‹ Histoire du ministère de G. CanningChapitre 10 sur 36 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

mesures qui rendraient la guerre éventuellement non moins inévitable, quoique moins propre à produire des eflets salutaires qu a présent. 11 voudrait dire à l'Espagne : « A'ous n’avez pas fait assez : peu nous importe que vous souffriez , que les réfugiés portugais parcourent vos fontières, se réunissent en corps de conspirateurs , eux que vous avez d’abord mis en guerre les uns contre les autres, et à qui vous avez ensuite permis de se rassembler et de s’armer de poignards espagnols, pour les plonger plus tard dans le sein de leurs compatriotes. Nous «"attachons aucune importance à ce que vous faites.

» Tout cela, dit l'honorable gentleman , n’est pas un motif pour rendre nécessaire une intervention de notre part, et nous ne bougerons pas. Mais, par égard pour la paix du monde, M. Canniug demande que l'Espagne fasse une déclaration de guerre, et alors, dit-il, nous serons prêts a la combattre.

» Voilà le plan de F honorable gentleman pour conserver la paix du monde. Le plan du gouvernement de S. M. est, quand nous voyons les autorités espagnoles ou les chefs de cette nation menacer d’envahir le Portugal et méditer la destruction de ses institutions; quand, dis-je, nous les voyons exciter à des incursions sur le territoire portugais, de leur dire : Nous sommes préparés à venger nos alliés, si vous procédez à des mesures d’hostilité réelle; mais, en atten-

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tlanl, nous prendrons des précautions pour frustrer les espérances que vous pourriez avoir d accomplir une telle entreprise.

» Je prie la Chambre de considérer, non pas les meilleurs moyens de faciliter le but chevaleresque auquel l’honorable gentleman semble tendre, savoir, de faire parade dans les camps et sur les champs de bataille, mais s'il ne serait pas plus sage d’anéantir le projet quand il germe, que de le laisser venir à sa maturité, aîiu que nous ayons ensuite l’honneur de l’abattre avec la faux calamiteuse de guerre.

» L’honorable gentleman dit que nous n’avons pas appuyé nos demandes sur des motifs suffi sans. Si l’Espagne, encouragée par les observations de l’honorable gentleman, persévère dans des actes d’hostilité positive, alors, je m’engage à soumettre à la Chambre des papiers qui, s’ils étaient maintenant présentés, exclueraient le locus penitentiœ que nous désirons offrir. Je n’ai pas voulu prévenir une rétractation de la part de 1 Espagne, ou la mettre dans une position d’oii elle ne pourrait sortir sans une lutte, qu’il est nécessaire d’éviter, s’il est possible.

«J ai maintenant démontréà la Chambre que je n’avais point donné it l'affaire toute son importance. Agissant sur l’information qui m’était venue officiellement, j’ai soumis à la Chambre tout ee que je regardais comme suffisant pour accomplir un but, sans créer la nécessité

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dun autre, La Chambre maintenant approuvera on condamnera la discrétion que fai employée. Mais je puis assurer l'honorable gentleman que * si jamais malheureusement le temps arrive, il trouvera que ce n'a pas été a cause d"un manque de témoignage que Ton a évité des révélations plus complètes,

» On a voulu justifier l’amendement proposé en s’appuyant sur des discussions qui ont eu lieu dans cette chambre, il y a quelques années, discussions où Ton prétend que j'ai déclaréqu il serait onéreux pour ce pays de s engager dans une guerre sans nécessité, et que cependant je m’avance maintenant inconsèquemnaënt pour proposer une guerre, La simple et l'unique différence entre l'époque citée et la présente, par laquelle jexplique ce qu’il semble y avoir eu d’opposé dans ma conduite, est qu’alori nous pouvions choisir entre la guerre et la paix, tandis qu'à présent nous n avons point d’alternative,

«Je maintiendrai encore mon opinion, qu’on doit éviter la guerre quand cela est possible ; mais quand nous sommes liés par une obligation positive» nous ne pouvons lui échapper. Est-ce que je change ainsi l’opinion que j’ai déjà émise de la nécessité d’éviter la guerre quand les circonstances le permettent? Non, car mon argument dans cette occasion était fonde sur ce qu'il n'y avait aucune obligation de noUvS engager dans une guerre.

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