‹ Histoire du modernisme catholiqueChapitre 51 sur 82 · CHAPITRE DIX-NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIEME

LE MODERNISME LITTEHAIRE

L'iNFKurouiTK LiTTÉRAiniî DES Catholiquks Allemands

Réflexions de M. Decurtins. — Bref de Pie X A M. Decurtins

Le Dernier Roman de Fogazzaro et sa Mort

En 1898, paraissait en Allemagne une brochure intitulée : La littérature catholique est-elle à la hauteur de notre époque ? Examen de conscience littéraire, par Veremundus (1). De même que deux ans auparavant, dans son sensationnel écrit Le Catholicisme principe de progrès (2), Hermann Scliell avait dénoncé l'infériorité des catholiques sur le terrain des sciences religieuses, l'auteur de cette nouvelle publication prouvait leur infériorité sur le terrain littéraire. Il atli'ibuait le mal, d'une part, à un souci exagéré d'oi'thodoxie chez les écrivains au détriment de l'esthétique, et d'autre part, à la façon mesquine et étroite avec laquelle certains critiques catholiques traitaient les travaux littéraires. En

(1) Sleht die katholische Bellclrislik auf de.r llûhe der Zeit ? Kine litterarische Gewissensfrage von Veremundus (Mainz, Kirchlieim, in-8°, 82 p.).

(2) Cf. ci-dessus p. 59.

exemple de ces appréciateurs stérilisants, il citait les jésuites et leur principale revue en Allemagne : les Echos de Maria- Laach (1).

L'année suivante, le même auteur publia une nouvelle brochure intitulée : La tâche littéraire des catholiques allemands. Pensée sur les belles lettres catholiques et la critique littéraire, avec une réponse à mes critiques (2). Cette fois la brochure ne portait plus le pseudonyme de Veremundus ; elle donnait son véritable nom : Karl Muth. Plus hardi que dans sa première dissertation, l'auteur pénétrait mieux son sujet, n'accusant plus des écrivains et des critiques catholiques, mais une certaine conception religieuse qu'il appelait un ultramontanisme fanatique et qu'il s'etTorçait d'ailleurs de distinguer de l'Eglise catholique. Ses thèses furent àprement discutées.

Quelques années plus tard, en 1903, Karl Muth essaya de réaliser son idéal de critique en éditant, sur des principes strictement catholiques, une revue vraiment littéraire. Dans un périodique qu'il intitula Hochland (Le Haut-Pays), il publia des romans et des nouvelles parfaitement écrits et d'esprit libéral. Il imprimait même une traduction du Saint de Fogazzaro, lorsque cet ouvrage fut mis à l'index. Revue catholique, Hochland cessa immédiatement la publication du roman condamné, mais pour cela même quelle l'avait commencée, elle fut stigmatisée de l'épithèle de moderniste ou de modernisante. Des catholiques purs la combattirent vivement et, pour la supplanter, ils en fondèrent une autre. Le Gral, dont la caractéristique devait être de « développer aussi purement et aussi complètement que possible les côtés positifs du point de vue catholique sur tous les domaines de

(1) Stimmen aus Maria Lanch.

(2) Die lillerarischen Aufgaben der deutschen KalhoUhen, Gedanken ùber kalholische BeUetrisdk und lilterarische, Kritik, zugleich eine Antwort an seine Kriliker (Mainz, Kirchheim, in-S").

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