SCHELL
ont fondé sous son nom à Munich, en 1904, une « Société pour le progrès de la religion et de la civilisation », la « Krausgesellschaft » qui a causé beaucoup de déplaisirs et d'embarras au Saint-Siège.
Grande a été l'influence de Kraus et elle dure encore en France même dans les séminaires où son Histoire de l'Eglise (1) édulcorée tient avantageusement la place d'un livre fanatique. S'il eut été plus au fond des questions, cet ouvrage ne serait sans doute plus toléré entre les mains des élèves du sanctuaire.
Kraus n'avait attaqué que l'ultramontanisme politique. Hermann Schell résolut de combattre l'ultramontanisme théologique.
Professeur d'apologétique à l'Université de Wurzbourg, il prononça, le 22 octobre 1896, un discours qui lui valut beaucoup de demandes d'explications. Il répondit dans une brochure intitulée: « Le catholicisme principe du progrès (2) ». Une longue controverse s'en suivit dont la conclusion pratique fut que quelques évêques du nord de l'Allemagne défendirent à leurs prêtresd'assisteraux leçons du professeur.
En 1898, au cours d'un examen d'admission à une ordination,de jeunes étudiants déclarèrent à l'évêque de Wurzbourg que l'enseignement de Schell ne leur permettait plus de croire à l'éternité des peines de l'enfer. L'évêque fit une enquête. Il découvrit qu'en effet le professeur n'attribuait à ce mot « éternel », qu'un sens relatif, celui d'une longue durée. Une déclaration de foi fut remise aux ordinands dans laquelle ils avaient à professer la croyance officielle. Schell leur conseilla de la signer, en leur disant qu'il le ferait
(1) Cette histoire a été traduite en français par les Pères P. Godet et G. VerschafTel, de l'Oratoire (librairie Bloud, 3 vol. in-8). En Allemagne elle a été remplacée par le livre de Funk et de Knœpfler.
(2) Der Katholizimiis als Prinzip des Fortschrilts.