ETE DONNÉ LE 2 AVRIL 1816, PAR LES NÉGOCIAIS ANGLAIS
résidais a Lisbonne, a l’instant de son départ du Portugal*
« Jfi suis vivement touché, Messieurs, de l'honneur que me fait cette réunion, et je suis extrêmement flatté des sentimens auxquels vous avez bien voulu attacher mon nom,
» L'avantage d’avoir été un disciple de Pitt, et celui d’avoir pris part à ces conseils où fut décidée la lutte pour le saint du Portugal , sont les deux circonstances de ma vie politique, sur lesquelles je reporte mes regards
avec le plus d’orgue il et de satisfaction*
i> C'est un sujet d'orgueil pour moi d avoir été imbu des principes de Pilt, et une satisfaction de recevoir Votre témoignage de la juste application de ces principes
aux mesures par lesquelles ce pays a été sauvé ; priircipes dont le caractère distinctif était * au dedans, d’armer for dre et L'Industrie comme la vraie source de la richesse , du commerce et de la puissance nationale ; au dehors j de considérer la paix, la puissance et le salut de la Grande-Bretagne,comme liés à la sûreté des autres nations.
» G 1 est de ce système politique intérieur et extérieur que la Grande-Bretagne a tiré ses moyens, et s T est imposé l'obligation de soutenir la longue lutte avec la France qui précéda la guerre de la Péninsule,
u Conformément h cette politique, ceux qui avaient la direction des conseils de L'Angleterre , au moment où. la main avide de la France était étendue pour saisir la couronne et les libertés du Portugal, n'hésitèrent pas à voler u son secours; le bon sens, les seutimens et la générosité de* la nation anglaise secondèrent le gouverne ment dans cette entreprise. Mais on qualifia d'enthousiastes présomptueux et visionnaires , je m'en souviens fort bien, ceux qui pensaient que, de la lutte en faveur du Portugal, pourrait naître la délivrance de T Europe. Je fus du nombre de ees enthousiastes, et je fais toujours profession d'en être. Je fis cet aveu même dans des temps ou cette lutte était la plus douteuse, et regardée par plusieurs comme désespérée,
» Jt est vrai que l'horizon se couvrit par momens de sombres nuages; mais, même à travers ces nuages et cette obscurité , je voyais, ou je me flattais de voir, un rayon de lumière qui promettait de percer les ténèbres, et qui pourrait par la suite éclairer toutes les dations.
» Ce n ? est pas h l'époque et au lieu où nous sommes que je suis arpelé à justifier ces espérances contre l'imputation de folie. Soit comme une conséquence juste et natureHè de la persévérance dans la bonne cause , soit par la faveur spéciale de la Providence , il est de fait
que c'est de ce coin de l’Europe que partit cette impulsion, par laquelle les états les plus puissaus furent rendus à la liberté ; il est de fait que c'est dans ce sol stérile et ingrat que fut déposé le germe de cette sécurité dont les rameaux ombragent maintenant le genre humain. Ces souvenirs et ces rapprochement répandent sur le pays où nous nous trouvons rassemblés un vif et puissant intérêt, et même aux yeux de l'observateur le plus indifférent. Pour moi, je ne puis voir cette Cité où, pendant plusieurs mois d'horreur et d’anxiété, furent renfermées les espérances de l’Europe, tremblante sur lotir sort j je ne pourrais traverser ces lignes de rochers , ouvrages de la nature r qui défendent cette capitale * ces boulevarts derrière lesquels la victoire elle-même se retira aiïn de garnir ses ailes de nouvelles plumes pour prendre sou essor plus hardi et plus soutenu ; je ne pourrais contempler ces ruines sacrées, an milieu desquelles j'ai erré, où une curiosité légitime nous arrête, pour s’informer si la dévastation qui l'entoure a été l’ouvrage d'anciennes convulsions de la nature ou des jeux sacrilèges et de la barbarie de l'ennemi: je ne puis voir les traces de la désolation et de la soulfrance parmi les habit an s de ce pays, sans rendre un juste hommage au caractère d’une nation qui, par tout ce qu’elle a fait, et plus encore par tout ce quelle a souffert, s est élevee l\ un degré de hauteur morale tellement au-dessus de la proportion de f étendue de son territoire, de sa population et de sa puissance ; je ne puis, dis-je, considérer toutes ces choses, sans bénir cette sage et bienfaLsantc politique qui porta l'Angleterre a voler avec un empressement si légitime au secours d une pareille nation , à réveiller son énergie, à ménager ses ressources, à soutenir et animer sa constance invincible, et, apres que la délivrance eut été consommée t à marcher a sa tête à la poursuite de son oppresseur.
„ Avoir combattu ensemble dans une telje cause ; avoir mêlé nos bannières et notre sang dans des batailles d un si grand intérêt , et conduisant a de tels résultats t sont des faits qui doivent cimenter une union éternelle entre les nations anglaise et portugaise.
« Vous observerez , Messieurs, que j’ai soin d é tablir le principe de notre union et de nos droits les uns sur les autres eu termes, non de comparaison , mais de parfaite égalité, et je îe fais avec sincérité, parce que je crois cette chose juste; je pourrais le faire par politique, même, si je n’en reconnaissais pas la j ustice,
» Le Portugal n’aurait pas été sauvé sans l'Angleterre , ce point est certain ; mais le Portugal lut pour l'Angleterre un instrumen t puissant pour la tâche difficile que T Angleterre avait à remplir,
» Nous apportâmes ici les conseils, les armes, la discipline et la valeur anglaises \ nous trouvâmes ici des cœurs de bonne volonté et des mains actives , un gouvernement confiant, un peuple brave et sachant souffrir, docile aux circonstances, fidèle à s’y conformer, patient dans les privations , que nui revers ne pouvait abattre t que nul succès ne pouvait enivrer. Les armes de 1*Angleterre furent le levier qui renversa la puissance de Bonaparte de sa base ; le Portugal fut le point tfappui sur lequel s’appuya ce levier, L Angleterre souffla et lança le feu sacré ; mais le Portugal avait déjà élèvd l'autel sur lequel ce feu fut allumé, et d'où il s’éleva en augmentant d’éclat, et s’étendant jusqu’à ce que le monde fiât illuminé de sa flamme,
u J’ai dit que, même par des motifs politiques, je voulais établir une balance aussi égale que possible entre le Portugal et l’Angleterre, Il existe un principe de désunion dans les assoeiatioos inégales. L’active bienfaisance est une vertu d’une pratique plus aisée que Toubib Je ne sais en effet si c’est un acte plus grand
et plus difficile (le magnanimité pour un parti, d'agir comme s’il avait oublie l'obligation qu'il a pour l’autre, que comme s’il s’en souvenait sans cesse.
» Du côté delà Grande-Bretagne, rappelons-nous que les sentïmens auxquels nous nous adressions en Portugal étaient ceux de l’orgueil et de l’in dépendance nationale. Si ces sentimens se trouvèrent à la hauteur delà circonstance, pourquoi s’étonner ou regretter qu'ils lui aient survécu? Il est naturel de s’attendre qu'ayant achevé de renverser ses ennemis, le génie de la nation ait quelque chose de plus fier et de plus libre dans sa démarche, même envers ses amis. Nous n'avons aucun droit d'en être méconlcnsj il ne serait ni juste ni convenable de notre part d'agir ainsi. Nous devons res* pecter, même dans dans ses excès, une indépendance que nous avons soutenue, et pardonner meme les écarts d'une ardeur que nous avons excitée. D'un autre côté, je dirais au Portugal qu'il n'y a aucune humiliation dans le sentiment de la reconnaissance nationale; que témoigner sa gratitude, c'est a la fois contracter une obligation et s'acquitter, cl recouvrer son égalité par le juste aveu qu'il n'y a aucun motif de jalousie, soit commerciale, soit politique, entre le Portugal et la Grande-Bretagne; que le monde est assez vaste pour le commerce anglais et portugais, et que la Grande- Bretagne, tandis qu'elle n'a jamais manqué a son allié dans le temps du besoin, ne cherche d’autre récompense pour tous ses efforts, pour tous ses sacrifices, qu'une confiance mutuelle et une prospérité commune. Je suis sûr que je serai bien compris de tous ceux devant qui je parle , non seulement quant au sens de mes parôles, mais encore quant à mes motifs. La délicatesse de la position où se trouve placé le gouvernement local de ce royaume , le poids de sa responsabilité , et Tanxiclc qui, comme j’en ai été témoin, doit nécessairementLnccontpa*
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g oer> lui donnent droit à une considération particulière. Je ne crains aucunement qu'il désavoue 1 assurance que je vous donne de ses dispositions amicales envers cette assemblée ; ainsi, Messieurs, dans la confiance que vous l’accueillem. cordialement, et que cette cordialité sera appréciée et payée d’un juste retour, j'ose vous proposer la santé de leurs excellences les gouvernemeus des deux royaumes, »