‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 109 sur 180 · Tabari, Ann., III · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., III

Le calife omeyyade était entouré des gens de sa famille et des tribus de ses femmes qui le gardaient, suivant une formule générale, que l'on retrouvera au Maghreb. Le calife abbasside a une garde. El Mahdi, à Médine, suit la tradition et recrute cinq cents Ançâr qui lui servent de garde en Iraq et auxquels il donne une solde, cadeaux, dotations foncières1. El Mamoun a ses Khorassaniens; d'autres des Turcs, des Berbères, etc., pris parmi les troupes mercenaires qui composent peu à peu l'essentiel de l'armée. Un auteur du ixe siècle parle « des bredouilleux (iamâtin) noirs » et des Slaves (saqâliba) « rouges » qui gardent la porte du calife2.

Le calife et la cour.

Derrière la splendide façade de l'empire des califes, on vient d'apercevoir l'instabilité et l'incertitude des ressources financières, l'indiscipline et la vénalité des forces militaires, l'indépendance des gouverneurs des provinces. Pendant un ou deux siècles, néanmoins, il y a une réalité de gouvernement, et il en reste ensuite une apparence. Il convient de dire un mot des hommes et des « machines » qui conservent quelque unité à l'Etat musulman. On a dit déjà qu'on réserve pour un fascicule suivant, des indications sur les faits qui lui donnent une unité morale et qui, même, étendent celle-ci, en une certaine mesure, sur le monde musulman tout entier. On parlera ici du souverain, calife, émir ou visir, puis de la cour du

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