‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 3)Chapitre 8 sur 12 · BG0ND EXPIRE · texte numérisé non relu

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attaqué notre expédition aa Mexique. Pour rendre ces attaques moins vives le gouvernement de Louis-Philippe ne laissait en Arrique qu'un nombre de troupes très limité; ce nombre, insuffisant pour la paciflcation de l'Algérie, nous obligea d'adopter le système des colonnes mobiles, des petites garnisons retranchées et des bureaux arabes. La politique de ces bureaux était de s'occuper le moins possible des querelles des Arabes, de fermer souvent les yeux sur leurs disputes intérieures et de n'intervenir qu'à la dernière extrémité. Le maréchal Bazaine, ayant vécu plus de vingt ans dans ce pays, en a sucé les traditions et a r.ru pouvoir les appliquer au Mexique avec lequel notre situation militaire en Afrique avait quelque analogie. Je crois qu'il ne faut point chercher ailleurs les causes de la conduite du commandant en chef dans les opérations militaires du Mexique. Quant au siège deOajaca, si désastreux pour les finances mexicaines, il est indispensable d'en faire l'historique pour comprendre les doléances de l'empereur Maximilien, à propos de ce siège et les résultats décisifs qu'il eut sur les événements de 1865 et 1866.

Aussitôt après la prise dePuebla en 1863, le général Brincourt fut nommé commandant de la place. Ne connaissant pas plus le pays que nos autres officiers supérieurs, il rassembla les autorités de la ville, leur dit qu'il ignorait leur histoire, leurs coutumes, leur personnel, mais qu'il voulait leur être utile. Il les engagea à former un conseil dont il ferait partie, à la condition que rien ne se ferait isolément par tes uns ou par les autres. Étant étranger, et par conséquent de passage seulement, il prit sur lui la responsabilité de tous les actes de vigueur nécessaires pour rétablir Tordre et la sécurité; il laissait-aux Mexicains de ce conseil l'exécution des actes de clémence, pour les rendre populaires, et commença par faire nommer aux emplois principaux les plus honnêtes gens possible. Pour avoir une idée des difficultés de sa situation, 11 ne faut pas oublier que sur les S8,000 hommes environ, dont se composait Tarmée mexi-

caine après la prise de la ville, 15,000 au moins étaient éparpillés un mois après d*Orizaba à Puebla, sans ressources, et vivant de vols et de rapines. Avant la fin de l'année tous ces gens étaient devenus interventionistes, TËlat de Puêbla et celui de Tlaxcala jouissaient d'une tranquillité parfaite, l'ordre régnait partout, le commerce et l'industrie reprenaient un développement qu'ils n'avaient pas connus depuis bien des années. Tant il est vrai qu'au Mexique, il sufQt d'un peu de tact et d'intelligence pour métamorphoser le pays en quelques années, sinon en quelques mois.

Pour opérer cette transformation, le général Brincourtse servit des moyens employés au Mexique. Les chefs des bandits furent enlevés et jugés par les conseils de guerre ; les officiers de guérillas et de l'armée libérale eurent le choix entre rester tranquille et recevoir leur solde d'officiers en retraite ou solde entière s'ils voulaient servir dans l'armée alliée ou bien, être conduits aux Tronlières du département et être ensuite traités comme bandits, dans le cas où ils seraient repris les armes à la main. Ces procédés firent passer dans l'armée mexicaine alliée presque tous les officiers et soldats libéraux. L'État de Puebla étant ainsi délivré des bandes de malfaiteurs qui infestaient les routes, le commerce reprit bientôt une allure meilleure. Pourtant quelques grandes maisons qui faisaient un commerce considérable de cochenille, d'indigo, de peaux de chèvres, etc., souffraient du blocus dans lequel se trouvait la province de Oajaca q^ji n'avait de débouché que par celles de Puebla et de Vera-Gruz. Â Oajaca on souffrait pareillement de cette situation et de part et d'autre on songeait à la faire cesser.

La position géographique et géologique de cette province, Fa toujours maintenue dans une situation administrative* industrielle et politique exceptionnelle. En dehors de la route de Vera-Cruz à Mexico, peuplée d'Indiens, obstruée de montagnes , Oajaca s'est tenue plus à l'écart des révolutions que toute autre province du Mexique. Sous Juarez comme sous ses précédents gouverneurs, elle avait été ad-

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miiiistrée d'une manière assez sage. Un impôt, je croîs d'un réal par mois, par personne , constituait un reVenu fixe sur lequel aucun employé ne pouvait toucher, sans que son lar* cin ne fût aussitôt découvert ; les droits de douane étaient également assez réguliers, de sorte que presque tous les fonctionnaires jouissaient d'une réputation d'honnêteté que leur imposait le contrôle facile de leurs actes. Cette situa* tion, passée dans les mœurs, rendait la population indifférente à la politique, et dévouée au maintien de la paix.

Cette paix était très désirée dans tout le département après le siège de Puebla. Les Indiens avaient particulièrement soufferts pendant le siège , et lors de l'incendie de la poudrière de San-Andres de Chalchicomula, où près de cinq cents Indiens de Oajaca furent blessés, mutilés ou tués ; ils avaient assez de la guerre qui les décimait et ne leur rapportait aucun avantage. Les fonctionnaires publics voyaient le moment où les troupes interventionistes viendraient oc* cuper leur département ; enfin, les négociants voyaient leurs marchandises se perdre dans leurs magasins, faute de pouvoir les écouler comme d'habitude par les voies de Puebla et de Yera-Cruz que nous occupions. Tous avaient intérêt à se ranger du côté de l'empire, et tous l'auraient fait si nous avions secondé l'opinion publique. Malheureusement, Juare2 eut connaissance de l'état des esprits de ses compatriotes ; aussitôt il envoya Porfirio Diaz , sa créature et son ami, à Oajaca, ranimer sa cause qui se mourait et préparer un second siège de Puebla. Porfirio Diaz, était alors dans le Michoacan ; il n'avait pas avec lui 3,000 hommes, mais cette petite armée lui suffisait, il profita de ce que nous ne songions pas à lui et de la promenade du général Bazaine dans Tintérieur du pays pour entrer dans le Oajaca par le nord du Guerrero. Je ne sais si nous devions, si nous pouvions pré-* voir le hardi mouvement de Porfirio » mais si nous l'avions empêché y notre campagne militaire changeait complète^ ment de face et nous aurions épargné au trésor mexicain bien des millions dépensés en opérations stériles.

Au mois de juillet 1864, le général Bazaine, ne voyant plus que Porfirio qui tenait encore la campagne, tous les autres généraux juaristes étant battus, dispersés et presque sans troupes, résolut d*en finir pareillement avec ce général. Seulement, on ne sait pourquoi, le général Bazaine abandonna, dans cette circonstance, son système de marches rapides qui ne laissait point aux dissidents le temps de se reconnaître ; il permit à Porfirio Diaz de se fortifier à son aise, et mit plus de six mois pour s'emparer définitivement de Oajaca. En effet, les ministres en France ne m'ayant pas autorisé à consulter les archives de Texpédition, je ne sais quel jour le général Bazaine donna l'ordre au général Brincourt et au colonel Giraud du 7* de ligne, d'occuper les deux tètes de route qui conduisaient à Etla; cette petite ville est située près de Oajaca, à la bifurcation des deux chemins qui vont à Puebla, en passant l'un, par Teotitlan, et l'autre, par Huajuapan; ce que je sais, c'est que le 24 juillet 1864, le général Brincourt partit de Puebla, avec une colonne, forte d'environ 2.000 hommes, pour Huajuapan, où il arriva le 3 août. Le 28 juillet, le colonel Giraud partit d'Orizaba, avec une colonne forte d'environ mille hommes, pour Teotitlan, oh il arriva pareillement le 3 ou le 4 août. Ces deux colonnes ne tirèrent pas un seul coup de fusil; elles paraissaient avoir pour mission d'établir des magasins d'approvisionnement et des réduits pour une garnison.

Le 10 août, Porfirio Diaz, voyant qu'on s'installait dans ces deux misérables bourgs, au lieu de marcher en avant, vint attaquer la plus faible de nos deux colonnes, c'est à dire, celle du colonel Giraud. Surpris aux villages d'Ayotla et de S. Antonio par 2,000 Mexicains, les soldats français ne se déconcertent pas; ils repoussent Porfirio Diaz et lui mettent 300 hommes hors de combat. Après avoir assuré la défense de Huajuapan, y avoir laissé des vivres pour deux mois et une garnison de 6S0 hommes sous les ordres du commandant Briant de la légion étrangère, le général Brincourt se mit en route avec le reste de sa colonne pour

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revenir à Puebla, en passant par Tehuacan, afin de reconnaître la route et de pacifier le nord du Oajaca. En chemin, le colonel Giraud lui fit dire que Porfirio Diaz se proposait de renouveler son attaque sur Teotitlan, avec 4,000 hommes. Le général fit alors doubler le pas à ses soldats pour arriver à temps au secours du colonel qu'il rejoignit dans la journée du 17 août. Porfirio Diaz, en apprenant cette jonction, n*osa plus nous attaquer, et concentra ses troupes dans un camp retranché qu*il avait établi au coude fait parle rio de Quiotepec, à six lieues de Teotitlan.

Comme il n*était pas possible de rester en face les uns des autres, sans bouger, et encore moins d'abandonner le colonel Giraud, le général Brincourt laisse ses hommes malades ou trop fatigués squs la protection de la garnison de Teotitlan, et se porte le 18 sur le camp retranché de Porfirio Diaz; celui-ci, effrayé, désarme ses batteries, n'attend pas le général, et se jett^le même jour dans un autre camp retranché préparé en arrière à Cuicatlan. Remontant alors la rive gauche du Rio-Quiotepec, nos troupes se portent sur Guendulain pour couper la retraite de Porfirio Diaz qui abandonna Cuicatlan, ne s'y trouvant pas en sûreté, et vint s'établir sur les hauteurs de D. Dominguillo. En cet endroit le Quiotepec entre dans une vallée, forme soixante-douze lacets, puis se dirige vers Nochistlan; la route d'Oajaca traverse une bonne partie de ces lacets, et, pour nous arrêter, Porfirio Diaz avait Fait creuser tous les gués afin de les rendre infranchissables. Il ignorait ce que valent nos colonnes légères. Le 21, les sacs et les bagages furent laissés à Guendulain et nos troupes se portent sur D. Dominguillo pour déloyer l'ennemi. Tandis que la principale colonne, commandée par le colonel Jeanningros se met en marche pour traverser les lacets et attaquer l'ennemi de front, le général Brincourt envoie la compagnie de partisans du capitaine d'Aigrevaux, cent cinquante lanciers de Puebla et une section d'obusiers tourner, par la montagne, en suivant un sentier de chèvres, les positions de Porfirio Diaz, afin d

Tattaquer par derrière, au moment ou le colonel Jeanningros Tattaquerait de front.

A peine les troupes mexicaines aperçoivent-elleà ce mouvement tournant qu'elles sont saisies de terreur, se débandent avant d*être attaquées, et Porfirio Diaz ne reste pluà qu*avec sept ou huit cents hommes pour défendre Oajaca, le reste a déserté, sans tirer un coup de fusil. D*après la carte de Decaen, on n'était plus qu'à vingt lieues de la ville, elle n'était pas encore fortifiée, et la colonne du général Brincourt pouvait y arriver en trois étapes. Des habitants de Oajaca m'ont affirmé que Porfirio Diaz, ne songeant pas à défendre la ville avec les quelques hommes qui lui restaient, s'était. empressé de démonter ses batteries et de faire au commerce une réquisition de douze cents mulets pour transporter dans le Tehuantepec son parc, ses bagages et ses munitions. M. Franco, envoyé par l'empereur Maximilien, comme préfet de Oajaca, se trouvait avec nos troupes, et, d'après ce que lui avait dit l'empereur, il espérait que nous irions toujours de l'avant; les connaissances qu'il avait delà situation du département, lui faisait affirmer que cette marche était facile , et que nous entrerions à Oajaca sans coup férir.

Loin d'avancer, nous reculâmes; il est dommage queM. de Keratry n'ait pas donné les raisons de cette retraite inqualifiable. Quoi qu'il en soit, voici ce qui arriva. Il piaraît que le général Brincourt retourna à Guendulain après la prise db D. Dominguillo; peut-être, allait-il chercher les sacs et les bagages restés en arrière comme je l'ai dit, afin de continuer sa marche en avant qu i avai t tous les caractères d'u ne course au clocher, comme lors de notre promenade à l'intérieur en 1868. Â Guendulain arriva l'ordre du générai Bazaine de ne pas dépasser Huajuapan, petite vilte sise au fond d'un entonnoir et dans un pays sans ressources, appelé le : Désert de Ta Huaxteca. La colonne du colonel Giraud devait également évacuer Teotiilan, et se replier sur Tehuacan. Dans la note de l'empereur, on a vu que le général Brincourt fut ensuite

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envoyé à Léon. Battre en retraite quand on est vainqueur est fort dur. Le T^"" de ligne, avec lequel je fis peu de temps après la campagne de Durango, murmurait hautement; au lieu d'aller se reposer dans une ville dont ils étaient si près, aos soldats reculaient sans y être forcés par rennemi. On avait l'air de se sauver chacun de son côté !

Pour exécuter les instructions du général en chef et faciliter l'évacuation de Teotitlan, sans abandonner la partie du territoire enlevé à l'ennemi, le général Brincourt traversa les montagnes du sud-ouest pour se jeter sur Nochistlau dans l'espoir de couper la retraite sur Oajaca aux petits détachements des troupes dissidentes cantonnées encore à Tuncazulapan, Tejupan et Coixtiahuaca. Il arriva h Nocbistloa le 24, mais les détachements libéraux avaient dépassé ce point depuis six heures fuyant en toute bâte sur Oajaca. Un peu au nord de iNochistlan se trouve le fameux couvent des jésuites de Yanhuillan, dans lequel la tradition raconte que le père du général Almonte se réfugia et tint longtemps en échec des troupes espagnoles dix fois supérieures en nombre à celles du héros de Quauhtla. Les riches vallées de Nochistlau et de Yanhuitlan sont très fertiles en mais, en céréales et possèdent de nombreux troupeaux. U était donc utile d'occuper l'immense couvent-forteresse de Yanhuitlan pour conserver les cinq districts du nord de Oajaca conquis par la marche rapide de notre colonne, d'en faire le magasin d'approvisionnement et la base de nos opérations ultérieures jcontre Oajaca. Le général Brincourt n'hésita pas à choisir ce point de préférence à celui de Huajuapan. Le quartier général approuva sa conduite, et le lieutenant-colonel Gartere^ fut désigné pour commander le poste de Yanhuitlan, composé de 400 hommes de la légion étrangère, deux escadrons de cavalerie et deux sections d'artillerie. Le colonel Jeanningros vint ensuite prendre le commandement de la subdivision de Puebla, tandis que le géaéral Brincourt reçut c^elui de la brigade du général l'Hériller qui devait rentrer en France.

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Nous restâmes ensuite trois mois sans rien faire, laissant ainsi à Porfirio Diaz le temps de fortifier Oajaca d'une manière effrayante. La ville fut entourée d'une double enceinte, les rues furent barricadées, les maisons crénelées, des communications souterraines furent établies pour relier les points entre eux; en un mot, les travaux de défense furent faits avec une habileté vraiment extraordinaire et sous une échelle formidable. Le maréchal Bazaine envoya M. Courtois d'Hurbal, général de division d'artillerie, préparer les travaux du siège. Le général Courtois, dans sa marche sur Oajaca, dut ouvrir 400 kilomètres de route pour faire arriver jusqu'à Ella son matériel de siège, à travers un pays coupé par des ravins et des obstacles de toute nature. Dans certains passages dont les pentes avaient quarante degrés sur un développement de cinq kilomètres, il fallut l'aidé de cinquante Indiens par voiture; le chargement des caissons était monté à dos de mulets; six paires de bœufs suffisaient à peine pour enlever une pièce de canon séparée de son avant-train ; c'est au prix d'efforts inouïs que notre artillerie put passer par une contrée où jamais voiture n'avait pénétré.

Le 18 décembre 1864, le général Courtois, à la tête d'une colonne expéditionnaire, arrivait en vue de Oajaca, il inau- ^'urait cette campagne par le brillant combat d'EtIa où notre cavalerie mit en déroute la cavalerie ennemie et l'obligeait à se réfugier dans la place. Le 32, il exécutait sa première reconnaissance sur le Monte-Alban et continua ses opérations, Tinvestissement de la place, l'érection des batteries, etc., jusqu'au 16 janvier 1865, où le maréchal Bazaine arriva à i'Hacienda Blanca et prit le commandement des troupes. Dans la nuit du l*' au 2 février, la tranchée fut ouverte et la ligne d'investissement se resserra davantage. Enfin, à une heure du matin, dans la nuit du 8 au 9 février, Porfirio Diaz, craignant de ne pouvoir nous résister, ni nous échapper, se rendit à discrétion avec toute son armée, environ 4,000 hommes. Nous avions perdu peu de monde pendant le siège,

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mais nous avions dépensé des sommes énormes pour le transport de notre matériel. L'empereur avait-il raison de se plaindre qu'on n'avait pas laissé le général Brincourt entrer à Oajaca six mois auparavant? Tout porte à le croire.

En effet, au point de vue financier, comme au point de vue militaire, ce siège Tut désastreux dans ses conséquences. Et TOici pourquoi. On n'ignore pas que nos colonnes ne peuvent naturellement marcher sans des charrettes ou des mulets pour transporter les vivres, les munitions, les malades et les blessés. Dans un pays désert, saccagé, ruiné, presque inculte comme le Mexique, les approvisionnements deviennent plus considérables, et la longueur des marches sous un soleil brûlant et sur des routes sablonneuses augmentant le nombre des malades, chaque colonne est suivie d*un convoi de chariots ou de mulets , dont le nombre varie selon les distances à parcourir et la nature des districts par lesquels on passe. Les mulets coûtaient cinq francs par tête et par jour; ordinairement, les petites charrettes sont traînées par quatre mulets et les grandes par dix. Je ne sais quel est le chiffre proportionnel entre le convoi de transport et la colonne en mouvement, mais j*ai fait partie de colonnes de 800 k 1,200 hommes suivies par des convois de 40 à 130 charrettes , ayant une moyenne de 200 à 800 mulets et coûtant par conséquent de 1,000 à 4,000 fr. par jour. Si l'on réfléchit maintenant au nombre de colonnes qui marchaient sans cesse, quelques-unes parcourant des distances de 200 à 800 lieues, à raison d'une moyenne de six lieues par jour, on verra quelles sommes énormes le gouvernement mexicain avait à payer uniquement pour frais de transports.

D'autre part, notre marche sur Oajaca nous obligea de dégarnir bien des points occupés par nos troupes et de fermer un peu les yeux sur ce qui se passait sur les frontières du Rio-Grande et au nord du Mexique. Les dissidents profitèrent de cette situation pour relever la tête et multiplier leurs guérillas. Negrete, d'accord avec Gortina, qui passa à l'ennemi avec sa brigade, vint assiéger Mejia dans Matamo-

ros ; la belle défense de ce brave général fit avorter ce plan. Negrete se retira sur Saltillo, poursuivi par Mejia. Le général Brincourt fut envoyé à la rescousse. Negrete et Ëscobedo se fortifièrent à la Angostura; mais à la veille d^étre pris entre trois feux, ils abandonnèrent leur position et s'enfuirent à la faveur de la nuit. Juarez, profitant du disséminement de nos forces, nous fit attaquer de tous les côtés par ses guérillas qui devenaient de jour en jour plus nombreuses. La question militaire, si belle en 1864, fut perdue en 1865, et comme la t&che d*huile qui s'étend de plus en plus, Tarmée alliée se vit débordée par les dissidents; ses triomphes devenaient sans résultats pratiques, tandis que ses échecs profitaient toujours aux libéraux.

La correspondance de Leurs Majestés, pendant Tannée 1865, sur Torganisation de Tarmée mexicaine, sur les embarras que leur suscitaient les auxiliaires et sur certains froissements qui leur venaient du quartier général, est trop longue pour être publiée; néanmoins, elle est si curieuse et si intéressante à tant de titres, que je dois en faire de longs extraits sans autre ordre que l'ordre chronologique.

La lettre suivante de l'impératrice n*a pas de date» mais elle a dû être écrite au commencement de Tannée 1865. Elle se réfère principalement à la brigade modèle que le général Tbun essaya vainement d'organiser.

ce L'armée nationale, à organiser en ce moment au Mexique, ne doit être qu'un noyau qui servira de modèle à tout ce qui sera formé plus tard. La troupe, composée seulement d'Indiens, peut devenir très bonne, si elle est bien commandée; mais les anciens ofiiciers sont en majeure partie ignorants et peu honorables, un grand nombre d'officiers généraux ou supérieurs, s'est nommé lui-même ou doit son grade à la faveur. Il y a donc là une réforme radicale à faire; il est indispensable de donner à Télément indien qui compose l'armée, de très bons chefs. Pour cela, tout en conservant les meilleurs officiers mexicains, il faut mettre à côté d'eux une certaine proportion d'officiers européens, soit pour Torga-

nisatîoD, soit pour donner l'exemple. Les officiers français sont incontestablement ceux qui connaissent le mieux le caractëre mexicain, et les services qu'ils sendraient dans l'armée en formation ne seraient pas seulement profitables au pays, ils le seraient aussi à la France. A tous les points de vue, il serait donc à désirer que le gouvernement français accord&t un certain nombre d'officiers qui seraient placés en mission, soit pour commander, soit pour remplir les emplois des divers grades. Dans l'intérêt des deux pays, il faut que ces positions soient données à des officiers de confiance ; par conséquent, si le Mexique leur offre des avantages sérieux, il faut que la France de son côté ne les oublie pas.

ce Une autre question est non moins ingrate : dans tous les pays qui ont été longtemps agités, il subsiste un élément déclassé, impropre au travail et qui demande ses moyens d'existence au hasard des chemins. Pour détruire cette plaie il est indispensable d'avoir une bonne gendarmerie, et il n'est pas possible de faire à cet égard un meilleur appel qu'à la France.

(c Comme la gendarmerie ne s'improvise pas, il n'est pas possible d'emprunter au corps expéditionnaire; d'un autre côté, les gendarmes des colonies sont loin d'avoir toutes les bonnes qualités que présentent les gendarmes dans les départements français. Une demande spéciale a été faite à cet égard stipulant les avantages qui seraient donnés aux officiers et gendarmes. Au sujet des premiers le ministre de la guerre n'a pas fait d'objection sérieuse, mais pour les seconds il a répondu qu'il était inutile de leur faire un appel parce qu'ils n'y répondraient pas. Cette solution est très regrettable; une gendarmerie solide doit être avant tout établie, tous les gendarmes de France ne sont pas mariés, et dans tous les cas on pourrait faire un appel à leur bonne volonté, en leur soumettant les conditions dans lesquell^ Us seraient appelés à servir. — C. »

Sous forme de parenthèse, je dois donner ici quelques renseignements utiles. Le 10 avril, le général Almonte et le

maréchal Bazaine furent nommés grand*croix de TÂigle; les généraux suivants furent appelés au commandement militaire des cinq divisrions territoriales désignées ci-dessous : D. Vicente Rosas Landa» à Toluca ; le comte de Tbun, à Puebla; Parrodi, à S. Luis Potosi; Garcia, à Guadalajara; et D. Severo Castillo, à Merida. Les généraux Tovar et Castillo recurent la croix de commandeur de Guadelupe; cette uniformité de récompense pour deux officiers d*un mérite si différent, prouvait que Tempereur ne connaissait pas du tout son personnel. Le premier était général de brigade et très inférieur en mérite à D. Severo Castillo, officier très distingué et général de division. En outre, Tempereur demandait au mois de février le rappel du maréchal Bazaine, et au mois d'avril il lui conférait la plus grande distinction qu'il pouvait accorder. Ces contradictions sont trop étranges pour être expliquées, je ne puis que les signaler. Le 18, Sa Majesté partit pour Orizaba. Le 28, arriva à Mexico la nouvelle officielle de la défection de Cortina. Par le paquebot anglais du 3 mai, M. Eloin fut envoyé en Europe, sans doute, pour traiter la question du second emprunt avec MM. Courcillon etSapia, et pour d'autres motifs qu'on ne soupçonnait pas. Le 8 mai, les juaristes célébrèrent avec assez de liberté l'anniversaire de notre premier échec devant le fort de Guadalupe.

Voici les nouvelles de la capitale qu'on m'envoyait tandis que j'allais dans l'intérieur : — « Mexico, 8 mai 1868. — « Les affaires sont très troubles. Les démagogues jubilent et comptent sur l'appui des Yankees; le clergé prend leur parti et ne soutient en rien le gouvernement, de sorte que l'empereur ne peut plus compter que sur la petite partie saine des conservateurs qui se sacrifiera toujours pour lui malgré les inconséquences commises contre eux. Il faut absolument qu'à son retour d'Orizaba, il fasse un changement complet de ministère et de politique, parce que s'il continue dans la voie qu'il suit, il arrivera qu'au moment oix l'on y pensera le moins, le pays sera soulevé par les démagogues, et alors,

Tarmée française, au lieu de pouvoir s'occuper du salut de Tempire, devra s'occuper d'elle-même, et n'aura que le terrain qu'elle foulera. Il parait que l'empereur désire maintenant mettre sous les armes 30,000 Mexicains , mais il a chargé de l'organisation de cette armée le général Thun et le sous-secrétaire de la guerre Duran. Le général Thun pourrait être très bon pour cela, mais son ignorance du pays et des hommes le feront tomber dans tous les pièges que voudra Duran. Quant à ce dernier, il n'est pas de bonne foi, surtout dans les circonstances actuelles ; il mettra les forces nationales entre les mains d'hommes comme Cortina, qui trahiront à la première occasion... Le nonce du pape doit partir dans le courant du mois pour la Nouvelle -Grenade. »

Chaque lettre de cet ami était une prophétie qui ne tardait pas à s'accomplir; l'empereur n'ignorait pas tous ces détails, mais il n'aimait pas les sombres prédictions. Ce qu'il aimait encore moins, c'était de voir des officiers français prendre des mesures énergiques pour assurer la sécurité des districts qu'ils commandaient. Ces mesures, généralement nécessaires, lorsque les autorités mexicaines faisaient de l'opposition secrète à Tempire, irritaient l'empereur jusqu'au point d'en exagérer la portée et de les prohiber. — « Le ministre de l'intérieur, écrivit-il de Jalapa le 29 mai, à ce sujet, a envoyé au cabinet deux décrets, publiés par le commandant militaire de Léon, prescrivant différentes dispositions de police, imposant des peines aux transgresseurs, se réservant la faculté d'accorder les permissions pour établir des maisons de bal et d'autres actes exclusivement de la compétence des autorités civiles. Ce système produit un mauvais effet sur l'opinion publique et déconsidère l'empire... Faites au maréchal des observations afin que dans un ordre du jour il prévienne les chefs militaires de s'abstenir de dicter des dispositions relatives au gouvernement ou à la police des villes, les avertissant que lorsque le service public les exigera, ils les demanderont aux autorités

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civiles, leur laissant le soin de les publier et les aidant seulement pour exécuter ces mesures. — Ma^imilien. »

— « Perote, 3 juin 1868. — Je suis bien content d'apprendre que le général THériller peut rester dans le pays. C'est un profit tout clair pour le Mexique, pays où les hommes d'intelligence et d'énergie sont plus que jamais nécessaires. » — J'ouvre ici de nouveau une parenthèse pour insérer une assertion de M. de Keratry, démentie dans cette lettre par l'empereur. Voici ce que dit M. de Keratry : a ^près un mois de direction mexicaine, l'empereur, désabusé, prit le parti de confier à de meilleures mains la surveillance de son armée. Un général français fut mis à sa (disposition; l'influence de M. Éloin l'emporta. Ce général ■— M. l'Hériller — rappelé en France, attendit vainement U décision de Maximilien, et fut forcé de partir après up mois de retard inutile. Le 5 mai, l'empereur se décida à investir de ce commandement le général autrichien, comte de Thun. » On verra par la suite de la correspondance impériale que l'empereur voulait envoyer seulement le général l'Hériller à Morelia pour faire la cainpagne du Michoacajd. Pour faire cette campagne, l'empereur ne lui donnait que des Mexicains à commander et mille Belges; le gérléral ne voulut pas partir sans avoir quelques Français avec lui; le maréchal Bazaine se refusa constamment à lui donner même une compagnie de Français. Toute la négociation roula sur ce point, et c'est sur le refus du maréchal que le général l'Hériller se décida à rentrer en France au mois d'octobre ou de novembre. Je continue maintenant la lettre de l'empereur.

c( Ce qui concerne d'autre part la communication du ipinistre de la guerre de France, je n'y comprends rien. Je n'ai fait faire aucune demande à t égard dune nouvelle porilion pour le général Fllériller... Il y a quelques mois j'avais bien l'idée d'inviter Brincourt ou l'Hériller à s'occuper de l'organisation de l'armée mexicaine. Le roi de Suède m'avait recommandé Brincourt et pour l'Hériller, l'idée m'en était

venue en le voyant à la besogne à Mexico... J*abandonnai complètement ma première idée ; je pris alors en vue le lieutenant-colonel Lajaille, le maréchal m'en dissuada également... Je suspendais donc toute démarche, et ce n'est qu'en voyage que je me décidais pour le comte de Thun qui a pris la tâche à cœur avec un zèle louable. Thun est rempli des meilleures intentions et se propose, sur. mon invitation, d'adopter tout ce qu'il y a d'excellent dans l'organisation militaire française. Il serait très fâcheux et ne pourrait avoir que des suites funestes si, dans ce moment, on déplaçait Thun de Puebla pour l'envoyer à Morelia.

(c L'organisation de deux grands commandements militaires dans le nord de Tempire, me paraît au point de vue militaire une idée très heureuse... J'applaudis complètement à la nomination de Douay, — pour celui de S. Luis Potosi. — Ne pourrait-on pas mettre l'HérilIer à Morelia, où son énergie et son entrain auraient un grand champ d'action? Le maréchal croit que la haute surveillance des affaires politiques et administratives devrait être également attribuée à ces officiers généraux. Ce dernier point est très délicat et tout à fait contraire aux vues de l'empereur Napoléon. Âvafnt de me décider il faut que j'y pense mûrement, et en tous les cas je ne pourrais pas sanctionner ce point essentiel sans avoir entendu le conseil des ministres. — Maximilien d.

L'empereur arriva à Puebla le 6 juin; l'impératrice partit de Mexico pour cette ville, dans la matinée de ce même jour, accompagnée de M*"* Pacheco, du général Almonte, du comte de Bombelles et du nouveau ministre de France, M. Dano. Leurs Majestés furent accueillies par la population avec un certain enthousiasme. Voici sur leur séjour à Puebla des détails donnés principalement par l'impératrice.

— « Puebla, 7 juin. — Je vous prie de feire mettreau Diario^ dans la partie officielle, la réception de M. Dano qui a liea aujourd'hui, avec les deux discours espagnols et les expressions usitées dans les cas précédents. La description du cérémonial n'est bonne qu'à consulter, il faut s'en tenir au

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Style ordinaire des audiences. Les discours français pourraient éire insérés dans un article détaillé qu'on enverrait à VÈre Nouvelle. Les autres pièces sont à insérer dans la partie non officielle. G*est une description de mon voyage et deux dépêches télégraphiques. Nous sortons de dtner avec M. Dano, par une chaleur de 40 degrés et nous allons de ce pas au bal. L'empereur a porté la santé de l'empereur Napoléon IIL M. Esteva est ministre de l'intérieur; Tévëque grand'croix de la Guadelupe. L'empereur est fort bien et satisfait de l'intérim à Mexico et de la magnifique réception faite ici. Une foule immense nous a acclamés au milieu des bouquets qui pleuvaient des balcons, les chevaux heurtaient les piétons ; les piétons ont failli être écrasés sous les roues de la voiture. L'amiral Bosse n'a pas manqué d'être ici et figurera au quadrille d'honneur. On passe à Puebla la Fête- Dieu. — G. »

— « Puebla, 9 juin 1865. — Je suis enchanté que le maréchal soit de mon avis d'envoyer L'Hériller à Morélia. Il y fera très bien nos affaires. Quant à l'envoi de troupes de Puebla au Michoacan, j'y vois de grandes difficultés; il me parait impossible de diminuer les garnisons sur la grande ligne de Vera-Grux à Mexico. C'est là toujours le point d'occupation le plus essentiel pour nous. Sur les troupes mexicaines en fonction, il n'y a pas à compter jusqu'à leur organisation-définitive, le fait même de la réorganisation causant momentanément de grands mécontentements parmi les officiers et soldats mexicains

« Je m'occupe à présent dans le peu de moments libres que j'ai des modèles d'uniformes... Je vous renvoie le projet du ministre de la guerre relatif à l'occupation d'Acapulco. Je partage les idées du maréchal et de Peza. Il faudra disposer le nécessaire et me présenter le plus tôt possible un homme apte pour le commandement de cette entreprise urgente... Je viens de recevoir le rapport du général Garcia; il faudra tout de suite faire relâcher Tovar. Je crois que c'était une faute de l'avoir mis en prison. » — On l'avait dé-

coréle 10 avril, on l'emprisonnait au mois de mai! — D'autant plus que ce général a donné lui-même sa démission que nous avons acceptée. — Maximilien. »

— a Puebla, 10 juin. — Je dois vous exprimer toute ma satisfaction pour la manière admirable dont vous vous acquittez des commissions : le Diaro vient d'arriver, et tout y est mieux que je ne vous l'avais dit. Du reste, règle générale, lorsque je vous charge de quelque chose, étant absente, c'est toujours subordonné aux améliorations que vous pourriez y faire, votre manière de voir étant en général très juste. Voici la copie d'un télégramme très aimable que je viens de recevoir de l'impératrice Eugénie. — A propos de la réception du grand cordon de l'ordre de San-Carlos. — Le préfet Franco me dit qu'il a adressé à Castillo, il y a huit jours, les propositions de secours pour les populations de Oajaca. Je vous prie, dans ce cas, de les envoyer ici.

« Nous avons été voir, hier, marquer des taureaux et Feliciano Rodriguez les a renversés à chaque reprise avec une grâce chevaleresque. Cela m'a beaucoup plu, moins les gentillesses du taureau qui a fait une large blessure au cheval de Flon et égratigné Uraga à la main d'un coup de corne. H. Dano continue à être l'objet de toutes les attentions : les finances restent dans le statu quoy on a écrit pour savoir s'il faut mettre les rubans rouges dans la catégorie des péchés mortels ou seulement véniels que la chancellerie peut absoudre. Bien que dans ce moment la garnison de Puebla ne soit pas française, le drapeau français flotte partout dans les rues à côté des couleurs nationales et belges, cela prouve un sentiment vrai dépourvu d'ostentation, qui m'a fait plaisir. L'empereur se porte bien. — G. »

Les rubans dont parle ici l'impératrice sont ceux de la médaille mexicaine instituée par l'empereur ; leur couleur rouge étant celle de la Légion d'honneur , il y eut entre Sa Majesté et le quartier général des divergences d'idées , assez drôles pour mériter une certaine attention. Le maréchal ne pouvait permettre le port de cette décoration à cause de la couleur

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du ruban, et rimpératrice tenait beaucoup à la donner aux Français. Pour arriver à son but, elle chercha longtemps une couleur qui ne fût pas exactement celle du ruban de la Légion d*honneur. Dans une lettre au haut de laquelle elle colla cinq feuilles naturelles de géranium vermillon, rose, de fuchsia carmin et de rose Solferino, elle dit : « Je vous envoie ces échantillons naturels de rouge qui pourront vous aider dans la teinture du ruban. Comme ils datent de là création, époque où le sénntus-consulte qui créa la Légion d'honneur n'était pas encore prévu, peut-être ces couleurs-ci auraient-elles le privilège de Tantériorité et ne pourraient, par conséquent , être considérées comme un acte de disrespect envers cette respectable institution. — C. »

Dans une autre lettre Sa Majesté ajoute : « Voici également le nouveau ruban pour les médailles en regard de Tancien; mais je trouve qu*il a du guignon, car ils se ressemblent toujours. » On la verra revenir sur ce même sujet dans d'autres lettres.

« Puebla, 13 juin. — Une cérémonie bien imposante a eu lieu ce matin, te bénédiction des drapeaux du corps autrichien, et je ne puis résister au désir de vous envoyer le discours que l'empereur a prononcé en allemand et en français pour que vous le mettiez dans les archives du cabinet. Je crois en outre trop connaître vos sentiments envers l'empe^ reur pour douter du plaisir que vous aurez à le lire. C'a été un moment grandiose que celui où l'empereur prenant ses couleurs des mains de l'évêque qui venait de les bénir, d'une voix émue et profondément vibrante prononça les paroles que je vous transmets. Les hommes de toutes les nations, hongrois, slaves, allemands, italiens, étaient comme électrises, et malgré cette rudesse presque froide qui les caractérise parfois, tous ont crié à ébranler l'église : a Vive notre empereur! » comme s'ils étaient fiers de l'avoir produit et d'aller le servir... Puis les croix et les médailles de Teznitlan et de Zacapoaxtla ont été distribués par Tempereur luimême. Les dernières ont eu le plus gi^and succès, et te

SECom) EMPiRB. tes

rnban â*bonneur ne déparerait ces poitrines-là. Après a eu lieu le serment au drapeau selon les vieilles formules autrichiennes...

a JTespère, que la nouvelle si complètement fausse donnée sur mon père qui est, Dieu merci, sauvé, a été dûment démentie. Jusqu'à présent, il n'y a que farchevéque de Mexico <j[ui Tait crue* — C. »

— <it Puebla, 14 juin. — Je vous écris encore ce soir pour exposer plus nettement ma pensée sur l'aflisiire du général L'Hériller... il serait désirable que cet arrangement fût fah tout de suite et avant notre retour. Les affaires qui ti^af nent ne valent rien. Ou bien c'est faisable ou cela ne l'est pas. Si cela l'est, vous vous couvrirez de gloire eri obtenant ce qui doit être obtenu ; si cela ne l'est pas, c'est une perte de pa^ rôles, de temps et de papier à lettre. Seulement, il faut placer la cbôse sur son véritable terrain ; l'empereur n'a pas envie d'envoyer d'Autrichiens à Morelia, vous ne le persuaderez pas, et à mon sens il a raison. Pourquoi éparpiller les nationalités quand la division d'ici est bien assez vaste pour réclamer tout le monde? il s'agira donc, à ce que je crois, de troupes françaises, affaire à i^égler avec le maréchal. Si vous attendez que l'empereur revienne et qu'il en parle au maréchal; cela sera remis aux calendes grecques. L'empe-» reûr ne fera point de demande, le maréchal ne prendra pas de décision, voilà ce qui arrivera... Je crois aussi que vous devriez vous convaincre qu'une garnison française pour pa^ cifler le Michoacan sera ce qu'il y aura de mieux, et votre conviction déteindra plus facilement que si vous ne parl^ (|tie pour l'acquit àe votre conscience. — Gh. »

— a Je désire être tenue au courant si l'affaire du général L'Hériller est définitivement arrangée à la satisfaction dé tous. L'empereur est fort désireux de le voir à Morelia... Mettez tout ce que je vous envoie d'intéressant sur Puebla dans le Diario. Les pauvres càngtejos — i^éactionnaires — ont cependant du bon, et tout libéral que soit l'empire, éda n^a' pas diminué leurs sympathies, au contraire^ ils semblent

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