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rence entre les deux principes ; elle est palpable. Le commerce marche toujours i quand il ny n point prohibition; et, sous un régime de protection, s'il lui arrive de languir, du moins il n éprouve jamais de stagnation totale*
» Mais il est temps que je réponde h la seule objection qui ait été laite contre ma proposition* Pourquoi, dit-on, au lieu d’une mesure temporaire, ne pas adopter tout de suite une mesure permanente? Ma réponse sera franche; car je ne vois pas de raisons pour tenir un langage dans cette enceinte, et en tenir un autre en dehors* Si l'on me demandait, hors de cette Chambre, pourquoi je n insiste point en faveur d’une loi permanente , je répliquerais nettement : « Parce que je crois que, dans l'autre Chambre du parlement, H existe une détermination prise de rejeter tout bill quelconque de cette nature, qui pourra lui être être envoyé* » Des applaudissement et des acclamations spontanées éclatèrent à ces derniers mots*
« Y a-t-il un seul membre de la Chambre des communes, ou un seul individu hors de cetie assemblée, qui voulut mettre la main sur sa conscience, et protester qu’il ne croit pas ce que je viens de dire? Des hommes de tous les partis et de toutes les croyances ont déclaré que leur opinion est conforme a la mienne* Quelquesuns se sont exprimés avec douleur, d'autres avec indignation et colère, mais d’autres aussi avec
un air triomphant ; toutefois je n ai pas rencontré encore deux hommes qui différassent de sentiment sur les cent trente-trois votes qu'a obtenus dans un autre lieu l'amendement qui vient d’être discuté ce soir dans la Chambre des communes : personne ne pense que ces votes aient été accordés sans aucun autre motif qu’une conviction désintéressée des effets de lamendement sur les intérêts généraux: du pays. J’en ai causé avec des personnes qui passaient dans les rues ( ici Gauning fut interrompu par de longs éclats de vive et des démonstrationsdapprobation); oui, messieurs , je le répète, qui passaient dans les rues,
» Je dois dire toutefois quelles étaient ces pei* sonnes : c’étaient des membres distingués du parlement ou de la société que je rencontrais dans la ville; et je puis affirmer que je n’en ai pas trouvé un seul qui regardât la réunion des cent trente-trois votes en faveur de famender ment de la Chambre des lords, comme produite par la seule vertu de cet amendement. Mais mon intention est-elle par ces paroles d’accuser le duc de Wellington d’être un factieux? J’ai lu la correspondance du noble duc et elle me prouve qu’il a agi d après la conviction intime qu i) rendait un éminent service a son pays. Je crois également que c’est avec une sincérité parfaite qu il a émis f opinion qu’il avait conçue de la lettre de M. Huskisson,
» Quoique mes observations générales sur les
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cent trente-trois votans ne s’appliquent pas au duc de Wellington ? je dirai que le noble duc a servi d’instrument h d’autres personnes; et c’est une peine pour moi de voir un grand homme réduit à ce rôle* Au reste, la même chose s'est vue à Tègard d’autres hommes, aussi grands que le noble duc* Je connais les moyens qui ont été mis en œuvre pour frayer le chemin à l’amendement, sans que lui-même en ait peut-être eu connaissance* On a pratiqué deux ou trois stratagèmes, sans lesquels cet amendement n eût pas vu le jour*
>ï II eût été impossible autrement de réunir Tes votes de cent trente-trois personnages si discordans en tout point. Tout homme impartial doit reconnaître que ? dès l’origine, on avait juré la ruine de notre Hll pour lui en substituer un autre; mais les choses, j’en suis certain, changeront de face dans une autre session. À moins que je ne change moi-même, je compte présenter Tan prochain un bill rédigé d’après les mêmes principes; et plaise h Dieu quil puisse encore procurer au pays tout le bien que lui aurait fait celui qui vient d’être rejeté !
» Au reste, je dois dire, avant de m’asseoir, que je n’ai aucun ressentiment contre le noble duc, mais je ne puis m’empêcher de répéter qu’une main occulte a conduit toute cette affaire* »
Le comité ayant délibéré, aussitôt que Can-
DEG.CAftftliîîG* * J *
ning eut censé de parier, deux eent trente-huit voix se déclarèrent en laveur de 1 amendement du premier ministre , et cinquante-deux pour la motion de M. Western, ce qui donna au ministre une majorité de cent quatre-vingt-six voix. Le triomphe de Ganning tut complet; il en jouit avec délices, car ce triomphe était national; il avait fait entendre à sa patrie les derniers acre ns dune voix qui allait séteindie, et ces accens étaient un dernier bienfait pour elle.
Au lieu de cet avenir, annoncé avec tant de confiance par Ganning comme devant accomplir son ouvrage, que devient aujourdhui 1 Angleterre, si itère alors du ministre qui, en consolidant sa liberté, préparait 1 allranehissement de tous les peuples? On ne peut se défendre de la plus profonde douleur, en relisant, a la fin de ce discours qui touchait de si près à la plus déplorable catastrophe, cette phrase qui pré sente une sorte de ressemblance luneste- avec ces oracles delantiquite, qui, ne parlant quen paraboles, ne devenaient intelligibles qu après 1 événement auquel ils a valent fait allusion ; « Les choses, j’en suis certain, disait Ganning, changeront de face dans une autre session ; et, à moins que je ne change moi-même , je compte présenter, Tan prochain, un bill rédigé dans les mêmes principes* » Tout est changé, en effet, dans les choses et dans les hommes : le génie.
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<J un grand ministre est descendu avec lui dans la tombe; et si, par respect pour sa mémoire y quelques voix faibles, confiantes et trompées, sëleveiU apres sa mort, pour annoncer timidement que son système politique n'ëst point abandonné j quel homme raisonnable peut partager aujourdbui une semblable confiance, et croire à la sincérité de ceux qui, pendant la trop courte durée de l'administration de Canuing, ne surent le combattre que par les armes de la ruse et du mensonge.
Le discours prononcé par Gauning dans la séance de la Chambre des communes du 18, produisit dans la Chambre des pairs un effet difficile à dépeindre. Tous les intérêts de faction qui s étaient sentis attaqués â la fois par ses paroles, se déchaînèrent avec leur violence accoutumée. On ne pardonnait au premier ministre ni l’austère franchise de langage & laquelle on 1 avait contraint, ni les vérités accusatrices que sa position lui avait fait uu devoir de révéler sur ce qui se passait dans une autre Chambre, ni le juste mépris dont son éloquence avait flétri les Otite uses manœuvres qui venaient d’être pratiquées dans la discussion des céréales. En un mot, ceux qui, conspirant dans la Chambre des pairs contre le peuple, tiraient une sorte d’orgueil de la haine qu'ils portaient à quiconque défendait ses droits, sa liberté et sou bien-être, trouvaient inusité et contraire aux convenances parlemen-
1) E G * CANNINC- 199
la ii es que leurs trames fussent hautement déjouées dans lu Chambre des commîmes, et que leurs noms Cassent livrés au ridicule public, seul châtiment que Camiing prétendit leur înlliger et qui fût digne eu effet de tant d'aveuglement, de présomption et d'ignorance des plus simples ëlémens d économie politique* La raison publique, qui reconnaissait trop bien te justesse des attaques dirigées par Catming, contre une oligarchie méprisable, il est vrai, quant au talent et au nombre, mais redoutable encore par le prestige des préjugés, ut; reconnaissait pas moins combien il était temps d'opposer a t audacieuse nullité de quelques hommes, la voix puissante et immuable de tout un peuple, hile jugea il surtout que, dans des circonstances d'une gravité aussi extraordinaire, d s agissait beaucoup moins de peser ses paroles et de les conformer au protocole de rétiquette, que de frapper juste et fort au but qu’il s'agissait d atteindre, Caiiuing qui avait enfin reconnu l'inutilité et meme le danger des méuagemens timides envers îles hommes quaucune autre considération que leur fol orgueil ne pouvait toucher, ifétait pas moins convaincu qu’une résolution ferme et invariable était désormais la seule réponse à faire à leurs reproches et le seul argument k opposera leurs objections; aussi, les observations et les prières des amis du premier ministre, ni même des personnages qui prenaient un intérêt plus naturel et plus direct à
son repos et à son bonheur , n obtinrent-elles jamais rien sur lui à cet égard ; il y répondait quelque fois sérieusement, en riait presque toujours, et ne s eu fâchait jamais. Certain qu'il remplissait un devoir sacré envers le pays et le roi, il leur aval t lait depuis long-temps le sacrifice de ses plus chères allectious, et if avait plus k leur offrir que le sacrifice, trop tôt consommé, de sa vie.
Le terme de la session approchait et les attaques dirigées contre Caoniug par la faction qui travaillait sans relâche au renversement de l'administration, prenaient tous les jours un caractère plus passionné et plus haineux* Le marquis de Londonderry, frère du feu ministre de ce nom, se fit particulièrement remarquer par la violence et 1 absurdité de ses accusations contre le premier ministre. Il 1 attaqua sur les dépenses secrètes de son département au dehors et au dedans; sur celles de sa maison, de ses meubles, etc., etc., et s'attira,de la part de lord Dudley and Ward, ministre des affaires étrangères, une réponse fâcheuse et dont il résulta pour les Chambres, T Angleterre et toute l’Europe, que le marquis de Londonderry ayant adressé au sous-secrétaire d état des affaires étrangères une lettre dans laquelle il sollicitait une pension diplomatique et cette lettre ayant été remise à Caiining qui Pavait fait passer au comte de Liverpool, alors premier lord de la trésorerie, celui-ci, étonné dune prétention aussi ridicule, s’était écrié avec dédain, en la
n E G. CANNING,
lisant, n Oh ! ceci est trop fort! » et lavait renvoyée aux affaires étrangères avec cette observation*
Dans le cours de cette discussion qu’avait provoquée le marquis de Londonderry, le ministre de la guerre prouva « combien il était peu raisonnable d’accuser Gauning de prodigalité; puisque, pendant les trente années qu'il avait consacrées au service de son pays, il n'avait pas touché au delà de 70,000 liv* st, ? tandis que ce même lord Londonderry, auquel il convenait moins qua personne délever de semblables accusations , avait reçu 160,000 Hv. st« eu moins de dix années, pour les fonctions qu’il pouvait avoir remplies. » Le ministre ajoutait a que cet exposé fidèle mettait la Chambre à portée de juger quels services avaient été mieux récompensés. »
La publicité donnée à l’anecdote que nous venons de rapporter et dans laquelle figure ctune manière si peu avantageuse le marquis de Londonderry , avait peu flatté , comme on peut le croire, les membres de la Chambre des pairs dont elle avait mis a découvert les passions intéressées et les vils ressenti mens* Elle devint une des principales causes du redoublement de haine que le marquis de Londonderry ressentait dans ces derniers temps contré Canning ; et sous ce rapport, il faut la considérer comme un document historique assez important, en ce qu’il met tout homme de bonne loi en
état de prononcer sur le caractère moral d'un des ennemis les plus acharnés du premier ministre.
Enfin , dans les derniers jours de juin } un nouveau projet de loi , relatif aux céréales , fut adopté par le parlement. Ce projet, qui ne s’étendait qu’aux céréales en entrepôt, avait surtout pour but de rendre moins inquiétantes les conséquences du rejet fait par la Chambre des pairs, du premier projet présenté par Canning. Quoique ce second projet fut loin de remplir les intentions du premier ministre, les circonstances étaient si pressantes, et grâce à l'opiniâtreté sordide de quelques pairs, le ternpsqui restait jusqu’à la clôture de la session, si court, que, dans l'impossibilité eFobtenir mieux, Canning & estima fort heureux d’avoirobtenu son adoption. Au total, toutes qui se passa dans cette session, fut fort peu honorable pour la Chambre des pairs, qui, depuis long-temps, et en haine d’un seul homme, ne s était jamais montrée moins nationale.
Cependant Canning poursuivait avec inflexibilité l'exécution deses plans économiques, malgré les ennemis nouveaux et puissans que cette résolution allait lui susciter. Peu touché de ces considérations dont il lie se dissimulait cependant pas l’importance quanta sa tranquillité personnelle, il s'affermit de plus en plus dans Pinteution de là ired’utiles retranche! nens partout où il trouverait des abus. Il adressa, dans ce dessein, aux chefs des diverses administrations, des circulaires par
DK G . CASSING.
lesquelles il leur demandait fétat le plus circonstancié de leurs dépenses , et leurs avis sur les réductions qui pourraient y être laites. Comme il ne voulait pas se borner h ces économies subalternes, et qu’il ne cachait pas que, sans égard pour les protecteurs puissans et en laveur, sa fermé volonté était de remonter plus haut, l’alarme se répandit parmi ceux qui se crurent menacés, et plusieurs des plus influons ne manquèrent pas de se réunir, sous diverses prétextes, a la coalition des nombreux ennemis qu’il s’était déjà faits. Lavis lui en fut donné, mais il nen tint aucun compte; sa vie était dévouée.
La session du parlement lut terminée le 2 juillet 1837. L’Angleterre était alors, sous le rapport politique, à l’égard des puissances du continent et relativement à l’état où lavait laissée' feu le marquis de Londünderry, remontée au plus haut degré de puissance et de considération au dehors, mais travaillée au dedans par une faction ennemie du peuple qui menaçait ses libertés * taisait, par ignorance ou par calcul, naître une disette factice, et ne cessait dopposer une opiniâtre et coupable résistance aux améliorations réclamées le plus vivement par 1 intérêt public. L’Angleterre avait encore a lutter contre les suites d’une crise commerciale presque sans exemple, causée par les entreprises inconsidérément hasardées de ses armateurs et de ses négocians, lesquelles avaient, dans la métro-
pôle, clans les provinces et dans les comptoirs britanniques des deux mondes, porté une Forte atteinte au crédit national, et menacé toutes les places du pays d’une subversion presque totale. La sagesse de Canning s était attachée à rendre moins funestes les conséquences de cette crise épouvantablej qu’il avait été dans 1 impuissance de prévenir, sans enchaîner la liberté des opérations commerciales , ce qui, dans un état tel que 1 Angleterre * équivalait à une impossibilité absolue. Au milieu de ce bouleversement qui compromettait J existence de toutes les fortunes particulières et réagissait violemment sur l’état, tous les grands intérêts politiques extérieurs et intérieurs marchaient lentement, il est vrai, mais d’un pas ferme, assuré et qu’aucune intrigue diplomatique ou de cabinet ne pouvait plus faire dévier, vers le but que leur avait assigné le premier ministre de la Grande-Bretagne.
Pendant que Canning, en réconciliant ainsi tous les peuples avec la politique du cabinet de Saint- James, relevait l’Angleterre de Féjtat d’humiliation et d’asservissement aux volontés de Falliance du Nord, où lavait retenue son prédécesseur, et commençait, en quelque sorte, une ère nouvelle, comme chef du ministère, au milieu des acclamations des peuples encore soumis au despotisme ; pendant que ceux-ci, Fœîl fixé sur la noble bannière de la Grande-Bretagne, attendaient d elle cette liberté politique et religieuse que la
voix de Cauning leur avait annouçée eu sou nom ? les obstacles qui s opposaient encore en Europe et sur le reste de Va terre civilisée a fexécution progressive des vastes projets conçus par le premier jninistrebritan nique pour 1 honneur de sa patrie et l’affranchissement du genre humain , cédaient insensiblement h 1 ascendant lout-piiis-
sant de la raison et de la vérité, qui semblaient avoir choisi G. Ganning pour leur servir doigane auprès des peuples et des rois, La confiance renaissait parmi les infortunés catholiques d’Irlande. L’héroïque Grèce, divisée par les factions quavait suscitées dans son propre sein la haine des cabinets chrétiens pour la liberté, ravagée par les barbares, mais bien informée <h ce que Ganning avait déjà lait pour elle et de u qui se passait maintenant dans le cabinet britannique, n attendait plus sa délivrance que de l'Angleterre. Les républiques américaines, en paix avec la Grande-Bretagne et liées a elle par des traités politiques et commerciaux, bénissaient le grand homme qui, après les avoir soustraites à latyraniiie espagnole, les avait élevées au rang de nations indépendantes. L apos tolicisme et l’absolutisme, frappés au eœm m Espagne, en France et en Portugal, pal h s teui blés révélations qui, sorties de la bouche de Ganning, avaient retenti, de la tribune bidan nique jusqu’aux extrémités de 1 Europe, vo\ ai< n L avec effroi s’avancer les jours de la raison cl de la
206 HISTOIRE nu MINISTÈRE philosophie; en un mot, le cabinet du premier ministre était devenu le centre auquel aboutissaient, de tous les points de la terre, les vœux, les espérances et- les bénédictions du genre humain. Dans les premiers jours de juillet, Canning sujet à des indispositions fréquentés , éprouva quelques ins ta ns d un malaise assez vif qui ne lui parut pas mériter une attention sérieuse, Livré d ailleurs a une grande préoccupation qui lui permettait à peine de songer au soin de sa santé, il était au moment de réaliser l une de ses plus grandes pensées,^celle qui 1*occupait depuis longtemps et de prédilection : à 1 accomplissement de laquelle se rattachaient les souvenirs de sa première jeunesse et de son âge mûr: que d’interminables difficultés, élevées presque toutes par I Autriche, avaient fait ajourner jusqu’à ce moment; et dont, encore peu de jours auparavant, de nouveaux obstacles, venant du même côté, avaient été sur le point de suspendre la conclu* sîon et peut-être de 1 ajourner indéfiniment.
Il s agit en effet de l une des transactions les plus importantes de ce grand ministère et du dernier acte de (a vie politique de G. Canning; de ce traité du 6 juillet, qui,destiné à arracher les débris d un peuple héroïque à la destruction , ne i emplira que bien imparfaitement, sans doute, le but sublime dans lequel il fut conçu, maintenant que son exécution est confiée à des mains ennemies.
Traité pour la pacification de la Grèce \
cS. M, le roi du royaume-uni de la Grande- Bretagne et d'Irlande* S* M, le roi de France et de Navarre* et S. M* Vempereur de toutes les Russiés, pénétrés de la nécessité de mettre fin à la lutte sanglante qui, en livrant 1rs provinces grecques et les îles fie l'Archipel h tous les désordres de l'anarchie, apporte journellement de nouveaux empêcbemeus au commerce des états européens, et donne lieu i\ des actes de piraterie qui, non-seulement exposent les sujets des hautes parties contractantes à des pertes considérables , mais en outre rendent nécessaires d'onéreuses mesures de protection et de répression; S, M* le roi du royaume-uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande et S. M. le roi de France et de Navarre ayant, en outre, reçu de la part delà Grèce une pressante requête d'interposer leur médiation auprès de la Porte Ottomane, et étant , aussi bien que S* M. l'empereur de Russie, animés du désir de faire cesser FefTusion du sang et d’arrêter le cours des maux de tous genres qui pourraient naître de la continuation d’un tel état de choses,
i Ce traité se lie d'une manière intime au récit des faits.
ont résolu d'unir leurs efforts et de régler, par un traité formel, le mode de leur intervention, dont fobjet est de rétablir la paix entre les parties belligérantes , au moyen d un arrangement que réclament également l'intérêt de flminanité et le besoin de la conservation du repos en Europe;
En conséquence, elles ont nommé leurs ministres plénipotentiaires pour discuter, conclure et signer le présent traité, savoir :
» S. M, le roi du royaume-uni de la Grande- Bretagne et d’Irlande , le très-honorable William vicomte Dudley, pair du royaume-uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande , et premier sccrétaire-d ! état pour les affaires étrangères ;
v S. M, le roi de France et de Navarre, le prince Jules de Polignac, pair de France, etc., et son ambassadeur près de S, M. B. ;
» Et S, M, l'empereur de toutes les Russies, Christophe prince de Lieven , général d’infan terie dans les armées de S, M. I., son ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire près de S. M. B. ;
» Lesquels, s'étant donné communication de leurs pleins-pouvoirs, et les ayant trouvés en bonne et due forme, sont tombés d'accord sur les articles suivans ;
» Art, i #r . Les hautes puissances contractantes offriront a la Porte Ottomane leur médiation, dans le but de ménager une réconciliation entre celle puissance et les Grecs.