‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 119 sur 180 · Tabari, III · texte numérisé non relu

Tabari, III

coutumes pratriarcales du Prophète et des califes légitimes. Elles laissaient encore quelques souvenirs dans l'allure du calife abbasside : on voit Mamoun tendre la main à des gens qu'il veut honorer. Mais le baise-main est déjà courant avant son règne, et aussi la prosternation devant le maître, en baisant la terre. Au ixe siècle, la littérature d'adab insiste sur le mérite des califes qui ne se font pas celer par un hâjib, et toutes les anecdotes mettent en scène les Omeyyades1. C'est une critique enveloppée du maître. Il y a d'ailleurs chez les écrivains arabes des récits déconcertants, où ce respect servile du souverain fait place à des allures bien arabes, l'habitude et le goût de la conservation sans gêne, avec toute la crudité et la violence de l'expression. Au temps des émirs, on adore le maître; mais leurs soudards ne se contentent pas d'assassiner les califes, ils les insultent et profanent leur cadavre2.

Le lecteur moderne distingue mal la réunion des intimes autour du calife et la réception solennelle. Sous Mançour, sept cents personnages se présentent chaque matin à la cour : ce sont les descendants des compagnons du Prophète, qui sont reçus suivant leur rang d'ancienneté dans l'islam, en commençant par le rang inférieur3.

Les armées musulmanes connaissent, on l'a dit, les « distinctions honorifiques ». La cour et la ville ont le goûtdes titres et des surnoms éclatants. Ceux-ci, au ixe et au Xe siècle, sont en dawla : Imâd ad dawla, « pilier de l'Etat »; Behâ ad dawla, « splendeur de l'Etat », etc. Plus tard, ils seront en dm, Fakhr ad din,

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