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EN EUROPE

de Louvain, méritait d'être appelé, à cause de son libéralisme, à une chaire d'Ecriture sainte de l'Université catholique de Washington . Si préoccupée d'orthodoxie qu'elle fût, l'Université catholique de Louvain formait au travail scientifique de jeunes prêtres et de jeunes religieux qui pouvaient être décidés à garder pour eux le résultat de leurs études,, mais qui n'en relevaient pas moins sensiblement dans un sens moderne les clergés flamands et néerlandais.

En Pologne, des prêtres qui avaient fait leurs études à Paris ou à Louvain, importaient les idées sociologiques de MM. Sangnier et Naudet, et même le libéralisme ecclésiasque. Leur parti devait aider, ouvertement ou secrètement, la propagande du parti national-démocrate qui veut l'école neutre, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et l'indépendance du catholique vis-à-vis de l'Eglise dans tout ce qui n'est pas strictement une question religieuse (1).

Enfin même aux Etats-Unis où le clergé reste si profondément indilïérent aux théories et aux dogmes, on connaissait des prêtres qui professaient des idées très avancées. On citait au grand séminaire de l'archevêque Ireland, les docteurs Schiels (2) et Danehy (3) au séminaire de Dunwoodie (diocèse de New-York), M. Joseph Bruneau (4), au séminaire

(1) L'un des principaux organes des idées libérales catholiques en Pologne est lîola, « Hebdomadaire social, littéraire et scientifique » publié à Varsovie sous la direction de M. Etienne Jelenski.

(2) Docteur en pliilosopliie de l'Université Johns Hopiiins, actuellement professeur de psyciiologie et de pédagogie à l'Université catliolique de Washington.

(3) Ancien élève de M. Loisy à l'Institut catholique de Paris.

(4) Sulpicien français, originaire du diocèse de Clermont ; d'abord prol'esseur d'Ecriture sainte à Dunwoodie, puis professeur de dogme à Brighton (Mass.), maintenant au séminaire de Baltimore. Il a été gourmande par La Civiltà cattoUc.a (1910), pour avoir traduit en français l'Histoire du dogme de la

U't AUX ÉTATS-UNIS

de Baltimore, M. Ayrinhac (1), quelques professeurs de l'Université catholique de Washington comme MM. Charles Grannan (2) et Pace.

Cependant cëtait aux Etats-Unis que la dogmatique libérale devait le moins se développer. L'esprit positif des Américains comprit de bonne heure que les innovations théoriques étaient dangereuses. « Si nous avions à fonder l'Eglise, disait un archevêque, nous nous y prendrions autrement que ceux qui l'ont faite. Maintenant, nous ne pouvons en changer les bases, comme le propose Loisy. Il nous faut la défendre telle qu'elle est. » Ce bon sens pratique et le souvenir très vivant de la récente condamnation de l'Américanisme empêcha les prélats d'outremer, — les Ireland les Gibbons, les Keane, les Spalding, les Denis O'Connell, — qui avaient donné tant de gages au libéralisme vers 1890, de se compromettre en rien dans une nouvelle tentative.

Rédemption par Henry Nutcombe Oxenham (Paris, Bloud, 1909, in-16). Esprit inquiet, O.venham (1829-1888) quitta l'anglicanisme pour le romanisme qu'il abandonna lors de la définilion de l'infaillibilité papale et dans lequel il rentra.

(1) Sulpicien français, d'abord professeur de dogme à Baltimore; puis professeur de morale (« a safer position », dit-on à propos de son changement). Maintenant supérieur du grand séminaire de San-Francisco.

(2) Professeur d'Ecriture sainte. Il a reçu en 1911 le titre de prélat romain.

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