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RÉPRESSION DU MODERA'ISME

eux prirent le modernisme pour thème et cherchèrent à prémunir leurs ouailles contre les doctrines condamnées par l'encyclique Pascendi. Bon nombre d'entre eux imposèrent également à leurs prêtres, pour les conférences ecclésiastiques, la réfutation de ces erreurs (1).

(1) Voici quelques-unes des questions portées au programme des conférences du diocèse de Saint-Claude par l'évêque, Mgr Maillet :

« Quelle est la forme, la valeur doctrinale et l'autorité disciplinaire de l'Encyclique Pascendi ?

« Quel mobile a poussé S. S. Pie X à écrire ce document ? — Pourquoi y a-t-il urgence à condamner le modernisme ? — Comment ses fauteurs sont-ils particulièrement dangereux ? — Tous les fauteurs du Modernisme l'enseignent-ils dans son ensemble? — Les intentions de tous sont-elles les mêmes ? Le pape se prononcel-il sur ces intentions ? — Y a-t-il lieu de distinguer entre les doctrines modernistes et les procèdes et tendances modernistes?

— De la solennelle condamnation des premières que faut-il conclure au sujet des autres ?

« Distinguer les différents personnages que comprend un moderniste complet. Faut-il, pour être moderniste, remplir tous ces rôles ?

« Exposer avec l'Encyclique l'Agnosticisme. Comment est-il le point de départ négatif du modernisme ? — A quelles définitions de foi se heurte-t-il ? — Comment est-il condamné par une saine philosophie ? — En peut-on déduire logiquement l'athéisme scientifique ou iiistorique ?

« ExposevV immanence vitale, principe positif du modernisme?

— d'où procède-t-elle? où réside-t-elle ? Comment atteint-elle Dieu? — Comment ce principe conduit-il au panthéisme? — Y a-l-il un sentiment religieux dans un sens catholique? Comment difîère-t-il du sentiment des modernistes ? »

Les conférences du diocèse de Bayonne ont été publiées en un volume intitulé : Le Modernisme. Conférences ecclésiastiques du diocèse de Bayonne. Année 1908 (Bayonne, Lasserre, 1909, in-8"*. 295 p.). Ouvrage curieux, montrant comment un clergé diocésain considérait la question sous le regard d'un évêque intransigeant. Cf. l'étude « Au diocèse de Bayonne », dans ma seconde série d'Evéques et diocèses (pages 109-169).

En Italie, le modernisme s'efforçait de faire bonne contenance. Au mois de janvier 1908, parut à Rome une revue bi-mensuelie. Nova et Vetera, d'une nuance extrêmement prononcée. Elle se prétendait la seule expression authentique du véritable modernisme et l'organe de cette <c société internationale scientifico-religieuse », qui était censée avoir édité la Réponse à l'Encyclique. En réalité, la revue ne disposait que de courtes ressources financières. Elle émanait de quelques jeunes Romains, auxquels Tyrrell promit son concours, et qui étaient décidés à mener, pour la plupart sous des pseudonymes, une campagne très vive contre l'orthodoxie.

Ainsi qu'il fallait s'y attendre, un décret du cardinalvicaire Respighi, condamna promptement, c'est-à-dire le 28 janvier, les rédacteurs et les collaborateurs de la Revue. Il déclarait frappé de suspense a divinis tout prêtre qui en était abonné ou lecteur.

Dans le même temps, le 23 janvier, don Salvatore Minocchi, était également frappé de la même censure pour avoir prononcé sur la Genèse une conférence frondeuse (1) envers les décisions de la commission biblique et les directions pontificales en matière d'exégèse.

Quant à M. Murri, il entrait dans une période critique. Déclaré suspens a divinis, le 15 avril 1907, s'il n'avait pas fait sa paix avec l'autorité ecclésiastique dans le délai d'un an, il s'exposait, par cela même et sans commettre de nouvelle faute contre l'autorité hiérarchique, à des peines plus grandes. La perspective de l'excommunication l'effrayait. Il ne savait pas si ses partisans et particulièrement la Ligue démocratique nationale, auraient le courage de le suivre encore lorsqu'il serait officiellement hors de l'Eglise. Aussi

(1) L'Enigma delta Genesi nel pensiero anlico e moderno (Florence, 1908, in-12, 31 p.). — Depuis M. Minocclii a publié sur la même question : La Genesi con discussioni criliche. 1" parte. Sezione 1". Cap. I-III (Florence, 1908, in-8, 125 p.).

négociail-il sa rentrée dans le giron, tout en s'efforçant de ne pas renier ses derniers actes et de ménager l'avenir. Pour plaire au Vatican, il séparait nellenient sa cause de celle du Programme des modernistes (1), des rédacteurs de Noi'a et Vêlera (2) et de M. Loisy (3) ; enfin, il suspendait la publication de sa propre revue ('i). Mais les formules équivoques dont il prétendit user dans son acte de soumission l'empêchèrent d'être agréé par Pie X (5).

Les manifestations novatrices acquirent alors leur maximum d'éclat en Italie par la publication, au mois d'avril 1908, des « Lettres d'un prêtre moderniste (6) ». Elles éma-

(1) Cf. Giornnle d'Italia, 6 novembre 1907; M. Murri déclare qu'il n'a pas pris part à la rédaction de celle réponse. Dans le Hinnovamento du mois précédent, il avait publié une étude où il montrait que parmi les philosophes modernes prétendus catholiques, il y en a qui soutiennent des doctrines inconciliables avec l'e.xplicalion traditionnelle du doiçme, bien plus avec le dogme lui-même. A la fin de décembre lyo", il publia 2 livres : I. La politica cléricale e la denwcraz-ia (recueil d'arlicles de polémique politique, publiés depuis 1905, — traduction espagnole en 1911); IL La /ilosofta niiova e ienciclico contra il modernismo.

(2) Cf. lUvisla di Cultiira, N" du 16 février 190.S (feuille de couverture).

(3) Rivista di Cultura, N" du l" mars 1908 ; comple-rendu des Evangiles synoptiques de M. Loisy. Malgré ses protestations d'orthodoxie, M. Murri s'écartait alors de plus en plus de la doctrine catholique, comme le prouve une brochure qu'il fit imprimer, sans la signer, vers le mois de juin 1908 : Filosofta délia Fede, Appunti.

(4) Le dernier numéro parut le 1(5 mars 1908. — Une nouvelle série commen(;a au mois de janvier 1909 ; durant celte année-là, la revue ne fut plus que trimestrielle.

(.0) Les documents des négocalions de M. Murri ont été publiés au mois d'avril I9i0, par l'archevêque de Fermo, dans la brochure siùvunie: Lelfera pastorale di Mons. (]arlo C.astelli, Arcivescovo di Fermo, La verità sut caso del sac. Romolo Murri (25G pages).

(6) Lcttere di un Prèle modernisia Uoma, Libreria éditrice, Romana, 1908, in-8% 288 p.).

naient d'un ecclésiastique authentique et la rédaction de Nova et Vetera s'était solidarisée avec lui en reproduisant les passages les plus crus de son radicalisme. L'auteur avouait sans ambages ce programme :

« Pour ce qui regarde, disait-il, les principes tliéoriques fondamentaux du catiiolicisme, doctrine de l'immortalité de l'âme, de l'existence d'un Dieu personnel, de la divinité du Giirist, nous y voyons des attitudes pragmatistes, privées de toute valeur abstraite et objective, et exprimant seulement des dispositions particulières de l'âme religieuse. En considérant le développement historique du Christianisme, nous voyons que l'espérance iidtiale du royaume s'est, avec le temps et une lente désillusion, transformée dans l'espérance du paradis ; que l'attente iaiminente du Ciirist-Messie a, par une évolution naturelle de l'esprit des fidèles, fait place à la foi dans le Christ-Dieu ; que le sens vague de la dépendance de la Divinité a fini par être délimité et circonscrit dans la théodicée catliolique, d'abord sur une base platonicienne, ensuite sur une base aristotélicienne. Nous tenons à faire connaître la relativité de ces conceptions dogmatiques, leur valeur purement pratique, leur caducité. Elles ont, en fait, alimenté, pendant de longs siècles, la religiosité humaine. Mais aujourd'hui que vient s'inoculer dans cette religiosité un nouveau contenu, à savoir l'espérance du perfectionnement progressif des hommes, leur valeur pragmatique tombe en décadence. Nous n'avons pas le droit, cependant, de les abandonner bruyamment, en renonçant, avec irrétlexion, à tout notre passé religieux. Nous voulons seulement accomplir autour de ces conceptions une œuvre persévérante d'érosion. Quand elle sera achevée, elles tomberont d'elles-mêmes, et la nouvelle religiosité trouvera de nouvelles attitudes de pensées pour y attacher son expansion vitale. » (t)

« Pour nous le mot catholicisme n'a que son sens étymologique. C'est la réunion de tous ceux qui aspirent vers un idéal élevé d'amélioration humaine. Du moment que cet idéal est civique, il ne peut pas manquer d'être religieux, la religion n'étant que l'espérance, et pas autre chose (2). »

(t) Ouvrage cité, p. 125-126.

(2) Lettere, p. 127.

« Nous pouvons à bon droit nous dire clirétiens ; même plus chrétiens que les callioliques ofîiciels. Le catholicisme, en effet, quoiqu'il représente la continuation historique de l'évangile, n'en constitue pas la continuation psyciioiogique, parce que l'état d'âme, d'ascétisme et de mortification qu'il suppose, ne correspond pas à l'état d'âme que Jésus a créé avec l'espérance du royaume et la joie d'un triomphe imminent (1). »

« Le modernisme se propose de substituer au dogmatisme catholique et au piétisme pessimiste et individualiste qui prévalent dans l'Eglise depuis le temps du moyen âge monastique, une expérience très simple et facilement renouvelée, de cette grande expérience messianique qui a constitué le suc de la prédication de Jésus, et qui, mulatis miilandis, est au fond des plus nobles aspirations de l'âme contemporaine (2). »

« Nous ne lançons pas l'anathème aux joies intenses de l'amour. La perfection ne consiste plus pour nous dans le renoncement ascétique ni dans une mortification imprégnée d'une horreur manichéenne pour la nature. La vie est belle dans toutes ses manifestations ; la joie est dans la satisfaction de toute notre volonté ; la riciiesse de l'existence est dans l'épuisement réglé et iiarmonique de toutes nos puissances. Loin de nous la sympathie pour ces formes barbares de la perfection spirituelle que le moyen âge a conçues et réalisées avelc tant de douleurs. Il n'y a rien en nous de mauvais. Aucune malédiction de péclié ne pèse sur nos âmes, réseau magnifique d'énergies désireuses de se répandre dans l'action. Seule une expansion incomplète, seul le perpétuel désir de centupler l'activité provoque en nous le sens du mécontentement et l'impatience d'une plus haute manifestation de la vie (3). »

L'étalage de ces théories parut inopportun aux modernistes tacticiens et modérés, et si le livre suscita des discussions en Italie parmi les différents groupes du parti, on s'efforça de ne pas les laisser transpirer au dehors.

(1) Lettere, p. 129.

(1) Lettere, p. 1.19.

(2) Lettere, p. 117, voir aussi pages 123, 124, 131, 149.

LOUIS WAIIRMUND 239

L'empire d'Autriche eut aussi son incident.

Au mois de février 1908, un libre penseur, M. Louis Wahrmund, professeur de droit canonique à la faculté de droit de l'université d'Innsbruck, prononça une conférence où il prenait vivement à partie les derniers actes pontificaux et l'obscurantisme de l'Eglise. Laïque, professeur dans une faculté laïque, s'adressant en dehors de son cours à des laïques venus bénévolement l'entendre, M. Wahrmund avait parfaitement le droit d'exprimer sa pensée, sans créer par là d'incident universitaire ou religieux. Mais comme les jésuites regardent Innsbruck comme leur fief, parce qu'il y possèdent la faculté de Ihéoiog'ie, ils résolurent de tirer veng-eance de cet audacieux. Des manifestations, presque des émeutes, furent organisées contre lui ; on y mobilisa les paysans des villages voisins. Dans le monde entier, les journaux cléricaux feignirent de croire que M. Wahrmund professait devant les étudiants ecclésiastiques (1), ils le transformèrent en catholique révolté contre le saint-siège, et exploitèrent son cas pour prouver les périls que le modernisme faisait courir à l'Eglise. Le nonce protesta auprès du gouvernement autrichien. Enfin, le professeur devenu impossible dans le Tyrol fut transféré au mois de juin à l'université de Prague (2).

Les Etats-Unis eux-mêmes, où l'on s'occupe si peu de théologie dogmatique, connurent les discussions, les dénonciations et les destitutions suscitées par l'encyclique Pascendi.

Tout d'abord il semble que le document pontifical ait été reçu dans ce pays avec une froideur particulière. L'un des prélats les plus en vue, mais que son âge ou sa santé dispense d'activité, dit même après en avoir pris connaissance : « Je suis heureux que ma tâche soit terminée. »

(1) Le profes.seur de droit canonique à la Faculté de tliéologie était alors le Père Micliel Hoffmann, S. J.

(2) Sur cette affaire, cf. L'Exode, 25 août 1908.

Ea 1907, Tarchevèque de San-Francisco, Mgr Riordan. les évêques, ses suUrag-ants, et le clergé de son diocèse, avaient présenté pour la coadjutorerie de cet archevêché, selon les formes usitées aux Etals-Unis, le docteur Ilanna, professeur au grand séminaire de Rochester. Ce dernier ne fut pas nommé parce qu'il avait été dénoncé cà Rome comme moderniste, par un de ses collègues. Lorsque l'évêque de Rocliester. Mgr Mac Quaid, eut appris le motif de l'échec du D'' Ilanna, il lit, pour démasquer le dénonciateur, signer par tous les professeurs de son séminaire une protestation dans laquelle ils déclaraient, chacun en ce qui le concernait, qu'ils n'avaient envoyé à Rome aucune charge ni accusation touchant la morale de leur confrère, l'intégrité de sa foi ou la correction de son enseignement, qu'ils ne s'étaient faits les complices de personne pour l'envoi de pareilles charges, et qu'ils ressentaient profondément cette imputation que l'un deux eût pu se rendre coupable d'un tel acte.

Tous les professeurs signèrent cette protestation à l'exception d'un certain Andrew Breen qui, en refusant sa signature, se reconnut l'auteur de la délation. Ses collègues le mirent en quarantaine. Il tenta de se justilier par une longue lettre où il disait, qu' « après tout, l'action pour laquelle il était si amèrement attaqué était recommandée par le pape lui-même ». Les commentaires avec lesquels la presse américaine accueillit la lettre de Breen, lui montrèrent que sur ce point là du moins son pays ne semblait pas complètetement gagné aux prescriptions pontificales.

Un peu plus tard des anti-modernistes, qui n'étaient peut- . être pas Américains, dénoncèrent à Rome la revue publiée par les directeurs du grand séminaire de New-York (1),

(1) Séminaire situé à Dunwoodle. Le directeur de la revue était le supérieur M. James Driscoll, assisté de deux de ses professeurs, MM. John Brady et Francis DutTy. M. Dris(ioll avait appartenu à la Compagnie de Saint-Sulpice, avec plusieurs de ses collabora-

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Tlie New- York Revien-. Le résultat de l'aiTaire fut qu'au mois de septembre 1908, les abonnés de la revue reçurent une lettre les avisant de sa suppression et que le prix de l'abonnement leur serait remboursé. Les articles qui avaient motivés cette mesure avaient pour auteurs le docteur Hanna, le Père Mac Sorley, pauliste, et un ex-jésuite, le Révérend Cornélius Clitïord. Cependant la revue avait toujours paru avec V imprimatur de l'archevêque, Mgr Farley.

On dénonça pareillement à Rome une Encyclopédie catholique (1), en cours de [)ublication à New-York et dont les principaux directeurs étaient deux professeurs de l'Université catholique de ^V'ashing■ton, MM. Edward Pace et Thomas Shahan, et un jésuite, le Père Wynne. Les archevêques des Etats-Unis s'efforcèrent d'empêcher une mise à l'index qui eût discrédité chez eux la prétendue science catholique. Quand l'affaire eut été arrangée et que les directeurs de l'Encyclopédie eurent promis de rentrer dans les sentiers de la plus stricte orthodoxie, un théologien antimoderniste des plus en faveur auprès du pape, le Père Alexis Lepicier, écrivit au Père Wyune une lettre de félicitations qui

teurs : il la quitta quand le séminaire passa, en 1906, de la direction des sujpiciens à celle du clergé diocésain. Depuis, l'arclievêque de Boston, le cardinal William O' Gonnell, a pareillement congédié de son séminaire de Brigliton les sulpiciens qui ne possèdent plus aux Etats-Unis que les deux grands séminaires de Baltimore et de San-Francisco, et deux petits séminaires, l'un en Maryland, l'autre en Californie.

(1) The CalhoUc Encyclopedia, An international work of référence on the constitution, doctrine, discipline and iiislory of tlie Catholic Churcli. In 15 volumes, New-York, R. Appleton and G». (Tome 1", 1907 ; t. XI, 1911). — L'article « Modernisme » (t. X), écrit par le P. Arthur Vermeersch, S. J., professeur à Louvain, comprend 6 pages et ne donne naturellement aucun détail sur le modernisme aux Etats-Unis.

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put retenir les souscripteurs ou en procurer de nouveaux (1).

Enfin les Etats-Unis eux-mêmes connurent les destitutions pour cause de trop g-rande science. En 1909, le Vatican demanda que la direction du séminaire de New- York fut enlevée à son digne supérieur, M. DriscoU. L'archevêque le lit alors permuter avec un curé (2) dont le genre d'érudition ne pouvait porter ombrage à l'autorité suprême. En 1909, les administrateurs de l'Université catholique de Washington crurent également devoir rendre sa liberté au Docteur Poëls, qui s'en retourna dans son pays. Reconnu inutilisable ou dangereux dans la science pure, le savant exégète fut nommé ;< moderator » ou conseiller-adjoint d'une société de mineurs, (3) tout comme autrefois M. Loisy avait été relégué dans une aumônerie de dominicaines.

Durant ces incidents, la presse américaine se montra peu favorable aux actes pontificaux. Des ministres protestants témoignèrent d'une tendre sympathie pour le nouveau catiiolicisme. L'un d'eux fut le professeur épiscopalien Charles Briggs (4), qui avait étudié de très près les all'aires

(1) Lettre datée du 6 novembre 1908 et publiée par La Croix, 15 janvier 1909. — A propos des diflicullés de cette Encyclopédie avec le Vatican, on écrivait des Etats-Unis au Uullelin de la Semaine: « Il n'y a pas de condamnation formelle, mais il y a eu condamnation en tout sauf la formalité, et, si la mesure n'est pas considérée comme une condamnation par les parties en cause, elle pourra être rendue formelle et elle le sera. » Bulletin, 25 novembre 1908, p. 572.

(2) Le Rev. CIddwick, recteur de l'église Saint-Ambroise, à New-York.

(3) A Kerkrade, Limbourg. — L'attitude que M. Poëls a prise dans le Journal de Kerkrude à propos des syndicats ouvriers, l'a fait accuser en 1911 de « modernisme sociologique ». Cf. ci-dessous, ch.XVIIL

('i) Briggs (Charles-Auguste), né en 18'rl à New-York, ministre presbytérien de 1869 à 1874, ensuite professeur à 1' « Union Tlieological Seniinary » de New- York. En 1892, il fut dénoncé

romaines et qui avait o])tenu de Pie X, deux ans .auparavant, une audience dont il gardait un tendre souvenir. Il semblait si bien gagné à la papauté que les louanges qu'il lui prodiguait commençaient à être utilisées dans l'apologétique ultramontaine (1). Mais devant le nouveau syllabus et l'encyclique Pascendi, il avoua franchement le désappointement que lui causait l'attitude réactionnaire du Vatican (2). Seulement les termes dont se servait cet honnête libéral montraient qu'il n'avait guère l'esprit critique, et qu'il n'avait pas mieux compris le modernisme que la doctrine catholique romaine et les documents qui servent de base à la révélation chrétienne.

comme hérétique et condamné en 1893, par l'assemblée générale presbytérienne. II entra alors dans l'Eglise protestante épiscopale qui l'ordonna prêtre en 1898.

(1) Cf. Evêques et diocèses, 2» série, p. 140-141.

(2) Article dans The Norlh American Review, février 1908, p. 199-212. — Cf. du même dans la même revue, juin 1909, « Modernism Mediating the Corning Gatliolicism ». Un pasteur congrégationaliste de New Haven (Gonnecticul), le Rev. Newnian Smytli a pris une position analogue ; Cf. son article « Modernisme » dans Scribner's Magazine, février 1909, et son livre Pa^.sing Profestaniism and Corning Catfiolicism (New-York, Scribner, 1908).

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