‹ Histoire du modernisme catholiqueChapitre 60 sur 82 · LA CONSISTORIALE · texte numérisé non relu

LA CONSISTORIALE

la doctrine devaient être nécessairement obligés de le condamner (1).

En effet, au commencement du mois de septembre, le cardinal secrétaire de la sacrée congrégation consistoriale, c[ui est chargée de la surveillance des séminaires, adressait à l'épiscopat italien la lettre suivante :

« A la connaissance du Saint-Siège, l'ouvrage de Ducliesnc Storia délia Chiesa Anlica a pénétré dans quelques Séminaires et y a été mis entre les mains des élèves, sinon comme manuel de classe, du moins comme texte à consulter. \ « Si l'on avait pris garde à ce que durent reconnaître, au cours d'une récente polémique, ceux mêmes qui se sont chargés de publier cet ouvrage — à savoir que c'est « un livre réservé aux savants, aux hommes d'une forte culture, à ne point propager dans les Séminaires », — on aurait, sans doute, apporté plus de prudence à l'admettre.

« Mais en dehors de cet aveu des intéressés, je dois porter un jugement bien plus grave à la connaissance des Révérendissimes Ordinaires diocésains. En elïel, comme on nous avait demandé si l'on pouvait admettre, ou au moins tolérer dans les Séminaires la Storia délia Chiesa Anlica de Ducliesne, je pris, comme c'était mon devoir, l'avis de consulleurs compétents, non seulement étrangers à la récente polémique, mais extrêmement pondérés, et leur sutTragefut absolument négatif. Car, en raison des réticences étudiées et continuelles (reconnues, du reste, par l'auteur lui-

(1) La campagne menée contre le livre de Mgr Duchesne aux mois d'août et de septembre 1911 dans L'UnitàCattolica reçut les approbations d'une dizaine de cardinaux et d'une quarantaine d'arciievêques et évêques. Cf. Univers, 2, 7, 10, 13, 15 sept. 1911. Mgr Ducliesne fut particulièrement défendu par l'université catiioli(|ue de Louvain, qui l'avait nommé docteur, honoris causa, et par le liiillelin de Toulouse. Ce Bulletin disait, non sans justesse d'ailleurs: «La personnalité de Mgr Duchesne, si émiuente qu'elle soit, n'est point seule en cause ici. C'est la légitimité même et la possibilité de la science catliolique positive qui est mise en question. » (Nov. 1910, p. 404).

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