Tabari, Ann., III, 402 et s
3. C'est le type classique du grand empereur romain, du deuxième au quatrième siacle : Ferd. Lot : Fin Empire romain, p. 199.
la tradition, le hadilh, et il proclame que le calife est particulièrement désigné pour la répandre. Un jour, au palais, il fait apporter une chaire, et, aux gens de la cour, il se met à réciter des hadiths. La leçon terminée, il interroge les assistants sur l'impression qu'elle a produite; il comprend qu'il a mal choisi le lieu et l'auditoire1. Son frère El Amin est un jouisseur, sans énergie, avec des aspects d'artiste.
El Motawakkil devrait apparaître comme le type du calife pieux, défenseur de l'orthodoxie; mais il y a autour de lui beaucoup de délations, de trahisons et de supplices; il a vraiment trop de goût pour les adulations grossières et pour le vin : il en a bu dixsept pintes et continue à manger et à boire, bien que la tête lui tourne un peu. Son fils, le futur El Montacir, lance sur lui Wacif, un émir mécontent; tout ivre qu'il est, le calife résiste et il y a bataille. A côté, le secrétaire 'Obaid Allah « était dans son cabinet, ne savait rien de ce que ces gens-là faisaient, expédiait les affaires ». Montacir fit raconter que son père s'était étranglé en buvant un dernier coup de vin2.
Parmi les souverains du Xe siècle que la décadence de l'empire fait négliger, il y a cependant des hommes qui croient à leur métier de roi et qui cherchent à le remplir : en les regardant de plus près, on les trouverait peut-être plus grands que plusieurs des califes que les historiens ont célébrés.
Pour la plupart, ils meurent très jeunes; les uns sont vite usés par l'exercice du pouvoir, par les jouissances du harem, par l'abus de la table et du vin;