LE CHANOINE GRIMAULT
croient faire preuve de caractère en s'attacliant aveuglément à une opinion dont la fausseté leur a été dénionlrée.
« Il est facile, Monseigneur, de faire de l'esprit en persiflant un personnage, mais souvent les gens d'esprit qui persiflent s'exposent à être eux-mêmes sifllés. C'est ce que pourraient vous prouver en ce moment, et mieux que moi, tous les prêtres du diocèse d'Angers.
« Veuillez agréer, Monseigneur, mon profond respect.
« E. Grimault, « chanoine d'Angers. »
Cette manifestation valut natui-ellement à son auteur les compliments de quelques vieilles dames désireuses de conserver la foi du charbonnier et ceux de divers ecclésiastiques justement méfiants de l'histoire (1). Plus sincère ou peut être plus perspicace que le commun de ses confrères, en France, un jésuite, le Père A. de la Croix, écrivit au chanoine : « La gifïle morale appliquée sur la joue du moderniste Duchesne a consolé les cœurs catholiques romains, si rares de nos jours. » Et un certain M. Jules Sevray lui envoya sa carte avec ces mots caractéristiques : « Haro, haro, sur la critique, et merci » (2).
La protestation angevine ne pouvait être qu'un prélude. Les théologiens intransigeants de France et ceux d'Italie, où la traduction de V Histoire ancienne de l'E^^lise (3) avait déjà suscité de grandes controverses, se mirent à rédiger contre ce livre des réquisitoires tels que les gardiens officiels de
(1) Le cardinal Lucon, ancien condisciple du chanoine, Doni Gabrol, M. l'abbé Joseph Delahaye, le très digne frère du sénateur et du député de ce nom, M. l'abbé F. Uzureau, directeur de l'Anjou historique, etc.
(2) Cf. Grimault, A la mémoire de Mgr Freppel. Ma lettre à Mgr Duchesne (Angers, Grassin, 1911, in-S", 43 p.).
(3) Storia délia Chiesa antica (Ro:ua, Desclée, UdO-iyil, 3 vol. in-8»).