DEMAIN » REVUE HEBDOMADAIRE
« Ce sont des callioliques qui ont pour l'autorité ecclésiastique des sentiments catholiques et non des sentiments païens. Ils la regardent avec simplicité, amour, confiance, soumission, et non pas en esclaves qui obéiraient brutalement à des ordres brutaux. Siciit fllii : comme des enfants... comme des fils qui deviendront pères à leur tour.
« Bien loin d'être moins catiioliques que nos bruyants cléricaux, ils le sont plus et ils le sont mieux ; ils n'isolent pas trois ou quatre bulles des derniers papes, mais ils voient ces documents apostoliques à côté de tous ceux qui les ont précédés ; et se sentant les héritiers de tout le passé, de ses gloires et de ses charges, ils vont vers l'avenir, dans un esprit de travail et de foi.
« C'est par suite de la même tendance qu'ils veulent rester unis à la droite comme à la gauche et qu'on sent leur effort principal tendre à ne pas s'isoler, s'individualiser.
« Je ne voudrais pas que ces dernières paroles fissent croire à un effort étudié, calculé, car il est parfaitement naturel et réflexe : c'est le résultat du tempérament catholique ; ce tempérament, qui est encore aujourd'hui la grande force de l'Eglise, est surtout caractérisé par le besoin de travail en commun. Etre catholique, c'est sentire ciiin Ecclesia, suivant la définition de saint Ignace, paroles qu'on pourrait traduire en français par : Marcher avec l'Eglise. Or, certains cléricaux, pour justifier leur terreur de tout mouvement et de tout progrès, certains anticléricaux, pour justifier leurs polémiques, traduisent ces paroles comme si être catiiolique consistait à abdiquer par avance et inconditionnellement toute espèce d'initiative et d'activité. Aux hymnes des uns exaltant l'obéissance passive, cadavérique, répondent les sarcasmes des autres dénonçant celte folie de suicide intellectuel, moral. Mais, malgré l'application que prennent certains catholiques, et non des moindres, à ne parler que de discipline et de mot d'ordre, nous ne devons pas accepter une définition si simple, et dans ces trois mots sentire cum Ecclesia, supprimer le premier terme, le plus important. Oui, être catholique, c'est être avec l'Eglise, mais c'est aussi, c'est surtout sentire, avoir sa conscience, sa personnalité propre; c'est avoir une voix qui n'est pas forcément celle du voisin, celle du curé ou celle du pape, qui même doit être ditférenle ; mais c'est vouloir la mettre en harmonie avec les autres. Etre catholique