LA RÉUNION DE MOLVENO
peut-être, si on en juge par son contenu un peu vieillot et qui ne fait pas allusion aux dernières controverses. Il n'y avait plus qu'à le dater.
En prévision d'événements fâcheux, les principaux représentants du modernisme, le baron von Hùgel, le sénateur Fogazzaro, Mgr Fracassini, les abbés Buonaiuti, Brizio Casciola, Mari, Murri, Luigi Piastrelli, le comte Gallarati Scotti, le comte Alessandro Casati, se réunirent à Molveno, dans le Tyrol italien, à la fin du mois d'août. On ignore l'objet de leurs délibérations, mais il y avait là des hommes d'idéals et d'intérêts trop diverspourqu'ils pussent s'accorder dans des résolutions pratiques (1).
(1) Voici ce que nous raconleM. le pasteur Sabalier au sujet de cette réunion:
« Pendant trois jours on échangea des idées, des avis, des espérances, Frédéric de Hûgel y était aussi, mais avec son huinililé coutumière il écoutait, s'effaçait. Cependant le jour du départ, au malin, il réunit tous les amis dans sa chambre et leur adressa des paroles à la fois si simples et si brûlantes, que ceux qui eurent le bonheur de les entendre, les ont gardées comme le souvenir d'un de ces moments où la vie nous apparaît à la fois transfigurée et encore réelle, où nous prenons conscience des forces mystérieuses qui sont en nous et pourtant nous dominent et nous dépassent.
« Le prêtre qui, baissant la voix d'émotion, quelques mois après, me racontait cette scène, ajoutait que tous les assistants avaient songé à Saint Paul prenant congé des anciens de l'Eglise d'Ephèse.
« Devant des faits de ce genre, on a le droit de se demander si les anti-modernistes n'ignorent pas tout de la valeur religieuse de ceux qu'ils combattent... » Les Modernistes, p. LU.