‹ Histoire du ministère de G. CanningChapitre 33 sur 36 · MANIFESTE DE LA PORTE-OTTOMANE · texte numérisé non relu

MANIFESTE DE LA PORTE-OTTOMANE

La pièce quon va lire a été remise tes 9 et 10 juin 1827, par le Rcis Effendi, ain drogmaos des légations Française. Russe, Anglaise, Autrichienne et Prussienne, à Constantinople, On peut la regarder comme te commentaire de fout ce que ? Observateur autrichien * rédigé par le secrétaire particulier du prince de Metternieh . ût cesse d ' imprimer, depuis si* ans , contre la Grèce, il n’y aurait donc pas lieu de s’étonner qtdeïle eût été, ou envoyée toute faite , de Vienne à Constantinople, ou rédigée dans cette dernière ville par !‘in ter nonce autrichien, Eiîe inspira la plus vive indignation à Génning, lorsqu'elle lut transmise k ce ministre ; et nous pensons tpie M, de Mettcruich en sait quelque chose, Pcrsonne, après avoir lu ce document 7 ne s’étonnera plus que l’Autriche n’ait pas accédé a l’acte d’intervention* En se rappelant que c’est les 9 et lü juin qu'il a été remis au* ambassadeurs ^ qu’il a fallu 15 jours au m oingav an t qu'il fût parvenu à Londres, et que 15 autres jours ont été nécessaires pour que les deux ambassadeurs de France et de Russie se soient entendus entre eu* et avec lord Dudley and VVard , secrétaire d’état des a liai res étrangères de la Grande - Bretagne > on verra que Canniug n’avait pas perdu un moment pour répondre, pat It traité

du 6 juillet j. h ce manifeste t qu’il n’a jamais considéré autrement que comme L'œuvre immédiate de M. de Mettermçh. Une phrase de cet étrange document, passablement insultante pour les trois puissan ces alliées, parmi beaucoup d’autres qui ne le sont guère moins et qui, par malheur, portent sur des faits trop fondés 1 , dénote surtout son origine : en parlant de F intervention de ces puissances, le rédacteur , turc ou autrichien comme on voudra T s’exprime en ces termes : «Tous les efforts de la sublime Porte iront qu’un but, c’est le rétablissement de la tranquillité générale * taudis que l'intervention étrangère ne peut tendre qu'à prolonger la rébellion, n Qu'aurait dit de mieux le prince de Metternicb et son digne allié le duc de Wellington, qui, premier ministre d’Angleterre , déplore en termes si amers la sinistre victoire remportée h Navarin par l'escadre britannique , réunie a celles de France et de Russie 1 OCanning , n’as-tu pas frémi d’indignation dam ta tombe, en entendant les regrets sacrilèges de ton implacable ennemi ? Est-ce donc ainsi que tu parlais des triomphes de ta patrie ? Mais qu est un marin tel que Codrington, Felève, Famietie digne successeur de Nelson, aux yeux de l’heureux vainqueur de Waterloo! ......

1 Ceci s’applique aux dédaratious faites par les puissances réunies au émigrés de Vérone qui s ouvrit le 20 octobre 1^22- En détestant le principe d'apres lequel la Porte se croit autorisée a l'extermination des Grecs insurgés contre elle, nous ne pou* vous nous dispenser de reconnaître que F inconséquence » la contradiction et la mauvaise toi ne sont pas de sou cdté, car elle a toujours agi selon les principes posés par elle* et approuvés alors 1 par les puissances alliées. An reste , ce reproché ne peut nullement atteindre Ganuing , qui, entré au ministère seulement depuis un mois, lorsque le congrès commença, ne pouvait s'écarter brusquement de la politique de son prédécesseur, sans s'exposer h rompre Fétat de paix qu’il était alors si nécessaire à F Angleterre de maintenir.

t* Pour tout homme doué d'intelligence et de pénétration , il est évident que» conformément aux décrets de la divine Providence, l'état florissant île ce monde esi du à Ja réunion des hommes en société ; que, par rapport à la diversité de leurs mœurs et de leurs caractères , cette réunion ne pouvait avoir lieu que par l assujétissemeut des différentes nations ; que la sagesse du Tout* Puissant, en divisant T univers en différentes contrées , a assigné à chacune un souverain, entre les mains duquel sont placées les rênes de V autorité absolue soi’ les nations soumises à son empire , et que c est de cette &age manière que le Créateur a établi et réglé Tordre de 1-univers.

» Si, d’un côté , la stabilité et la durée d T un tel état de choses dépendent principalement des monarques et souverains, qui doivent s'abstenir de toute espece d'intervention dans les affaires 'particulières et intérieures les uns des autres , d # un autre côté, il n est pas moins évident que le but essentiel des trailés entre les empires est d'empêcher la violation d’un système admirable , et d'établir ainsi Ja sécurité des peuples et des royaumes. Dr cette manière, chaque puissance indépendante T outre les obligations que lui imposent ses traités et relations étrangères, possède encore des institutions et des relations qui uintéressent qu'elle seule et son état intérieur, et sont le résultat de sa législation et de la forme de son gouvernement. ïl n'appartient donc qu'à elle seule de juger ce qui lui est utile , et df3 s’en occuper exclusivement ; de plus, il est de notoriété publique que toutes les affaires de la sublime Porte ottomane ont pour base sa législation sacrée , et que tous ses règlement * nationaux et politiques, s'enchaînent étraitement avec les préceptes de sa religion.

ü Or, les Grecs, qui fout partie des nations qui habitent les contrées conquises depuis des siècles par les armes ottomanes , et qui , de génération en génération , ont été TOME IL ^3

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sujets tributaires de la sublime Porte , ont toujours joui d’une tranquillité et iPuu repos parfaits sous Pégide de notre législation , comme les autres nations qui sent restées fidèles depuis l'origine de l'islamisme. Il est notoire que les Grecs ont été traités comme des musulmans, à tous égards et dans tout ce qui a rapport a leurs propriétés , h leur sécurité personnelle et à la défense de leur honneur j qu'ils ont été , surtout sous le glorieux règn c d u so u ve ra ï n act u el, c h a rgés de bien lai ts q u i s u r passent de beaucoup ceux dont jouissaient leurs ancêtres ; mais c'est précisément ce grand degré de faveur, cette tranquillité, ce bonheur, portés au plus haut point, qui ont été la cause de la révolte excitée par des hommes mal intentionnés, incapables d'apprécier le prix de ces marques de bienveillance. Cédant aux illusions d'une imaginât ion échauffée , ils ont osé lever l'étendard de la révolte, non-seulement contre leur bienfaiteur et souverain légitime , mais aussi contre tout le peuple musulman , en commettant les excès les plus horribles t en sacrifiant à. leur vengeance des femmes sa ns défense, des en fans innoceus t ûwc une atrocité sans exemple.

î* Gomme chaque puissante a son code pénal particulier et ses ordonnances politiques, dont la teneur forme la base de sa souveraineté, ainsi la sublime Forte, dans * ont ce qui a rapport à l'exercice de sa souveraineté, s'appuie exclusivement sur sa législation sacrée, d'après laquelle les rebelles doivent être traités ; mais en infligeant les ch&ttmens nécessaires à quelques-uns ; dans la seule intention de les corriger. la Forte iVa jamais refusé de pardonner à ceux qui implorent sa miséricorde, et de les remettre comme auparavant sous l'égide de sa protection. De la même manière la sublime Porte , toujours déterminée à se conformer aux ordonnances de sa loi sacrée , malgré f attention qu'elle consacre à ses affaires intérieures, n a jamais négligé de cultiver des relations

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de bonue intelligence avec les puissances amies. La suidïmc Porte a toujours été disposée à csécutcr tout ce *jue les traités et les devoirs de I amitié prescrivent. EÜc fait les prières les plus sincères pour cette pais et cette tranquillité qui, avec l'aide du Tout-Puissant, seront rétablies delà meme manière que la sublime Porte a toujours étendu ses conquêtes, c'est-à-dirç en séparant ses sujets fidèles des réfractaires et des malveillant, et en terminant les troubles actuels avec ses seules ressources, sans faire naître des discussions avec les puissances qui sont ses amies , et sans donner lieu h aucune demande de leur part,

11 Tous les efforts de la sublime Porte n’ont qu’un but, c’est le rétablissement de la tranquillité générale, tandis qui? l'intervention étrangère ne peut tendre quà prolonger la rébellion. L’intention ferme et constante de la * ultime Porte de s’occuper de ses principaux intérêts, laquelle résulte de sa loi sacrée. mérite l'approbation -t le respect, tandis que toute intervention étrangère pourrait encourir le blâme et 1 animadversion. Or , il est clair et .évident , qu’eu adhérant a ce principe, tout aurait pu être terminé depuis longtemps, sans les propositions mal fondées qui ont été «avancées par la conformité de religion sur l’iullueucc funeste que cet état de choses a peut-être exercée dans toute l'Europe, et îe mal auquel Je commerce maritime peut avoir été exposé. En même temps les espérances des méronte ns ont été constamment encouragées par une conduite inconvenante, et en leur donnant des secours de toute espèce , ce qu’on aurait toujours dû réprouver , cou formé ment à la loi des nations. ITailleurs , ij faut observer que les relations et les traités qui subsistent entre la sublime Porte et les puissances amies, ont été conclus avec 1rs monarques cl ministres de ces puissances seulement , et considérant l'obligation de chaque puissance indépendante de gouverner ses sujets

elle-même , la sublime Porte n’a pas manqué d’adresser des plaintes à quelques cours amies sur les secours don nés au* insurgés. La seule réponse faite à ces représentations a été de donner te nom de liberté à des machinations tendantes à renverser les lois et les traités , et d interpréter une conduite contraire au* engagemens existants par ^expression de neutralité alléguant l'insuffisance des moyens pour arrêter les peuples.

» En mettant de côté l’absence de sécurité réciproque qui doit, en définitive, résulter d'un pareil étal de choses pour les sujets des puissances respectives , la sublime Porte ne peut laisser passer sous silence des transactions de cette nature En conséquence, la sublime Porte na jamais omis de répondre aux différentes prétentions avancées, en faisant un appel à la justice et a l’équité des puissances qui sont ses amies; en réitérant ««plaintes sur les secours donnés aux insurgés, et en faisant les réponses nécessaires dans le cours des communications avec ses amis; en définitive, une médiation a été proposée. Le fuit est cependant qu’une réponse restreinte à un seul objet ne peut être changée ni par le laps de temps ni par l’innovation des expressions. La réponse que ta sublime Porte a faite des le principe sera toujours la même, c'est-à-dire, celle qu’elle a réitérée en face du monde entier, et qui est , en définitive , son sentiment sur lu positloti des ttjf int'es.

„ Ceux qui sont instruits des circonstances et des détails des événemens, n’ignorent pas qu’au commencement de l’insurrection, quelques ministres des puissances amies, qui résidaient auprès de la sublime Porte, ont offert des secours efficaces pour punir les rebelles. Cependant , comme cette offre se rattachait à une affaire qui était particulièrement du ressort de la sublime Porte et conformément à des considérations importantes, tant à l’égard du présent que de l'avenir, la Porte se content*

J LSTIF1C ATI VES.

*Ie répondre que , quoique une pareille offre eut pour but de donner des secours au gouverne me ut ottoman , Ü ne permettrait janiais une intervention étrangère. Bien plus, lorsque T ambassadeur d’une puissance amie , à bépoque de son voyage au congrès de Vérone, entra en explication, dans des conférences avec îe ministre ottomari, sur la.médiation proposée, la sublime Porte déclara, de la manière la moins équivoque, qu une telle proposition tie pouvait être écoutée, réitérant, toutes les fois que cette affaire revenait sur le tapis, Rassurance que des considérations politiques, * nationales et religieuses, rendaient ce refus indispensable*

„ En cédant à ce raisonne mtr ut * et eu admettant plus dune Ibis que le droit était du côté de la Porte, l'ambassadeur ci-dessus mentionné, à son retour de Vérone à Constantinople , déclara de nouveau clairement et officiellement, dans plusieurs conférences, par ordre de sa cour et au nom des autres puissances, qu’pu reconnaissait que la question des Grecs appartenait aux aihures intérieures de la sublime Porte ; que, comme telle, elle devait être résolue exclusivement par la Porte elle - même j qu’aucune autre puissance ne devait intervenir par la suites et quest jamais aucune d’elles intervenait, toutes les autres agiraient conformément aux principes de la loi des nations*

î* Les agens d'une grande puissance qui a récemment consolidé scs relations d'amitié et de bonne intelligence avec la sublime Porte* déclarèrent aussi officiellement et explicitement, dans leurs conférences avec les agens ottomans, qu'il n'y avait pas d'intervention à ce sujet. Cette déclaration ayant servi de base au résultat de ses conférences, il ne peut plus maintenant être question de cette affaire, que la sublime Porte a le droit de regarder comme complètement et radicale meut terminée. Cependant la sublime Porte se croit encore autorisée à ajouter

ici les observations suivantes à l'appui des assertions précédentes,

» Les me si res que la sublime Porte a prises dès le principej et qu'elle prend encore contre les insurgés grecs, ne doivent pas faire regarder cette guerre comme une guerre de religion. Ces mesures ne s'étendent pas a toute la nation en général, car elles ont pour but unique de réprimai la révolte , et de punir ceux des su jets de b sublime Porte qui, agissant comme de véritables chefs de brigands, ont commis clés atrocités aussi sérieuses que répréhensibles, La sublime Porte n'a jamais refusé de pardonner à ceux qui se sont soumis $ les portes de la clémence et de la miséricorde ont toujours été ouvertes, La sublime Porte Ta prouvé par les faits, et le prouve encore eu accordant protection à ceux qui rentrent dans le devoir.

* Il faut chercher dans les différentes propositions faites à 1 a Porte la cause réelle de b continuation de cette révolte. La sublime Porte a aussi éprouvé seule tout le mal résultant de cette guerre; car il est notoire que la navigation européenne n'a jamais été interrompue par cet état de choses, qui, loin d'être préjudiciable aux marchands européens , leur a procuré des avantages considérables,

» De plus, tes troubles et la révolte n'existent que dans une seule contrée de fempire ottoman, et parmi les partisans de la malveillant:* ; car, grâces ii Dieu, les autres provinces de ce vaste empire n’ont nullement souffert, et jouissent; ainsi que les habitans, du plus profond repos. Aussi u’est-il pas aisé de comprendre comment ces troubles peuvent se communiquer smx autres contrées ; mais , en le supposant, comme chaque puissance est souveraine ch et elle, elle doit connaître ceux de scs sujets, sur son propre territoire. qui manifestent des dispositions séditieuses; elle doit bs punir

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d?àpr<è$ ses propres lots et conformément aux devoirs iultérens à sa propre souveraineté. IL doit être superflu d'ajouter que la sublime Porte «'interviendra jamais dans de pareilles transactions.

u Considérant les points ci-dessus avancés T sous les rapports de justice et d'équité , chacun doit être convaincu que ces affaires ne présentent plus aucun molli de discussion. Cependant, quoiqu'il fut convenable tjue toute intervention ultérieure cessât, en dernier résultat, il a été fait une offre de médiation.

il Or, dans le langage poli tique, cette expression veut dire que s'il s'élève des différents oti des hostilités entre deux puissances indépendantes, une réconciliation peut être effectuée par l'intervention d'une troisième puissance amie, 1! en est de meme des armistices et des traités de paix , qui ne peuvent être conclus qu’entre des puissances reconnues î mais la sublime Porte étant occupée à punir sur sou propre territoire et conformément à sa loi sacréeceux de ces sujets turbulent qui se sont révoltés , comment cette affaire peut-elle devenir l'objet d'une intervention? Le gouvernement ottoman ne doit-il pas attribuer à ceux qui font de telles propositions, des vues tendantes à donner de l'importance à une troupe de brigands ? On parle d'im gouvernement grec qui doit être reconnu si la sublime Porte ne consent pas à quelque arrangement, et ou a même proposé de conclure un traité avec les rebelles, la sublime Porte uat-elle pas lieu d’être frappée d'étonnement en entendant tenir un pareil langage par des puissances? Car 1 histoire n'offre pas d'exemple d’une conduite aussi opposée à tons égards, aux principes et aux devoirs des gou ver uemons*

ï> En conséquence t la sublime Porte ne peut jamais écouter de pareilles propositions, propositions quelle n’écoutera ni ne comprendra, tant que la contrée ha-

bitée par les Grecs fera partie des états ottomans, et qu'ils seront sujets tributaires de la Porte, qui ne renon cera jamais à ses droits. Si ? avec l'aide du Tout-Puissant, la sublime Porte reprend possession entière de cette contrée, elle agira alors , tant pour le présent que pour Tavenir, conformément aux règlement que prescrit sa sainte loi à l'égard de ses sujets.

« En conséquence, la sublime Porte trouvant qu'à régard de cette affaire il Un est impossible de rien entendre que les préceptes de sa religion et le code de sa législation , elle se croit justifiée à déclarer que , par des considérations religieuses, politiques, administratives et nationales, elle ne peut donner le plus léger appui aux propositions qui ont été rédigées, et finalement présentées. Toujours disposée à remplir les devoirs que lui imposent les traités conclus avec les puissances amies, qui rendent maintenant cette réponse catégorique necessaire ; la sublime Porte déclare, par la présente, et pour la derniere fois t que tout ce qui a été rapporté ci-dessus s'accorde parfa item eut avec les intentions souveraines de sa Hautesse, de ses ministres et de tout le peuple musulman.

» Dans fespérance que cet exposé fidèle suffira pour convaincre ses anus équitables de Injustice de sa cause, la sublime Porte saisit cette occasion de réitérer f assurance de sa haute considération.

* Paix et santé à celui qui suit le sentier de l'équité. *

La note suivante, extraite du journal anglais le Times t du 15 février 1828, et qui cité les passages les plus important de la lettre écrite par Canning au duc de Wellington ? deux jours après que ce dernier eut déclaré dam la Chambre des pairs (2 mai) « c|u^il ne se croyait nullement propre à être premier ministre j » cette note, disonsnous, n'ayant été insérée ni dans les journaux français ni dans les journaux allemands, ni, à plus forte raison, dans ceux du Midi de FEurope, et notant, par conséquent , connue en France que d'un très petit nombre de personnes, nous avons cru devoir la joindre aux pièces justificatives. On y verra que les opinions de Canning sur les conditions du gouvernement constitutionnel étaient conformes en tout point à celles que nous avons exprimées nous-mêmes dans cet ouvrage, et l'on jugera ainsi quel immense pas rétrograde a fait l'Angleterre dans les \oies de la liberté, par l'établissement de l'administration qui a succédé à celle de lord Goderich. Cette circonstance est surtout remarquable à l'instant où la France fait de rapides progrès dans son éducation constitutionnelle.

« Nous publions aujourd'hui une opinion de M. Carn niug, à laquelle beaucoup de personnes attacheront sans doute le plus grand prix, parce qu'elle se rapporte essentiellement à l'établissement du ministère Wellington, quels que soient les rapports et les modifications d’apres lesquels on envisage ce ministère. C'est un extrait de la lettre écrite au duc de Wellington par M. Canning, au

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sujet du discours prononcé par le due à la Chambre des pairs, dans la séance du 2 mai 1827 (à la suite des intrigues auxquelles il avait pris une pari si active pour empêcher M. Canniog d'être élevé au premier ministère ). La lettre de M. Canning est du 5 mai.

» Le peuple anglais verra que ce grand homme d'état considérait Rentière incapacité du due de Wellington à remplir le poste du premier ministre, non pas comme reposant snr des circonstances particulières, ou pouvant être écartée, modifiée ou atténuée par des conditions ou des p réca u tï on s ■ q uel cû n q u e s, ma i s 1 j i e 11 com m e a bso lue, inhérente et immuable dans la personne de sa gr'dce* La parenthèse du troisième paragraphe dé restrait qu’on va lire contient la quintessence de l'irrésistible objection que voici î h Votre caractère, comme premier ministre, né vous aurait jamais, dans le fait, été votre influence sur l'année. *» M. Cannïng ajoute ensuite : « Une telle concentration d'influence donnerait, selon mot, un pou vbii* trop Ifraéd à un sujet quel qu'il fût, et qui serait incompatible avec l'observation d'une constitution libre- » Plus bas Üânning dit : « Au reste, rien ne pourrait jamais me décider à servir sous une telle forme de gouvernement. » Si donc M, C aucun g n'eût pas voulu servir sous un semblable gouvernement, quelques peines qu'on eût pu se donner pour Oter au dut son influence sur C armée, combien moins notre pkys doit-il l'endurer, quand les peines qu'on a prises tendent au but tout-a Fait opposé, d'étendre et de perpétuer cette désastreuse influence?

i> Ces dernières paroles de M. Canniug sont dignes, non-seulement du souvenir de son pays, mais de sa profonde reconnaissance* et peuvent, aujourd'hui même> donner une utile leçon à celui qui les a si évidemment méprisées. \ uici l'extrait de cette lettre.

* Aucune autre partie dm discours de votre grâce lia

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un droit plus spécial à une observation de ma part. Votre grâce déclaré solennellement qu'il ne faut, en aucun cas, songer à la mettre à la tête du gouvernement, J ai lu avec le plus sincère plaisir élite opinion de votre grâce ; îa réunion de tous les pouvoirs de l’état„ tant civils que militaires, dans les mêmes mains (car votre grâce, comme premier ministre, ne pouvait point perdre en ré alité son î n fl u enee sur l'a rmé e ) aurait e,p r t ai ne ment. dans ma manière de voir, placé un sujet quelconque, quels que fussent son nom , son rang et ses services* dans une situation trop haute et incompatible, à tous égards, avec 1rs principes et 1 observation d*unc constitution libre. An reste* rien n'aurait pu me décider à servir sous une telle forme de gouvernement, et je me réjouis d'apprendre que lopinion de votre grâce a toujours été contraire à un pareil arrangement, *

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