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sons nouvelles pour n f ètre pas considérés comme appartenant en quelque sorte à fbistoire de ce ministère , qui, bien que sa durée n’ait été que de quelques instans , occupera néanmoins une si grande place dans la postérité*
On a vu , dans le cours de Cet ouvrage, quels sont les points sur lesquels se rapprochent et se séparent la politique de TAngleterre et celle de la France; il s agit maintenant de savoir jusqu’où les changemerts récemment opérés dans les deux cabinets, en supposant, contre toute apparence , quelque stabilité a Inorganisation actuelle de ces cabinets, modifieront et dénatureront peut-être leur système de politique extérieure ; de rechercher en même temps quelles sont les causes qui viennent de renverser, dans la Grande-Bretagne, faduimistratioii qui avait hérité des nobles desseins de George Canning, sans hériter, toutefois, de ses talens, de son génie, et d’une force de caractère qui triomphait de tous les obstacles; dexaminer, enfin, quel degré de confiance il est permis d accorder aux assertions, faites de bonne foi, sans doute, et dans un esprit de conviction que nous voudrions pouvoir partager, par quelques-unes des personnes très-honorables qui font partie de la nouvelle administration, «querien ne sera changé dans le système extérieur et intérieur delà Grande-Bretagne* » Nous désirons que ces personnes ne soient pas dupes elles-mêmes des illusions qu elles sont
portées à se faire , dans l’intérêt de leur pays; mais il semble qu’un peu d examen, de réflexion et de mémoire suffit pour s’en défendre.
Qui ne se rappelle* en effet, que le due de Wellington a formé, en avril 1827, cette opposition violente et soutenue à la nomination de Canning au premier ministère? Qui ne se rappelle cette correspondance si franche de la part de Canning, si malveillante de la part du noble duc? Qui ne se rappelle cette démission des fonctions de commandant en chef de Farinée britannique, donnée avec tant d amertume, en haine d un seul homme? Qui ne se rappelle cette résistance irréfléchie, apportée dans la Chambre des pairs , aux plans salutaires présentés par Canning et M. Huskisson, relativement aux céréales? Qui ne se rappelle, enfin , ce trop fameux amendement introduit par le noble duc, et dont le but était de détruire la loi elle-même? II est vrai, quentraîné à toutes ces démarches par les inimitiés personnelles de quelques hommes, trop déconsidérés dans Fopinioo publique pour combattre en leur propre nom le ministre qui jouissait de la confiance nationale, le duc deW cîlington sembla reconnaître plus tard qu’il avait été 1 instrument d'une méprisable intrigue , et désavoua son propre amendement; mais comme scïs amis s en emparèrent aussitôt, il fut permis de croire que tout ce qui s’était passé n avait été qu un jeu concerté d’a-
vaoce. D■ailleurs, ceux qui ont vécu dans Fintiinité de Canning, n’ignorent point que, dans les derniers mois de sa vie, il regardait le due de Wellington comme 1 ennemi le plus déclaré du système politique, militaire 1 et commercial, qu’il avait embrassé aux acclamations de I Angleterre, et des principes qui conciliaient à ce grand ministre le respect, IV mour et la reconnaissance des nations.
Si a toutes ces circonstances, qui ne laissent point de doute sur les senti mens que porte le chef actuel du ministère britannique au système légué par Canning à ses successeurs et garanti par les promesses du monarque, ou ajoute 1 importante déclaration consignée dans les premiers jours de février 1828 , dans le Moming Ckroniclài par Fancien rédacteur du journal ministériel anglais, The Courier [ M. Mudfort), de laquelle il résulte « qu’il a été signifié à ce rédacteur, au nom des personnes qui $ étaient trouvées offensées des sentimens de respect et de dévouement quil avait exprimés à l’égard de Canning, dans la feuille dont la rédaction lui avait été confiée, que l’écrivain qui avait fait Téloge des principes et de la politique du premier ministre défunt, ne pouvait pas continuer à rédiger désormais une feuille attachée au gouvernement » nous demandons, sans autre motif
1 On sait que Canning faisait entrer la réduction de 1 état militaire dans ses projetsd'économie et de réforme.
que de connaître la vérité, quelle personne avait droit de s'exprimer ainsi, si ce n’est le nouveau chef du gouvernement? Ce point constaté, que deviennent, a coté de faits aussi positifs , aussi notoires, et qui portent avec eux un caractère de conviction aussi accablant, les attestations tout à la ibis officielles et officieuses de quelques personnages, très-honorables sans doute, mais dont fa position actuelle et ht présence dans le nouveau conseil britannique infirment nécessairement le témoignage ?
Qui croire, en effet, ou de l'honorable M. IIuskisson ou de Vestimaide M* Mudfort? Et quel moyen y a-t-il de les croire tous deux? S'il est vrai que le chef actuel du ministère britannique soit aussi convaincu aujourd'hui de l'extrême utilité de la législation sur les céréales présentée par Canning et M* Uuskisson , qu'il 1 était il y a quelques mois, avec le marquis de Londonderry et quelques autres , de l'extrême danger de cette même législation, en quelles débiles mains est donc tombée lad mi nistra lion britannique? IN y aurait-il pas un véritable délire a croire à la franchise , a la stabilité dan ministère, dont le chef, ne pouvant ignorer que rattachement à ses principes, a sa doctrine et è ses amis, est la première des qualités de l'homme detat, doit, pour être devenu digue de l'estime et de la confiance de lu nation, avoir abjuré ces mêmes principes, ces mêmes doctrines et ces mêmes avais, sur lesquels il s'appuyait naguères! Alternative mal-
heureuse, et dont il semble aussi difficile qu'iuvraisemblable que le duc de Wellington puisse sortir avec honneur, puisqu’elle le place dans une position telle, que, ne voulant plus aujourd’hui ce qu'il voulait il y a huit mois, il donne une preuve évidente de son peu de lumières ainsi que de la faiblesse et de Fincousi s tance de sou caractère; et que, restant fidèle à ses anciennes doctrines, il se met en opposition avec la moitié de l'administra tion dont il est le chef, et avec Y opinion commerciale de toute fAngleterre. En effet, cest un point bien reconnu aujourd'hui, que cette opinion est unanimement prononcée contre les prétentions aristocratiques de quelques possesseurs d'immenses propriétés, lesquels, votant constamment dans un intérêt qui leur est exclusivement personnel, amassent d’horribles tempêtes sur leur pays, et préparent è leurs enfants, et peut-être à euxmêmes, le plus effrayant avenir.
Ainsi donc, même médiocrité, même impuissance de faire le bien dans les deux ministères, et, h Fexception peut-être de deux ou trois de leurs membres, auxquels une puissance supérieure ne permettra pas de suivre leur propre impulsion, même faiblesse, même condescendance a souscrire Sr tout ce qui sera exigé d eux. Disons mieux, dans Fêtat des affaires des deux pays, il est impossible que les choses soient autrement; car Finfluence que le clergé anglican et