KRAUS
1° Est ultramonlain celui qui préfère l'Eglise à la religion ;
2° Est ullramontain celui qui identifie le pape à l'Eglise ;
3° Est ultramontain celui qui croit que le royaume de Dieu est de ce monde, et, comme le prétendait la curie romaine au Moyen- Age, que le pouvoir des clefs de Pierre renferme une juridiction temporelle sur les princes et sur les peuples;
4° Est ullramontain celui qui pense que la conviction religieuse peut être imposée ou enlevée par la force matérielle ;
5° Est ultramontain celui qui est prêt à sacrifier une claire décision de sa propre conscience à la sentence d'une autorité extérieure.
De 1895 à 1899, Kraus publia dans le premier numéro de chaque mois du supplément de la Gazette Universelle (1) de Munich des lettres extrêmement hostiles à l'ultramontanisme ainsi défini. Elles étaient signées Spectator. On sut bientôt qui cachait ce pseudonyme. L'archevêque de Fribourg protesta énergiquement et adressa des remontrances à l'auteur, qui promit de se soumettre. Le 3 juin 1899, Kraus prit congé de- ses lecteurs, mais le l*"" décembre suivant, il reparut sous le pseudonyme de Gerontius. Plus tard, pour dépister l'Inquisition, il adopta celui de Xénos. On le reconnut encore. Il écrivit alors, en 1901, quelques lettres sous son propre nom et mourut en 1902 (2). Des catholiques libéraux que son fameuxprogramme anti-ultramontain avaient séduits,
(1) AUgemeine Zeilung.
(2) Cf. Kannengieser « L'envers d'un savant catholique d'Allemagne ; le Professeur F. X. Kraus ». Quinzaine, 16 juin 1902. L'auteur reproduit de curieux jugements de Kraus sur les prédicateurs du ralliement et les abbés démocrates, « singuliers apôtres » : l'abbé Naudet, « un agité qui a l'ivresse du verbe, et malheureusement il n'y a plus d'évêque en France pour fermer la bouche à ces énergumènes » ; l'abbé Gayraud, un « vulgaire et sot bavard » qui s'est fait élire député par des moyens inavouables ; l'abbé Lemire, « âme honnête, mais un naïf et dangereux politicien ».