CANDIDATURE DE TARGHIDUG MAXIMILIEN
obtenir par la force les satisfoctions qu'il demandait, et on commença également à s'occuper de ce gouvernement stable et durable que le gouvernement espagnol demandait pour le Mexique, et que tous désiraient. »
Le 10 septembre, en allant au ministère des affaires étrangères, il rencontre le représentant anglais qui lui demande : — « Qu'y a-t-il du Mexique?— Le gouvernement espagnol est décidé à agir activement, répond M. Mon. Le ministre anglais ajouta : — La monarchie est le gouvernement qui lui convient le mieux. » L'ambassadeur espagnol répondit que telle était également sa croyance, et répéta ce colloque à la tribune des Gortès, pour prouver que les trois puissances étaient parfaitement éclairées sur la situation du Mexique et sur le caractère que devait avoir la triple intervention pour remédier à cette déplorable situation.
Dans les instructions données au général Prim, et dont ce général n'a tenu aucun compte, les traitant avec le même dédain qu'il a traité la convention de Londres, on voit que dans l'esprit du gouvernement espagnol, la guerre contre le Mexique devait naturellement suivre l'intervention. Ces instructions sont d'autant plus intéressantes à connaître qu'elles révèlent l'expérience du passé, et prévoient ce qui devait arriver au début de l'expédition et la faire avorter. — « Les nouvelles dernièrement reçues du Mexique, disant que Juarez a donné l'ordre de désarmer le château de Saint-Jean d'Uloa et la place de Vera-Cruz, semblent indiquer que l'on ne veut point s'opposer au débarquement des troupes expéditionnaires, sans doute avec Fintention de porter la guerre dans Tintérieur du pays.
« Même si cela est vrai, l'issue de la campagne en la reculant ne serait point changée» car les escadres alliées porteront des forces suffisantes pour toutes les opérations qu'exigerait le but de l'expédition... Si la sûreté des nationaux des trois puissances était menacée; si on venait à commettre contre eux de nouveaux attentats, de nouvelles violences, il ne serait pas possible de rester dans l'inaction.
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Voler à leur secours... serait non seulement ua devoir» mais encore une impérieuse nécessité.
« Il pourrait arriver aussi que le gouvernement insensé qui commande au Mexique, oppos&t une résistance passive à l'action combinée des trois puissances et que, faisant retirer ses forces dans l'intérieur, il attendit que le climat el tous les inconvénients qui accompagnent des expéditions entreprises à de grandes distances, décimassent les troupes et prolongeassent d'une manière indéfinie la fin d*uiie entreprise aussi importante. Dans ce cas, il faudrait aller chercher le gouvernement là où il se trouverait, en quelque lieu qu'il fût, pour lui imposer des conditions plus sévères que celles qui l'atteindraient si, dès le principe, il reconnaissait la j)ortée des réclamations de trois gouvernements. »
En outre, le général Prim devait « formuler les réclafiiations du gouvernement de S. M., conformément à la communication adressée, le 11 septembre, au comtede San Antonio, capitaine général de Cuba, dont on lui remet copie et qui sont les suivantes :
a Première. Une satisfaction publique et solennelle pour la violente expulsion de l'ambassadeur de S. H. la reine. Cette satisfaction doit s'accomplir dans les termes exprès de ladite communication, à savoir : que le gouvernement du Mexique doit envoyer à Madrid tin représentant pour exprimer au gouvernement de Sa Majesté que ce fut seulemeal dans un moment d'erreur et d'exaltation que Ton put fouler auï pieds les droits appartenant à la personne chargée de représenter TEspagne dans cet État. Et que cette cendîtiOD est si importante et de telle nature que tant qu'elle n'aura pas été acceptée et mise à exécution^ on ne pourra éviter de voir éclater les hostilités.
« Seconde, L'accomplissement, Texécation rigoureuse du traité Mon-Almonte, et le paiement des créances espagnoles indûment suspendu par le gouvernement mexicain, el le paiement, en espèces, de dix millions de féaux, somme à
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laquelle on évalue le montant des intérêts échus et non payés ; cela avant de signer un arrangement quel*conque.
a Tromème, Une allocation et indemnité aux Espagnols qui y ont droit pour tous les dommages occasionnés par suite des crimes commis à San Vicente, à Chiconcuagua et à la mine de San Dimas, et le châtiment exemplaire des coupables et des autorités qui, tout en le pouvant, ne firent rien pour empocher ces crimes.
ce Quatrième. Le remboursement de la valeur du trois*mâts Concepcion, capturé par un navire de Juarez.
c< Ce sont les conditions que Votre Excellence présentera, mais jamais la paix; et sans leur acceptation complète de la part du gouvernement de la république, il ne sera pas possible de suspendre les hostilités.
Le général Prim a préféré ne rien demander de ce qui était contenu dans ses instructions, proposer la paix qu'on lui défendait'de proposer et de ne pas commencer les hosti* lités qu*on lui disait de ne pas suspendre. Sa conduite an Mexique est le prélude de celle qu'il suivit à l'égard de son propre gouvernement pour satisfaire son ambition person* nelle. Après avoir agi directement contre les ordres qu'il avait reçus, il devait bientôt prendre deux fois les armes contre sa souveraine et faire massacrer ses compatriotes qu'il avait séduits, en s'assurant toutefois, malgré son courage, de ne pas tomber entre les mains des soldats fidèles à leur drapeau. Si les instructions du cabinet espagnol n*étaient point aussi belliqueuses, si la guerre n'avait pas dû résulter de l'expédition, il eût été difficile de corn*prendre pourquoi' ce cabinet, éclairé'par le passé, cherchail encore à traiter avec le gouvernement d'une république qui ne tenait point ses engagements et ne pouvait pas les tenir^ Mais, à la fin de l'expédition il y avait la guerre, à la fin de la guerre l'établissement d'un c< gouvernement vigoureux el durable, » avec lequel on pourrait traiter à l'avenir, et c'esl pourquoi le général Prim avait ordre de ne pâs suspendre
les hostilités avant d*ayoir obtenu les réparations exigées dans la dépêche du 11 septenabre.
Quoique l'Espagne ait proposé l'action commune le 7 sep* tembre, je crois qu'à cette époque la France et l'Angleterre avaient déjà l'intention d'intervenir séparément ou en commun, comme l'indique la dépêche du 6, et que l'Espagne n'a point fait naître l'affaire du Mexique, mais uniquement la triple intervention commune. L'Espagne, pourtant, se conduisit étrangement; elle précipita son action de manière à faire supposer qu'elle voulait arriver avant les alliés, pour des motifs qu'elle n'avouait pas. Les dépêches suivantes font connaître le mécontentement suscité par cette précipitation et les motifs secrets qu'elle n'avouait pas. H. Mon, se Taisant l'écho des plaintes formulées, surtout par l'Angleterre, sur la précipitation de l'Espagne, le ministre d'État lui répondit le 8 octobre... » Le gouvernement de la reine ne s'est point écarté des propositions qu'il a faites dès le principe de cette grave question, et que j'ai communiquées i Votre Excellence par dépêche télégraphique, le 6 septembre.
« Les apprêts militaires ont été aussitôt commencés et n'ont pas été suspendus un seul instant. Gela était naturel; il est nécessaire que le gouvernement de la reine s'occupe, sans discontinuer, de réunir les éléments indispensables pour que le glorieux pavillon de l'Espagne apparaisse sur les côtes du Mexique avec la splendeur qu'il a toujours conservée.
c< Il était à espérer, et nous n'avons pas renoncé à cet espoir, que l'accord tant désiré entre les trois puissances, pour agir collectivement, pût s'établir pendant le temps employé aux apprêts de tout genre.
« Dans ce cas, nous serons préparés de manière que l'action commune ne soit pas retardée, et si, par malheur, cette action commune n'était pas possible, le gouvernement delà reine donnerait les ordres opportuns pour obtenir les satisfactions demandées et les réparations aux préjudices causés, eipour commencer les hostilités, si on ne les obtenait pas,..
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« Les plaintes qui ont été formulées, ainsi que Votre Excellence Texprime, sur la précipitation supposée du gouvernement de la reine et l'abandon de ses premiers projets» sont donc sans fondement.
(c Loin d'y renoncer, il est chaque jour plus persuadé que l'accord des trois gouvernements, en prouvant la satisfaction des offenses reçues et la réparation de tous les dommages, contribuera plus ou moins directement, h créer au Mexique une situation régulière et bien assise qui permettra rétablissement (Tun gouvernement donnant de la sécurité et du repos aux malheureux habitants de ce territoire, et des garanties aux intérêts et à la vie des étrangers... »
Malgré cette réponse, le corps expéditionnaire n*en partit pas moins de la Havane, sans attendre l'action commune. Le 13 octobre, M. Mon écrivait de Paris au ministre des affaires étrangères, la dépêche confidentielle qui suit. — (c Par ma dépêche télégraphique du 10, Votre Excellence aura eu connaissance de ce que M. Thouvenel me dit le même jour en me racontant la conversation qu'il venait d'avoir avec lord Cowley sur les affaires du Mexique. — Le lendemain au soir, je reçus du nîême ministre l'invitation de passer le jour suivant, à midi, à son cabinet afin de me faire une communication relative à ces mêmes affaires. Je fus au rendez-vous, et il me dit : « Hier, j'ai rendu compte à l'empereur de la conversation que j'ai eue avec loril Cowley et avec vous, et il approuve ce que je vous ai dit. — Il croit que l'expédition en commun des trois puissances doit avoir pour objet d'obtenir la réparation des offenses connues; mais aussi que si, en présence de notre nation, les Mexicains veulent rétablir l'ordre dans le gouvernement de leur pays, nous devons leur prêter secours de la manière qui sera possible. Que si, par le moyen cTun congrès ou dCun vote spon-tanéy ils voulaient établir une monarchie, nous devrons aussi leur prêter le même appui; et que, s'ils ne voulaient rien de cela, nous devrons nous contenter d'exiger et S obtenir la réparation de nos griefs, — Je lui répondis que ces désirs étaient
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les mêmes que ceux de Votre Excellence, selon qu'ils étaient exprimés dans' la communication de Votre Excellence datée du 8, que je venais de recevoir dans la soirée du 11 . H. Thour venel me fit voir la difficulté qu*il y aurait d'admettre, parmi nos réclamations, des demandes qui n'auraient pas le même caractère et qui pourraient, non seulement entraver notre action, mais lui donner une fausse direction, faisant allusion à la présence des États-Unis dans la convention, ce dont je convins avec lui.
c( M. Thouvénel voulut aussi me faire quelque indication sur la convenance qu'il y aurait à ce que ce fOit un bon prince qui régnât au Mexique, si les Mexicains voulaient un roi ; mais nous tombâmes d'accord que je ne connaissais de la part de Votre Excellence d'autre volonté que celle d'aller ensemble au Mexique pour obtenir le redressement de nos griefs, pour protéger et appuyer l'établissement d'un gouvernement d'ordre et môme de forme monarchique, si tel était le désir des Mexicains, car à eux appartient la liberté de l'établir... — Alexandre Mon. »
Dans la dépêche du 15 octobre à M. Barrot, notre ministre k Madrid, M. Thouvénel est encore plus explicite.— â M. l'am* bassadeur de S. M. Catholique, dit-il, étant venu avant-hier Bft'entretenir sur le même sujet, je me suis expliqué avec lui ainsi que je l'avais fait avec lord Gowley. Je lui ai dit particulièrement en ce qui touche le retour éventuel du Mexique h la monarchie, que ce pays aurait avant tout à exprimer ses sentiments aussi bien à l'égard de la forme monarchique qu'à l'égard du choix d'une dynastie. J'ai fait ensuite remarquer à M. Mon que le gouvernement de l'empereur, envisageant cette éventualité avec un complet désintéressement, écartait d'avance toute candidature d'un prince de la famille impériale, et qu'il ne doutait pas que les deux autres puissances ae fiissent dans de pareilles dispositions ; enfin, qu'en ce qui concernait le choix de la dynastie, dans l'éventualité indiquée, nous n'avions aucun candidat à proposer, mais que, le cas échéant, un archiduc d'Autriche aurait notre assen-