‹ Histoire du ministère de G. CanningChapitre 18 sur 36 · DK G. GAN NI KG · texte numérisé non relu

DK G. GAN NI KG

nous devons nous attendre h voir la frayeur se propager et s’accroître dans la circonstance, c est-h-dire, dans fin tentai le qui nous sépare encore de la moisson prochaine, ou , eu d’autres termes, dans l’intervalle entre la consommation de ce que nous possédons et la récolte de ce que nous attendons.

» Je me trouve heureux, au reste, de pouvoir annoncer que, d’après tous les renseignemens qui me parviennent, nous pouvons espérer une moisson très-abondante ; mais nous ne pou vons nous dissimuler que les craintes, causées par le rejet de notre bill, vont se répandre de pins en plus, si la croyance s’établit que nous ne songeons point à prendre dautres mesures. Il est, en outre, un fai t positif; d’après l’opinion universelle que notre biü serait adopté, une quantité considérable de blé étranger a été importée dans notre pays, quantité qui n est pas moindre de 560,000 quarters déjà débarqués dans les ports d’Angleterre. Cette importation ayant eu lieu dans la persuasion quelle serait approuvée par la loi, il faut bien prendre une résolution k cet égard. Or, comme le principe qui servait de base à notre bill n’a point été attaqué par l’autre Chambre, je nliésite point h faire une proposition spéciale.

» Je propose donc que les 560,000 qtiarters dont je viens d annoncer l’importation , puissent être librement réexportés, non par un acte de gouvernement, mais d’après une clause fin bdl

sou mis présentement a nol re discussion ; car ? quelque appréhension qu’ait 1 honorable préopina ut de voir le gouvernement s’armer d’un tel pouvoir ? je puis 1 assurer que noos n'avons pas plus d envie de l’exercer que lui de nous le concéder. L article du bill relatif au cas actuel n’avait éprouvé aucune objection dans l'autre chambre ; c est ce qui me détermine è proposer que la quantité dé blé déposée dans nos magasins ou qui peut encore y être apportée jusqu’au 1 ur . juillet, puisse être librement réexportée, conformément aux restrictions et règlemens Louchant le prix et les droits qui auraient été en vigueur, si le bill sorti de cette Chambre eut acquis force de loi; on pourrait, du moins, le supposer sous le rapport dont il sagit , puisque cette disposition n’a pas été improuvée par l’autre Chambre, La véritable cause du rejet du bill est d'une toute autre nature; je crois en même temps qu’eu ce qui concerne les règlemens d’après lesquels le blé etranger aurait été importé en ce pa \ s, un amendement a été proposé et rejeté,

11 J en fais la remarque afin de montrer que, dans ce que je propose au sujet de ce que nous avons à luire relativement au blé en dépôt, nous ne courrons pas le risque de nous mettre en conflit avec 1 autre Chambre, conflit que je ne verrais pas sans une peine extrême. Le seul point auquel je m attache présentement, concerne une autre espèce de blé, d’une quantité fort peu cou-

sidérable, mais dont des circonstances particulières favoriseraient I importation, je veux parler du blé du Canada ; on travaille déjà à en faire des chargemens, et îles traites ont même été faites sur T Angleterre , dans ta persuasion que cette importation y serait autorisée. Voilà la seule proposition qu en ce moment le gouvernement croie devoir faire à cette Chambre. Ma première proposition est donc de laisser sortir librement les blés importés, d'après les principes mêmes du bill, et ensuite d'admettre rentrée, sous les mêmes restrictions, du blé du Canada qui a été embarqué sur la foi du bill.

)> Aucun de ces articles du bill ira souffert d’opposition dans la Chambre des lords, etTamendenumt qui a opéré lu rejet de ce bill, autant que je puis en juger, lia porté aucune atteinte aux dispositions dont il s’agit. En proposant de le soumettre à la considéra Lion du comité, je ne hasarde doue rien qui puisse nous mettre eu conflit avec lautre Chambre, puisqu'elle na manifesté aucune opposition aux principes que je prends pour base de ma proposition, et qu elle les a meme adoptés. Cet acte lègislutil ne serait, au reste, que temporaire de sa nature, puisque je propose de ne lui donner de durée que jusqu’au 1:"., mai de Vannée prochaine, Je le fais afin de déterminer le parlement à porter le plus promptement possible toute son attention sur un sujet que je ne puis m’empêcher de cou si-

190 htstoibe nu ministèhe dérer comme d’uue importance vitale pour le pays. Mon vœu le plus ardent est que le premier acte de la législature, dans la session prochaine, soit de reprendre eu sous-œuvre ce qui s’est fait dans la session actuelle ; 1 expérience que nous avons acquise nous fournira tous les moyens désirables pour traiter la matière à fond.

» 11 existe entre l’honorable préopiuant et moi une grande diilërence pratique ; je propose, quen cas de nécessité, une quantité limitée de blé étranger soit admise dans nos marchés. Je dis limitée, parce que je ne veux point répandre 1 alarme parmi nos agriculteurs; et voilà pourquoi je limite la quantité de blé qui pourrait être admise à celle qui se trouve présentement dans les magasins de ce pays, ou qui pourrait avoir été déjà embarquée sur la foi du bill qui avait passé dans cette Chambre. Le prix auquel je propose de l'admettre est 60 sb., et je prends pour échelle du prix comme des droits les principes qui u’ont point été contestés par la Chambre des lords ; mais je restreins l’application de ces principes, en la bornant absolument au blé qui se trouve déjà dans nos magasins, ou à celui qui a été embarqué au Canada et sur le produit duquel sont assises les irai Les reçues et acceptées d Angleterre. L’houorable préopiuant, au contraire, propose de rejeter le principe du bill adopté récemment par cette Chambre, et de regarder ce bill lui-même, comme s’il eût été en-

tièrement improuvé par fautre Chambre, eu lixant h 7ü sh, le minimum du prix auquel il serait, permis de soulager le peuple anglais du poids de la cherté du blé, par T importât ion des grains étrangers.

» La différence pratique entre l'honorable gentleman et moi est donc considérable; et j'avoue que je n'hésite pas k croire que la Chambre ne se refusera pas à adopter ma proposition, comme la seule qui aille au but, et je ne puis penser que l'honorable gentleman trouve les circonstances telles, que la mesure proposée par lui doive être non-seulement adoptée en ce moment, mais convertie en loi permanente dans notre pays. Tout ce que je demande , est que le parlement combatte un mal actuel, ou du moins prévienne un mal qui nous menace, en se réservant une pleine liberté de discussion sur l'adoption d’une loi permanente, qui, pour son bonheur autant que pour le bien de son pays, sera rendue, je l'espère, dans le cours de la session prochaine.

n 11 ne me reste donc plus qu'à réduire ma motion à ces termes :

L avis du comité est que toute espèce de blé étranger, grain, farine, présentement en magasin dans le royaume-uni, ou qui pourrait y être emmagasinée jusqu'au 1 er . juillet prochain , soit admise dans les marchés publics pour la consommation jusqu'au 1 ef - mai 1828. après avoir

192 HISTOIRE D U MINISTÈRE acquitté 1rs droits suïvans; ceux que je propose sont les mêmes qui auraient été fixés, si notre bill eût acquis force de loi* »

M. Western ayant répliqué , Ganning reprit îa parole en ces termes :

a L*honorable gentleman ma répondu, mais il ne m’a opposé qu'une seule objection* Je ne demanderai donc au comité que peu de moitié us d’une nouvelle attention. Je commencerai par répondre à une question que l'honorable membre a posée avec beaucoup demphase, comme digue, par son importance, d occuper tous les esprits. Je répliquerai donc que je regarde les intérêts de l'agriculture comme les premiers et les plus précieux auxquels cette Chambre doive prêter son appui; mais, en faisant cette dédialotion, je dois en même temps exprimer {opinion, que, dans le cours de nos débats sur le commerce des grains, le point de vue sous lequel la matière a été considérée, n’a pas toujours été celui qu'aurait exigé la garantie des intérêts mêmes que Ton prétendait servir. Quelquesunes des mesures qui ont été prises portent l'empreinte visible de Terreur. Je ne blâme point la Chambre qui a commis ces erreurs par des actes auxquels je nVi point participé ; je veux parler des opinions qui ont produit les actes de 1815 et de 182.,.

» L’efièt des mesures sur les intérêts de l'agriculture n’a que trop démontré quel en était le

vice caché. C'est encore répondra à la question de Vhonorable membre, que de lui dire que le bill envoyé à la Chambre des lords était beaucoup plus propre à atteindre le but que 1 on se proposait , et qui doit être celui de toute sage législation : non des prix trop élevés, non des prix trop bas, mais un prix a peu près fixe. Le bill dont il s agit me semblait parfaitement calculé pour mettre un terme a cette finetuatiou qui, depuis 1815, nous a fait éprouver tour à tour fexcès de l’abondance et F excès de la disette. Je crois fermement que Fadoption dune loi aussi judicieuse aurait suffi pour prévenir le retour de semblables i «convenions,

» Notre premier soin, dans la session prochaine, sera d'effectuer le bien que nous n a vons pu qu’entrevoir dans la session actuelle. Il ne me conviendrait pas d'annoncer ce qui sera fait; mais je n’hésiterai pas è dire, dès ce moment, que le principe de notre conduite sera de substituer la protection a la prohibition , en faisant du blé l’objet d'un commerce régulier, au lieu d un sujet dépreuves sans cesse renouvelées.

La prohibition et la protection peuvent être applicables au commerce des grains comme a tout autre trafic; mais, je le demande, la prohibition, dans les circonstances actuelles, pourraitelle frapper qudqu autre branche de commerce, sans être aussitôt taxée d’absurdité ? L honorable gentleman demande quelle est la tliffé-

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