‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 2)Chapitre 40 sur 44 · II · texte numérisé non relu

II

En France, les expéditions lointaines ont de tout temps soulevé à leur début des critiques amëres de la part des hommes de Topposition, et rencontré de médiocres sympathies chez les hommes d'ordre. C'est à cette raison qu'il faut attribuer l'infériorité relative de notre pays comme puissance commerciale et coloniale. Infiniment plus apte à l'action qu'au lucre, le Français, dans une guerre, n'envisage le plus souvent que la gloire militaire, quelquefois l'influence politique, jamais le côté des affaires. Sous ce rapport, noas sommes à la fois inférieurs et supérieurs aux Anglais : inférieurs de toute la profondeur de leurs calculs et de leur génie mercantile ; supérieurs de toute la grandeur de notre générosité et de notre désintéressement. Cette fois, nous pouvions relever notre crédit extérieur et presque monopoliser un immense marché, en laissant de côté le système fatal des demi-mesures, et contribuer directement, jusqu'au succès définitif, à donner au Mexique un gouvernement fort, régulier, qui nous paierait tout ce que nous devait ce pays et favoriserait nos relations commerciales.

L'empereur comprit la portée immense que devait avoir l'intervention au Mexique au point de vue de notre influence politique dans les deux mondes, du développement de notre commerce et de notre industrie, en nous créant ua pareil marché d*achat et de vente qui devait s'étendre sur les deux océans, et de la création de notre crédit extérieur transatlantique, qui n'existe encore qu'à l'état d'embryon. Aussi, était-il dans le vrai en disant : « — L'avenir montrera que l'expédition du Mexique a été le plus grand acte politique de mon règne ». Malheureusement, ceux qu'il avait choisis pour exécuter ses ordres, ne l'ont point comprise et l'ont fait avorter. L'empereur comprit également que le gouvernement fort, avec lequel on traiterait et qu'on aiderait à se constituer, devait être l'œuvre des Mexicains et non des puissances étrangères. Chose étrange, les diplomates qui représentaient les trois puissances méconnurent cette vérité formulée dans le traité de Londres d'une ma-

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