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LES SÉMINAIRES

Enfin dans toute la catholicité, l'on continua d'une manière rig-oureuse l'épuration des séminaires que Pie X avait ordonnée en 1904 (I). Vers la fin du pontificat de Léon XIII, le libéralisme s'était infiltré dans ces établissements. Des évêques avaient jnodifié les programmes d'études, les jeunes professeurs avaient encore élargi les programmes modifiés. Pie X fit rétablir l'ancien enseignement, chasser les jeunes professeurs et les élèves qui se montraient enclins aux nouveautés. Les modernistes purent alors méditer la parole d'un des leurs : « Pie X est l'homme prédestiné par Jésus à l'organisation du séminaire contemporain (2). »

Toutes ces mesures n'allèrent pas sans susciter d'âpres commentaires. Le Saint-Siège les, avait prévus et pour y

(1) Allocution du 12 décembre 1004, reproduite dans ma Crise fia Clergé, ch. IX, « Dans les séminaires ».

(2) Mgr Bœglin, Justice sociale, 19 novembre 1904. — Sur les séminaires, vers 1902-1905, cf. Di un Rinnovumenio negli sliidi religiosi del Seminario. Gonferenza del Sac. dot. Tommaso Ragusa al seminario di piazza Armerina (Caltagirone, 1904, in-12, 24 p.). L'auteur cite BatifTol, Fogazzaro, Ilogan, Loisy. — P. Saintyves, La réforme intellectuelle du clergé et la liberté d'enseignement. Paris, 1904. — Lettre de Mgr Vévêque de La Rochelle [Le Camus] réglant la réorganisation des Eludes ecclésiastiques. Paris, 1901. — Mgr Lalty, Lettre à MM. les directeurs de son grand séminaire, Paris, 1902. — Mgr Turinaz, La vraie méthode des Etudes ecclésiastiques, Nancy, Paris, 1903. — Mgr Fuzet, Le grand séminaire, Paris, 1904. — Mgr Mignot, Lettre sur les études ecclésiastiques, Paris, 1908.

En France le séminaire le plus modernisé fut celui de La Rochelle, où l'évêque Le Camus imposa un nouveau programme, ce dont Léon XIII le félicita le 4 janvier 1902 ; après la mort de Le Camus on revint aux anciens errements. Cf. article du P. Josepli Brucker, « la Réforme des Etudes dans les grands séminaires » Etudes, 1902, t. 92.

Sur les incidents du séminaire de Warmond (Pays-Bas), cf. Appendice.

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répondre, ainsi que pour se défendre contre de perfides nouvelles apocryphes sans cesse répandues à plaisir, il établit auprès du Vatican un bureau de renseignements où les journalistes peuvent prendre ou vérifier les informations relatives à l'Eglise, et à la vie politique et religieuse des catholiques du monde entier. L'organisation de ce service fut confiée à Mgr Umberto Benigni (1). Rompu aux besognes de publiciste, profondément versé dans l'histoire, ce prélat aurait semblé digne de son poste s'il eût été plus scrupuleux dans la manière de conduire les polémiques et de choisir ses collaborateurs. Il pouvait d'ailleurs d'autant mieux déjouer les tactiques des novateurs qu'il avait pai-tagé leurs aspirations et qu'il connaissait leurs secrets. Il avait été en Italie l'un des premiers et des plus ardents modernistes sociologues et théologiens. Mais quand Léon XIII l'avait nommé directeur d'un journal officieux du Vatican, La Voce délia Ferità, il s'était tourné contre les démocrates chrétiens pour rentrer dans les sentiers de l'opportunisme de son employeur. A l'avènement de Pie X, il se déclara contre tout modernisme, et un peu plus tard, en 190i, lorsqu'il fut bien sur de la direction du pontificat, il attacha toute sa grande ambition au parti de la plus stricte intransigeance religieuse, politique et sociale.

Pour ceux qui ne pouvaient pas venir se renseigner

(1) Né à Pérouse le 30 mars 1862, entré au séminaire à l'âge de onze ans. En 1893, rédacteur en clief, à Gênes, de L'Eco d'Ilalia. De 1900 à 1903, rédacteur puis directeur d'un journal ofTicieux du Vatican, La Voce délia VerUà ; éditeur d'une revue mensuelle d'octobre 1902 à la fin de 1908, la Miscellanea di storia ecclesiastica e studi a us il la ri {Mgr Duciiesne y collaborail) ; professeur au séminaire de l'Apollinaire de 1901 à 1904 ; puis professeur d'histoire et « minutante » à la Propagande pour les affaires orientales, sous-secrétaire des Affaires ecclésiastiques extraordinaires (1906-1908) ; employée la Secrétairerie d'Etat ; protonotaire apostolique.

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