‹ Histoire du modernisme catholiqueChapitre 67 sur 82 · JOSEPH TURMEL · texte numérisé non relu

JOSEPH TURMEL

celle-ci : La doctrine théologique sur la Rédemption n'est pas tellement arrêtée que l'on ne puisse pas lui faire subir encore de profondes modifications et ceux qui connaissent l'histoire du dogme savent combien on a tort de le considérer comme un recueil de formules précises depuis longtemps fixées. Au contraire, rien de plus mobile et de plus plastique que nos croyances, surtout considérées au début de leur évolution. »

Malgré les hostilités auxquelles il était en butte, M. Turmel fut invité à collaborer à une entreprise d'éditions théologiques dirigée par les Jésuites. Pour garantir le caractère scientifique de la collection, on lui fit donner le premier volume.

En 1908, M. l'abbé Saltet, professeur à la Faculté de théologie de Toulouse, un des plus dignes élèves de Mgr BatilFoI, dénonça M. Turmel comme l'auteur d'études très hardies ou hétérodoxes publiées, dans la Ranie d'histoire et de littérature religieuses, sous les pseudonymes de Lenain, Ilerzog et Dupin.

M. Turmel n'avait pas caché qu'il fut « Denys Lenain », mais il nia être Ilerzog et Dupin. Les vives controverses qui s'élevèrent à ce sujet furent à peu près éteintes (1) par la lettre suivante, adressée à l'archevêque de Rennes (Mgr Dubourg), et publiée dans sa Semaine religieuse, le 30 mai 1908 :

Monseigneur,

Vous me faites l'honneur de m'exposer que la lettre que j'ai écrite à Votre Grandeur n'a pas paru assez nette, et vous m'exprimez le désir que je fournisse de plus amples explications. J'acquiesce bien volontiers à ce désir, et, pour couper court à tout malentendu futur, je fais par écrit les déclarations suivantes :

1° Je renouvelle mon affirmation que Je ne suis ni Ilerzog, ni

(1) Dans L'Univers du 15 novembre 1910 « Roger Duguet » attribue encore à M. Turmel les pseudonymes de Ilerzog et de Dupin.

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Dupin ; que je n'ai été ni de connivence, ni, a fortiori, de complicité avec ces personnages que je ne connais pas.

2° Un mot de ma première lettre ayant, parait-il, prêté à équivoque, je déclare que, dans les explications soumises à Votre Grandeur, j'ai eu en vue des coïncidences d'ordre teclinique et non d'ordre doctrinal.

3"> Je désapprouve d'avance toutes les conclusions ou conséquences qu'on tirerait de mes écrits et qui ne seraient pas conformes à l'orlhodoxie.

4° Prêtre catholique, je professe tout ce que professe l'Eglise romaine et rejette tout ce qu'elle rejette.

5° Fils affectueux et dévoué de la Vierge Marie, je crois à son Immaculée Conception, à sa virginité parfaite et perpétuelle, à sa maternité divine ; en un mot j'adhère, en ce qui concerne la mère de Dieu, à la doctrine intégrale de la Sainte-Eglise.

J'espère, Monseigneur, que ces explications formelles donneront satisfaction aux esprits les plus exigeants et les plus diffîciles.

Daignez agréer, Monseigneur, les respectueux hommages avec lesquels j'ai l'honneur d'être, de Votre Grandeur, le très humble et très dévoué serviteur (1).

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