UMBERTO BENIGNI
personnellement au bureau de presse du Vatican, Mgr Benigni publia, sous le couvert d'un homme de paille, rédacteur responsable, une petite feuille périodique rédigée tantôt en français, tantôt en italien, La Correspondance romaine. Elle disait n'être ni officielle, ni officieuse, mais prétendait seulement donner des nouvelles puisées à de bonnes sources. (1) Les débuts de ce nouvel organe furent obscurs. Il devint célèbre par son quarante-cinquième numéro, publié le 7 juillet 1907. On prétendait y dévoiler l'existence d'une véritable société secrète de catlioliques laïques de langues allemande et anglaise pour obtenir du pape des réformes dans le sens moderniste, en particulier l'abolition de la congrégation de l'index (2). Les faits publiés par La Correspondance romaine étaient travestis, mais Mgr Benigni croyait sans doute opportun d'exagérer un incident, et, par là, de préparer les esprits à l'acceptation d'un nouveau syllabus dont la publication était imminente.
(1) Les deux principaux correspondants parisiens de cette feuille sont MM. Jacques Rocafort et l'abbé Georges Perlés. Sur ce dernier, cf. U Américanisme. Sur le premier, cf. son livre, Autour des directions de Pie X. Un épisode personnel (Paris, Victorion, 1!)12, in-12).
(2) Cf. Indexhewegang iind Kulturgesellscliaft. Eine historische Darstellung, auf Grund der Akten lierausgegeben von Assessor D' A. ten Hompel, in Verbindung mit Justizrat H. Ilellraetli und Professor D' J. Plassmaim zu Munster in Westfalen (Bonn, Cari Georgi, 1908, in-8», 208 p.).