‹ Histoire du modernisme catholiqueChapitre 62 sur 82 · L. DUCHESNE · texte numérisé non relu

L. DUCHESNE

(1) Protestation, p. 27. — Cet écrit n'a pas été publié en brochure, mais a circulé confidentiellement à l'état d'épreuves. Il a été ensuite imprimé, avec quelques modifications et plus ou moins intégralement, sous le titre de « Lettre à un ami » dans Rev. Mod. Intern., janv. fév. 1912, La Revue, 1" mars 1912, Ln (UiUura^contemporanea. novembre 1911.

(2) Après la condamnation de son journal (cf. ci-dessus, p. 205), M. Naudet avait pareillement écrit à Pie X : «...prêtre toujours

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La presse libérale et la presse calholique libérale menèrent grand bruit autour de cette affaire. Au lieu de s'étonner que l'ouvrage de Mgr Ducliesne eût reçu l'imprimatur, elles s'étonnèrent de sa condamnation. Le Journal des Débats |1) y découvrit, de la part du Vatican, une marque d'hostilité contre la France. On balança contradictoiremenl l'autorité du Maître du Sacré-Palais et celle de l'Index, les deux actes de Pie X qui après avoir approuvé l'ouvrage, signait sa prohibition. La presse pontificale s'empressa alors de déclarer, comme le tenant « de bonne source », que le pape n'avait pu « lire personnellement l'ouvrage de Mgr Duchesne que durant le repos forcé que lui imposa naguère la maladie », et qu'il en avait été « profondément choqué » (2).

Quand l'émotion de la condamnation fut passée et que les Acta Apostolicae Sedis eurent aimoncé, le 15 février, que Mgr Duchesne s'était « louoblement soumis » au décret du 22 janvier, les catholiques se trouvèrent d'accord pour considérer cette soumission comme une preuve que le

fidèle, je tiens à dire immédiatement à Votre Sainteté que je m'incline respectueusement devant la sentence qui me frappe ». Menacé d'une condamnation de l'index, en 1877, M. Duchesne avait déjà écrit à cette époque au cardinal-préfet de la Congrégation pour l'assurer « de son entière soumission à la décision qui pourrait intervenir et de sa disposition à accepter toutes les modifications ou corrections que la Sacrée Congrégation voudrait bien lui indiquer ». « Elevé, ajoutait-il. dans le respect et l'obéissance envers la sainte Eglise romaine, membre d'un corps professoral dont les principes sont non seulement l'orthodoxie la plus rigoureuse, mais encore un attachement tout particulier à la direction d'enseignement donnée par le Saint-Siège, je n'aurai aucun elfort à faire pour me conformer à ce qu'une autorité si clière et si vénérée demandera de moi. » Mgr Baudriliarl, \'ie de Mgr d'Ilulst, I, p. 458.

(1) Numéro du 31 janvier 1912.

(2) Cf. ci-dessus, p. 125, les éloges donnés antérieurement par le cardinal Sarlo à L'Evangile el l'Eglise.

caractère de l'historien « est à la hauteur de son beau talent », comme un «grand acte de vrai courage chrétien » et un sujet d'édification pour les peuples (1).

Quoi qu'il en soit, la mise à l'index de Mgr Duchesne reste pour les clercs un grave avertissement, pour le public rassis une nouvelle preuve de l'incompatibilité de l'histoire et de la théologie officielle. Si les besognes d'une certaine érudition sont encore possibles aux ecclésiastiques, les grandes synthèses leur sont interdites. Ils ne peuvent les tenter qu'à l'aide d'expédients que l'Eglise découvre tôt ou tard et qu'elle est alors obligée de condamner.

(1) Exemple de ces considérations : « Hier, encore, c'était Mgr Duchesne, qui se courbait humblement devant la sentence prononcée contre lui de ses ouvrages où il croyait avoir le plus afiirmé l'orthodoxie de sa foi. » Ernest Daudet, Le Semeur (Tarbes), 17 février 1912. Je cite de préférence ce journaliste parce qu'on lui a fait une réputation d'historien et de psyciiologue. — Naturellement, tout comme les livres condamnés de Fogazzaro, l'ouvrage condamné de Mgr Duchesne n'a pas été retiré du commerce. Seulement, en Italie, l'éditeur pontiOcal Desclée en a cédé la vente à la Société « Libraria Milanese ».

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