EXTRAIT
Pe LA NOTE RAR LAQUELLE LE MARQUIS DE PaLMELLA, AMBASSADEUR UE PORTUGAL A LONDRES, RECLAME, EN CONFORMITE DES TRAITES EXISTAIS f LES SECOURS DE
l Angleterre , contre [/invasion a main armée des
FROHTfÈRES DU PORTUGAL , OPEREE FAR LES ÉMIGRES PORTUGAIS APPUYÉS PaR L ESPAGNE.
.« Le gouvernement briianoique a adopte le principe f et S. Exc. M, Cannmg I P a publiquement annoncé dans une occasion récente )"de ne jamais s’immiscer dans les discordes des autres pays. Ce principe pourrait se trouver en contradiction avec quelques stipulations des anciens traités; maïs évitant pour le présent toute discussion de cette question, le soussigné est persuade qu’il peut démontrer que l’Espagne commet maintenant des actes hostiles contre le Portugal, et que ces actes sont assez flagrans pour constituer une agression réelle. U affirmera de plus, que quand meme on voudrait ne pas tenir compte de ces provocations et porter la modération aussi loin qu’elle jftut être portée , comme Je gouvernement portugais le fait ( par le désir de la paix et par respect pour le vœu de toutes les autres puissances), il n’y aurait encore en cela rien qui prouvât que S. M. B. ne devrait pas envoyer, par précaution, et afin de prévenir la guerre, un corps de troupes auxiliaires au Portugal; car, au fait, si la guerre n’existe pas maintenant.
on ne peut pas se dissimuler que les chances de la voir éclater ne soient au moins que trop probables*
w Maïs S* ML B* reconnaîtra sans doute que la tôle* rance que Ion oppose à l’agression et aux insultes, doit avoir de justes bornes -, et que l'existence des états et Phonneur national exigent que ces limites ne soient pas dépassées. Maintenant, de que) droit une autre puissance européenne pourrait-elle blâmer et encore moins supposer au séjour temporaire d’un corps de troupes anglaises en Portugal, dont k but avoué sérail: d’y main tenir la paix ? De plus, il est évident qu'une telle assistance \ étant stipulée par des traités antérieurs, ne doit pas (d’après les principes du droit des nations) placer l’Angleterre en état d'hostilité avec les ennemis du Portugal, quand bien même ses troupes seraient forcées de concourir â la défense (le ce royaume. L'histoire moderne de l’Europe offre plus d’une preuve de cette assertion et plus particulièrement dans ce qui est relatif aux états composant primitivement t'empire germanique, qui étaient considérés comme en état de paix ks uns avec les autres, quoiqu’ils fussent obligés de fournir leur contingent pour l’armée de l’empire*
» Il y a des preuves sans nombre de l’animosité du gouver nement espagnol contre celui de Portugal, et des actes hostiles commis par les autorités espagnoles, soit d’elies-mêmes, soit avec la sanction de leur gouvernement.
» Le soussigné se bornera à récapituler les faits sui* vans .
« 1 a * La cour d’Espagne refuse encore de reconnaître explicitement S. M. le roi de Portugal bom me successeur de son auguste père, S. À. TV* l'Infante Doua fsabetla Maria comme régente du royaume.
» 2°* Les réfugiés et déserteurs portugais ont été fort bien reçus en Espagne * où on leur a permis de rester en
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corps, de conserver leurs armes, et de prêter publiquement un serment de fidélité à uu autre prince; et enfin on a souffert qu’ils rentrassent en Portugal, en armes;
» 3", Aucune des promesses par lesquelles le cabinet de Madrid s est engage à redresser les torts susdits n’a été remplie.
» ¥. Le gouvernement et les autres autorités de la ville d’Àyamonte ont entretenu une correspondance officielle avec les révoltés portugais des Algarves.
* 5°. Bes soldats espagnols sont entrés sur les territoires portugais et y ont commis des actes d’agression, et entre autres il faut compter des actes de spoliation exercés envers des sujets anglais*
w 6°, Des coups de feu de la rive espagnole du Min ho , qui partage les deux pays, ont été dirigés contre des navires qui naviguaient paisible meme nt sur cette rivière,
** Tous ces faits sont prouvés par des documens authentiques , qui ont été communiqués à F ambassadeur de S, M. B. a Lisbonne , et le soussigné se borne a joindre la présente note des extraits de deux dépêches qu’il a reçues de S. Exe- le ministre des affaires étrangères de S. M* T. F, qui donnent en peu de mots l’idée de Fêtât de nos relations avec l'Espagne.
» Telles sont les provocations que le Portugal a éprouvées de la part du gouvernement espagnol, et quels reproches ce gouvernement pourrait-il, de son côté, adresser h la nation portugaise ?
w Est-ce qu'on lui fera un reproche d’avoir reconnu pom 1 son souverain légitime, d’après les désirs de toute FEurope, le lils aîné du leu roi ? Est-ce qu’on lui fera un reproche d'avoir reçu avec reconnaissance la charte accordée librement par ce souverain , et qui ne fait que rétablir les anciens droits et privilèges de la nation P
” Est-ce qu’on lui reprochera d’avoir essayé de réfor-
JUSTIFICATIVES* ffl9
mer sou administration intérieure, d’avoir observe avec une Donne foi scrupuleuse tout ce qu’on doit au gouvernement d’uu état voisin, et de n avoir pas employé contre lui les armes qu’il emploie lui-même contre les autres ?
« Los faits parlent ici assez haut ; toute V Europe ne manquera pas d’en reconnaître la vérité , et le gouvernement britannique doit à la bonne foi des traités,' a l’amour de lapais, à son propre honneur, et à l’intérêt que le sort du Portugal ne peut manquer d’exciter en Angleterre* de prendre des mesures promptes et décisives pour éloigner de son allié tout danger d'attaque étrangère, et pour terminer un état de choses qui doit conduire nécessairement à une crise violente„ si Ton n’y intervient pas à temps.
w Le soussigné ajoutera quelques observations par rapport au principe de non-intervention dans les affaires intérieures des autres états adopté par l’Angleterre.
» Ce principe , dans le cas où il serait observé littéralement , et dans le cas ou la guerre avec l’Espagne ne serait censée existante que quand l’armée espagnole aurait envahi le territoire portugais, indiquerait aux ennemis du Portugal un moyen facile d’exécuter leurs projets, putsqu’alors ils pourraient exciter impunément lus soldats portugais à déserter, les réunir en corps sur les frontières, et commettre enfin toutes sortes d’hostilités, pourvu que ces hostilités ne fussent pas avouées, et le Portugal serait ainsi placé entre un ennemi auquel il serait permis d’avoir recours aux moyens les plus perfides pour lui faire tort, et un allié à qui il serait détendu de lui prêter des secours.
>* D’ailleurs, ou ne peut admettre que dans cette circonstance t) existe en Portugal une véritable division dans les intérêts et les opinions.
« La nation portugaise, représentée par les deux chambres , dans lesquelles sont réunis le clergé et la noblesse,
agit d'accord avec le souverain, et poursuit avec mode' ration la voie tracée par la volonté spontanée du roi, i» Les partis qui agitent ee pays , conduits par des hommes qu'on peut regarder connue déshonorant leur pays, ont osé proclamer roi un jeune prince qui f étant légitimement appelé à partager un jour le trône, a donné, en attendant, par des sennens et d’autres actes solennels . des garanties satisfaisantes de sa üdélité et de son dévouement aux autres ordres de son auguste frère, et dément ainsi l'usage qu’on a fait de sou nom. Cependant quelle que soit i opinion ou les désirs manifestés par la majorité de la nation portugaise, il u*est pas impossible que les étrangers en employant des moyens de séduction et d’intrigue, ne pussent réussir à soulever farinée, et a produire une révolution totale dans le Portugal»
n Le soussigné termine cette note comme il la commencée , en réclamant au nom de S» A. IL lin fan te régente l’appui et les secours de S, M. II. » en cou foi-mité avec les traités actuels.
» Il saisit cette occasion pour répétera S. Exe. M. Canning les assurances de sa haute considération*
» Signé t le marquis de Pvümeu.a.
* Londres» 4 décembre. >
J r S TI FIC AT1V E S -