‹ Histoire du modernisme catholiqueChapitre 66 sur 82 · L'ABBE JOSEPH TURMEL · texte numérisé non relu

L'ABBE JOSEPH TURMEL

Le nom de ce prêtre, l'un des plus savants patristiciens contemporains, a été souvent mêlé aux polémiques modernistes, bien que sa méthode de travail et ses conclusions semblent plutôt simplement critiques. Voici quelques notes sur sa carrière et sur les controverses suscitées par ses ouvrages.

Né le 13 décembre 1859, à Rennes, M. Turmel fit à Rennes ses études classiques et théologiques. Il fut ensuite élève à la Faculté de théologie catholique d'Angers. On l'ordonna prêtre avant l'âge de vingt-trois ans, avec dispense de Rome.

De 1882 à 1892, il fut professeur de théologie dogmatique au grand séminaire de Rennes. 11 rédigea un cours complet de théologie dogmatique lequel fut enseigné dans ledit séminaire pendant les quatre ou cinq années qui suivirent son départ. Il se consacra enfin aux études bibliques et patristiques. En 1892, à la suite d'une crise d'âme, il fut destitué et ne fut admis à rester dans les cadres qu'à la

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condition de se séparer de ses livres, ainsi que de ses cahiers. Ses livres lui furent rendus au bout de quinze mois ; ses cahiers — au nombre de vingt-trois, contenant environ six mille pages, — furent brûlés à son insu par M. l'abbé Ceillier mort, en 1911, supérieur du collège Saint- Vincent à Rennes (1).

Nommé aumônier des Petites-Sœurs des Pauvres à Rennes (fin de 1893), M. Turmel reprit ses études patristiques. A partir de 1898, il publia, dans la Reiue d'histoire et de littérature religieuses, l'histoire de l'angélologie, l'histoire du dogme du péché originel. Le premier de ces travaux fut attaqué par le P. Fontaine dans la Revue du Monde catholique (1899) le second, par le P. Portalié dans le Dictionnaire de théologie catholique (art. Augustin). L'auteur fut dénoncé par le cardinal Richard au Saint-Office qui répondit en prescrivant au « téméraire « théologien de Rennes de soumettre tous ses écrits au contrôle de son ordinaire. Le cardinal Labouré, alors archevêque de Reunes, se désintéressa de ce décret; le cardinal Richard, au contraire, veilla, en ce qui le concernait, à son application; M. Turmel ne put donc rien publier dans la Rei'i/e du clergé //■««fOis dont il était l'un des principaux rédacteurs, sans r« imprimatur » de Rennes exigé par l'archevêque de Paris ; mais il écrivit en toute liberté dans les revues indépendantes du pieux cardinal Richard.

Le 13 juillet 1901, M. Turmel inséra dans La Justice sociale, sous le pseudonyme de Goulven Lézurec, un article sur la Rédemption qui causa aussi quelque émotion. Plusieurs théologiens envoyèrent des réfutations au journal, mais on ne les imprima pas de peur de déchaîner une controverse. L'un des réfutateurs donnait de la dissertation la caractéristique suivante : « La thèse soutenue par M. Lezurec est

(1) L'auto-da-fé est resté un procédé orthodoxe. Mgr Dadolle, recteur de l'Institut catholique de Lyon, supprima pareillement des cahiers de piiilosophie.

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