Mez, Renaissance, p
ressources du domaine public, etc., constituent les ressources du Trésor public de l'Etat qui étaient employés aux dépenses du centre de l'Empire : a) à l'administration de la Babylonie, c'est-à-dire du sawâd de Bagdad et de la ville même; b) à l'entretien de l'armée particulière du calife qui était campée autour de la capitale. Aux époques de prospérité, c'avait été une dépense considérable, car le calife levait constamment des armées qu'il envoyait aux gouverneurs des provinces ou qu'il conduisait luimême contre l'ennemi, par exemple contre les Byzantins. Mais, au xe siècle, le calife a souvent grand peine à payer régulièrement les quelques milliers de mercenaires qui constituent sa garde particulière et la garnison de la capitale; c) les dépenses de la cour : celles-ci sont énormes, et le gaspillage ne peut être arrêté. Le calife Al Qâhir, contraint par une pénurie complète du Trésor de faire des économies, décide que la dépense quotidienne pour le dessert et pour les fruits de sa table ne sera que d'un dinar au lieu de trente, qu'on n'en servira plus que douze bols et qu'au lieu de trente plats doux on ne lui en présentera que de quoi le rassasier1. Pour ces excès de bouche (le calife est d'ordinaire gros mangeur), il semble qu'un souverain scrupuleux pourrait prendre sur sa bourse particulière. C'est d'ailleurs un mince exemple du gaspillage général.
L'administration financière de ces recettes et de ces dépenses appartenait au bureau du Trésor (diwân bail al mal) et à un bureau spécial de contrôle qui en épurait la comptabilité : c'était une sorte de Cour des comptes.