Tabari, Ann., III, 389, 724, 1370, etc
tre. Le gouverneur se rend au plus vite à Merw où il annonce à Mamoun que les villes saintes l'ont acclamé les premières1.
Après la proclamation, le calife abbasside prend possession du pouvoir, mais en une manifestation très simple; par un symbolisme inconscient, sans doute, il transmet sa baraka, héritage du Prophète, à l'étendard de l'empire, en nouant une étoffe noire au sommet d'une lance, comme Mohammed nouait l'étendard du chef de guerre. — Les émirs, quand ils dominèrent le califat, eurent des allures plus fastueuses; ils se parèrent d'un bandeau-diadème, orné de pierres précieuses2, à la perse.
La proclamation est suivie de cadeaux aux troupes : on leur paie plusieurs mois de solde. Enfin l'entourage du calife lui choisit un surnom; Al Motawakkil s'appelle d'abord Al Mostancir ; maison change d'avis3.
Ces déclarations ne sauraient cependant imposer à la communauté musulmane pour calife un personnage indigne. La doctrine enseigne qu'il doit posséder une série de vertus, et des ouvrages développent tout spécialement celles qui ornent les imâms fatimides. L'opinion publique a nettement conscience que le calife doit posséder quelques qualités essentielles et ne point exagérer certains vices. Quand il est question de nommer calife le fils d'Al Wathiq, Mohammed, l'émir Wacif s'écrie : « N'avez-vous point la crainte de Dieu pour confier le califat à cet être-là, avec qui la prière ne serait point valable4 ? »
Il y a une communauté musulmane et un repré-