Tabari, Ann., III, 865, 3 et
mauvaise augure, auquel il faut renoncer. Honaïd leur fait naturellement donner soixante dirhems1. — Sous El Amin, après une razzia, les soldats réclament, outre leur part de butin, le quint réservé par le Coran au maître; on leur donne à chacun six dinars2 II semble que ce soit au commencement du ixe siècle que le Trésor cesse de verser les pensions aux tribus qui ne fournissent plus de soldats à l'armée. On est dans l'arbitraire pur; mais le hadith luimême donne l'impression que l'arbitraire était un élément essentiel du gouvernement du Prophète.
— A l'avènement de Motawakkil, on donne quatre mois de solde aux Turcs, huit mois aux troupes régulières (jound) et trois mois seulement aux Maghrébins, qui exigent d'être traités comme les Turcs3.
— En 252 (866), sous Mo'tazz, on estime qu'on doit aux Turcs, aux Maghrébins et aux Chakriya deux millions de dinars, c'est-à-dire le produit de l'impôi foncier (kharâj) pendant deux ans4. En 266 (869) les troupes réclament notamment « l'argent de la proclamation », c'est-à-dire le cadeau qu'on leur a promis en récompense de leur adhésion au nouveau calife5. Des Turcs ont promis à Mohtadi de le soutenir, s'il leur donne deux dirhems et du « biscuit » (sawiq)*.
Les soldats réclament des réformes dans l'organisation de l'armée : le nombre des officiers, la présence des femmes et des valets, surtout le montant et le paiement des soldes : ils demandent la suppression des dotations foncières, toutes réclamations dont le