CANDIDATURE DE L ARCHIDUC MAUMILIEN
timent. Un tel choix, en eifet, indépendamment des autres motifs qui pourraient être invoqués, pour y adhérer, aurait ravantage d'écarter de l'action collective des trois puissances toute cause de froissement ou de rivalité nationale, en même temps quil laisserait toute son autorité à l'appui moral qu'elles seraient appelées à donner à la nation mexicaine. En un mot, les trois puissances tiendraient ici^ine conduite analogue à celle que la France, l'Angleterre et la Russie observèrent à l'égard de la Grèce, lorsqu'elles s'engagèrent à n'accepter pour aucun de leurs princes le nouveau trône élevé par leurs communs efforts» »
Avant de continuer la publication des autres dépêches sur le même sujet, je publierai les articles de la convention de Londres pour conserver l'ordre des dates. Pour le moment, je me borne à constater que les trois puissances étaient, jusqu'alors, parfaitement d'accord sur le double but que devait avoir l'intervention, et que ce double but avait été nettement déclaré avant la signature de la convention qui eut lieu le 31 octobre 1861.
ce lo s. M. la reine d'Espagne, S. M. l'empereur des Français et S. M. la reine de la Grande Bretagne sont convenus de prendre, aussitôt après la signature de la présente convention, les dispositions nécessaires pour envoyer sur les côtes du Mexique des forces de mer et de terre, dont l'effectif sera déterminé par un échange de communications ultérieures entre leurs gouvernements, mais dont le total sera suffisant pour pouvoir prendre et occuper les différentes forteresses et-positions militaires du littoral du Mexique.
a Les chefs des forces alliées seront en outre autorisés à Qiener à bonne fin les autres opérations qui, là-bas, leur paraîtront ensuite les plus propres à réaliser le but spécifié dans le préambule de la présente convention et particulièrement pour mettre à l'abri de tout dangçr la sécurité des résidents étrangers.
c Toutes les mesures dont il est fait mention dans cei article seront prises au nom et au compte des hautes par-
dSS HISTOIRE DU MEXIQUE.
lies contractantes, sans faire attention à la nationalité particulière des forces employées pour les exécuter.
« 2^ Les hautes parties contractantes s'engagent à ne chercher pour elles-mêmes dans l'emploi des mesures coercitives, prévues dans la présente convention, aucun avantage par* ticulier, et à n'exercer sur les affaires intérieures du Mexique aucune influence capable de porter atteinte au droit de la nation pour se choisir et constituer librement la forme de son gouvernement.
« 3® Il sera établi une commission composée de trois cornmissaires, nommés respectivement par chacune des parties contractantes, ayant pleins pouvoirs pour décider toutes les questions que peuvent susciter l'emploi et la distribution des sommes qui se recouvreraient au Mexique, tenant en considération les droits respectifs des parties contractantes.
ce 40 Les hautes parties contractantes, désirant, en outre, que les mesures qu'ils ont l'intention d'adopter ne soient pas d'un caractère exclusif, et sachant que le gouvernement desËlats-Unis a, de même qu'elles, des réclamations contrela république mexicaine, conviennent qu'aussitôt qu'elles auront signé la présente convention, il en sera donné copie au gouvernement des États-Unis, lui proposant d'accéder à ses dispositions, et en cas d'accession de la part des États-Unis, les hautes parties contractantes autorisent leurs ministres à Washington à conclure et signer avec le plénipotentiaire désigné par le président des États-Unis , une convention identique^ séparée ou collective, supprimant le présent article. Mais, comme quelque retard à effectuer les stipulalations contenues dans les articles 1 et 2 de la présente convention pourrait frustrer les vues proposées par les hautes parties contractantes, elles conviennent que le désir d'obtenir l'accession (lu gouvernement dès États-Unis ne retarde pas le commencement des opérations mentionnées ci-dessus plus de temps qu'il n'en faut pour réunir des forces alliées dans les eaux de Yera-Cruz.
a K*" La présente convention sera ratifiée, et les ratifica-
GANBIDÂTUBS DB L*ARGH1DUG MAXIMILIEN. 999
lions seront échangées à Londres dans Tespace de quinze jours. »
Cette convention, que j'ai traduite du texte espagnol, indique clairement le double but signalé dans les dépêches et les conférences préliminaires : l"" les réparations demandées par des a mesures coercitives et Toccupation par les forces alliées des forteresses et positions militaires qui paraîtront le plus propres à réaliser les vues » des trois puissances, — n'est-ce point la guerre? •— 3^ ne chercher aucun avantage particulier dans le choix et la constitution du gouvernement que se donnera la nation mexicaine. La France, TEspagne et l'Angleterre étaient d'accord sur le double but que devait avoir l'action commune. L'Espagne, néanmoins, ignorant qu'elle n*avait plus aucune sympathie au Mexique, fit partir ses troupes avant celles des alliés^ espérant qu*un mouvement monarchique en sa faveur se produirait à son arrivée. Je reviendrai sur ce sujet. L'empereur Napoléon seul ne perdit jamais de vue la convention de Londres, son but, ses inten* lions et les engagements qu'il avait pris.
Non seulement 'des États-Unis n'acceptèrent pas la proposition des puissances alliées, mais ils essayèrent même de neutraliser les effets de la convention de Londres. M. Corwin reçut Tautorisation de négocier un traité avec le gouvernement de Juarez, dans le but de désintéresser, par le paiement des réclamations pécuniaires, les trois puissances. Le 28 février 1862, ie Sénat rejeta le traité. En avril de la même année, M. Corwin conclut avec le gouvernement mexicain une deuxième convention, par laquelle on lui prêtait onze millions de piastres à 6 Votl*intérét, moyennant hypothèque sur les territoires du nord et la partie invendue des biens du clergé. Ce traité, si peu patriotique, eut le même sort que le premier. Il servit pourtant à Juarez, en ce sens que le président donna des traites payables sur ces onze millions, aux individus qui se décidèrent à trahir la cause des conservateurs pour paralyser Taction de l'interventios étrangère contre le gouveroemenl de Juarez.