Mez, Renaissance, p
Cette organisation financière, qui valait bien celle de notre royauté féodale, n'était malheureusement défendue que par les bureaux de l'administration centrale. Ailleurs, les agents supérieurs de l'Etat, quels qu'ils fussent, étaient d'accord pour piller, et leurs querelles venaient surtout de ce que, dans ce désordre, ils se disputaient la première place. On voudrait pouvoir conter le trop long détail des pilleries des trois Baridi, sous les califes Moqtadir, Râdi et Muttaqi (928-941 ), qui avaient partie lié avec Yamir aVoumarâ Ibn Râïq et les Bouyides pour que chacun emplît ses poches. Et ce serait un exemple entre mille1.
Cependant, il faut que le calife puisse payer quelquefois la solde de ses mercenaires, qui sont sa dernière et bien instable protection.
L'armée
L'organisation de l'armée et celle de l'impôt sont intimement liées. Elles n'ont été, sous les Omeyyades, qu'une seule et même chose : le diwân de l'armée répartissait sous forme de pensions, entre les combattants et leurs familles, le produit du butin dont l'impôt sur les terres des vaincus était le principal. On a vu comment cette notion s'est altérée à la fin de la dynastie omeyyade. Au lieu de joyeux combattants de la guerre « sainte », il y a des soldats qui discutent le montant de leur solde.
L'armée omeyyade était surtout composée de « Syriens »; ce sont les Khorassaniens qui forment le fond de l'armée abbasside, c'est-à-dire des Arabes