‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 112 sur 180 · Tabari, Ann., 402 et s · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., 402 et s

point que, dans les provinces, on agisse sans le consulter. Il s'irrite contre un gouverneur qui, de sa seule autorité, fait tuer un homme accusé d'être zindiq1. Quand l'annaliste le montre, un peu détendu, en conversation familière avec ses courtisans, c'est pour parler de sujets élevés : histoire, art du gouvernement, traditions, morale2. Un portrait sans ombre et plus lumineux sans aucun doute que la réalité; mais tous les petits faits de son règne concourent à donner l'impression d'un homme qui ne dort guère, qui montre une activité peu commune et a de réelles aptitudes de souverain3.

Haroun jouit largement de la grande vie de roi sassanide que lui ont préparée ses prédécesseurs; on le voit absorbé pendant des années par la recherche des moyens qu'il emploiera, soit pour anéantir la famille qui a assuré la splendeur de l'Etat, les Barmékides, soit pour régler sa succession de façon à ébranler la solidité de l'Empire. Il apparaît ainsi médiocre et imprévoyant; mais il fait voir aussi son souci constant de sa dignité et de son rôle de souverain, une application à le jouer, notamment pour le spirituel; il ne faut pas prendre pour un divertissement ses pèlerinages répétés, quelque fastueux qu'ils soient.

Chez El Mamoun, plus cultivé, plus fin, plus complexe, il semble qu'il y ait un commencement de déséquilibre; c'est encore le souci de la fonction religieuse qui domine une partie de sa politique, son alisme et son mo'tazilisme. Il se targue de savoir

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