‹ Histoire du mobilierChapitre 28 sur 77 · LA SAVONNERIE · texte numérisé non relu

LA SAVONNERIE

Au moment où il fondait la fabrique de tapis à la façon de Flandre Henri 1Y cherchait à favoriser l’imitation « des tapis de Turquie, quérins (du Caire) et persiens et autres, de nouvelle invention, embellis de diverses figures d’animaux et personnages jusqu’ici inconnus. » Un privilège à cet effet fut accordé en 1004, à Jehan Fortier. La même année, Pierre du Pont est établi au Louvre avec la qualité de Tapissier ordinaire en lapis de Turquie et façon du Levant; il s’agissait donc aussi d’une fabrication de tissus veloutés. Ce ne fut toutefois que sous Louis XIII, en 1627, que Pierre du Pont, associé à l’un de ses apprentis, obtint un arrêt approuvant l’établissement d’une manufacture de toutes sortes de tapis et autres ameublements et ouvrages du Levant, en or, argent, soie, laine, pour une période de dix-huit années. Ses apprentis étaient cent enfants pauvres déjà entretenus par les hôpitaux et logés dans la maison delà Savonnerie, créée en 1615, par Marie de Médicis. Ces enfants, après six ans de travail, obtenaient le droit de maîtrise.

Les produits de la Savonnerie étaient condamnés, par leur destination même, à disparaître avant les autres ; qu’est devenu l’immense tapis de quatre-vingt-douze pièces qui devait garnir la galerie du Louvre, et que décoraient des trophées, des armoiries et des figures allégoriques? Celui-là devait évidemment sortir du genre quérin et persien.

Pourtant un livre de 1754, la Géographie de Paris , mentionne

TENTURES, ÉTOFFES

encore la manufacture royale de la Savonnerie établie pour imiter les tapis de Perse et de Turquie.

En 1825, l’établissement fut supprimé; son personnel vint aux Gobclins, où les métiers à tapisserie veloutée prirent la place de ceux de basse lisse, transportés à Beauvais.

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