus riches mines de Real del Monte, de Guanajuato et d*autres localités appartiennent aux Anglais, que leurs vaisseaux de guerre se livrent régulièrement, le long des côtes, k la contrebande des piastres, de For et de l'af* gent en barres, et que dans la seule année de 1840, ils en embarquèrent pour plus de trente millions de francs. Lorsque les bandes armées rendaient impraticables les chemins, les Anglais perdaient des sommes considérables qu'ils se procuraient par ce commerce interlope. La reine d'Angleterre, dans son discours au parlement, montre la nécessité de l'intervention qu'il lui était, du reste, difficile d'éviter, après les demandes en réparation de son ministre à Jttexico, et les plaintes énergiques des maisons de commerce les plus riches et les plus influentes de la Grande-Bretagne.

Dans le discours de la reine d'Espagne,- on trouve les motifs généraux de l'intervention espagnole; dans ce message Sa Majesté déclare que (c les désordres et les excès sont arrivés à leur comble chez ce malheureux peuple mexicain. Traités violés, droits méconnus, mes sujets exposés aux sévices les plus graves et à des dangers continuels ; tout a rendu indispensable d'offrir à la fois un exemple de rigoear salutaire, et une preuve de haute générosité.

« La France, l'Angleterre et TEspagne se sont mises d'accord pour obtenir la réparation de leurs griefs et les garanties nécessaires, afin qu'on ne voie plus se reproduire à Mexico les intolérables attentats qui ont scandalisé le monde et affligé l'humanité ».

N'ayant pas l'intention de faire un plaidoyer pour ou contre qui que ce soit, je vais publier des extraits des principales dépêches concernant la question mexicaine, adressées aux représentants des puissances intéressées par lears gouvernements réciproques, pour montrer quel était l'es^ prit de chacun de ces gouvernements, lors de la signature de la convention de Londres. Les dates de ces dépêches,

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comme leur contenu, ont une signification qu'on ne saurait tfop signaler.

M. Mon, ambassadeur d'Espagne à Paris, au ministre d'État à Madrid, Paris, 6 septembre 1861. — Dépêche télégraphique. « La France et l'Angleterre vont s'emparer des douanes de la Vera-Cruz et de Tampico, afin de se rembour* ser de toutes les sommes que le Mexique leur doit. Dans ce but, des forces navales se dirigent vers ces points; elles semblent ne se soucier en rien de nous. Quoique je sois sans aucune instruction de Votre Excellence, je pense parler au ministre dès qu'il arrivera de la campagne, afin de connaître sa pensée. Je sais que l'idée d'une monarchie leur est agréable ; l'occasion est favorable pour une solution, parce que nous sommes tous ofi^ensés et les États-Unis très affaiblis, et je me réjouirais que nous sortissions de ceci au moins sans y perdre. »

Quatre heures après avoir envoyé cette dépêche, M. Mon reçut la suivante : « Veuillez vérifier si ce gouvernement a l'intention défaire une démonstration contre le Mexique. ^ Puis, le soir même il envoie à M. Mon une autre dépêche dans laquelle on voit que le gouvernement espagnol était décidé, dès le 6 septembre, à intervenir au Mexique, avec ou sans le concours de la France et de l'Angleterre. « Nos dépêches d'aujourd'hui se sont croisées.' Le gouvernement est décidé à agir énergiquement. Un bateau à vapeur partira, pofteur d'instructions catégoriques au capitaine général de Cuba, pour qu'il agisse contre Tampico et la Vera-Gruz avec toutes les forces dont il peut disposer. Des bâtiments se^ ront envoyés pour renforcer l'escadre qui se présentera dans ces mers comme il convient à la dignité de l'Espagne. --• Votre Excellence peut le faire connaître au gouvernement impérial. — - Si l'Angleterre et la France conviennent d'agir d'accord avec l'Espagne, les forces des trois puissances se réuniront, tant pour obtenir la réparation des outrages que pour établir un ordre régulier et stable au Mexique. — - Si ces puisstmces font abstraction de l'Espagne, le gouvernement de la

reine, qui attendait un moment opportun pour agir avec vigueur, sans donner un motif de lui attribuer des vues politiques d*aucun genre, obtiendra les satisfactions qu*il a le droit de réclamer, en se servant des forces qu'il possède, et qui sont supérieures à celles qui sont nécessaires pour réaliser une entreprise de ce genre.

« Si la réponse du gouvernement impérial était conforme au désir qui anime celui de Sa Majesté, d'agir collectivement, le ministre de Sa Majesté recevra des instructions identiques à celles-ci. — Galderon Collantes. »

Le 9 septembre, M. Mon adressait au ministre d'État la dépêche suivante : — « Je viens de voir M. Thouvenel, qui est arrivé de la campagne il y a une heure ; il a reçu ma communication avec plaisir; il m'a dit que, abondant dans les idées du gouvernement espagnol, il avait pris les ordres de l'empereur, et qu'il avait écrit aujourd'hui, dans le même sens, au gouvernement anglais ; qu'il s'était proposé d'écrire demain à Votre Excellence, ce qu'il ne ferait pas, puisque Votre Excellence avait pris les devants, et que ses intentions lui étaient connues. — Son idée est que les trois puissances s'emparent de la Vera-Gruz et de Tampico pour le recouvrement des sommes que le Mexique leur doit respectivement; qu'elles fassent comprendre la nécessité d'établir au Mexique un gouvernement, et qu'elles aident ce pays à s'établir d'une manière stable et qui ne soit pas exposée aux vicissitudes continuelles du moment. Il pense que les troupes ne pourront pas débarquer avant la fin d'octobre, à cause de la fièvre jaune.

ce Dans ma communication, j'ai parlé comme si l'action armée était une chose résolue par Votre Excellence, et comme si je lui en faisais part pour lui proposer de venir, avec nous et avec l'Angleterre, exiger du Mexique la satisfaction de communs outrages. »

« L'affaire du Mexique, dit M. Mon, aux Cortès, se trouve ainsi naître de la résolution énergique prise par le gouvernement espagnol , d'employer l'action d'intervention pour

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