‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 103 sur 180 · Tabari, Ann.; III 460 et · texte numérisé non relu

Tabari, Ann.; III 460 et

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un très gros butin qui se vend mal1. En 813 , Amin essaie de constituer une armée contre l'attaque terrible de celle de Mamoun; il ramasse tout ce qu'il peut, des « gens des souqs », des « artisans », des manœuvres2; et parmi les transfuges de Tâhir et les gens des faubourgs de Bagdad, il choisit ceux qui ont meilleure mine, il leur fait teindre la barbe en noir avec de la ghaliya et il les nomme qaïd; le peuple les baptise: les qaids à la ghaliya. Le calife leur donne à chacun cinq cents dirhems et un pot de ghaliya?.

Dès la période classique de la dynastie abbasside, l'armée musulmane est donc composée d'éléments disparates et flottants. Au xe siècle, sous les amir al oumarâ, elle ne comptera plus guère que des mercenaires. Pour le principe, semble-t-il, les historiens parlent encore des « combattants de la guerre sainte ». Il y a dans toutes les provinces des aventuriers qui suivent aussi volontiers la bannière d'un rebelle que les drapeaux du calife : où l'on peut « gaigner ».

La question de la solde s'était posée nettement à l'époque de la compétition entre Amin et Mamoun. Les troupes réclamaient une avance de six mois de solde; incapable de les trouver, le général donne ou promet un acompte : deux cents dirhems, puis cinquante dirhems. En 204 (819-820), Honaïd se prépare à payer au jound les cinquante dirhems qu'il leur a promis. Ici, la comédie est complète : les soldats refusent et en exigent quarante, et ils expliquent que le général vaincu, qu'ils ont abandonné, leur avait justement promis cinquante dirhems et qu'il ne leur a rien donné du tout; c'est donc un chiffre de

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