‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 121 sur 180 · Tabari, Ann., III · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., III

de la crosse à cheval, du çouljân, semble s'être déjà installé à la cour abbasside du temps de Haroun.

Au palais, comme à la ville, la pompe califienne consiste en une nombreuse suite, fastueusement parée; aux heures de détresse, elle montre peut-être un peu la corde, mais les apparences sont sauves. On a déjà parlé de la garde du prince : elle joue, au palais, un rôle de premier plan; ce sont plusieurs corps de troupes composées d'affranchis, d'étrangers, de soldats d'élite, qui entourent et protègent le calife. Habitués au service du palais, ces hommes en connaissent tous les détours : ils sont aussi habiles à défendre le souverain qu'à l'assassiner. Au Xe siècle, les personnages, qui apparaissaient à la cour, sous les premiers Abbassides, semblent en faire normalement partie : les esclaves blancs et noirs qui gardent les portes et les chambellans (hâjib) introduisent les astrologues, les bouffons, les médecins, les barbiers. Les services du palais occupent un énorme personnel : les cuisiniers d'abord et les palefreniers, les gardiens de la ménagerie, les ouvriers des ateliers royaux, les selliers, les armuriers, etc. Il est impossible d'évaluer le nombre de ces gens, non plus que celui des femmes du harem, ou celui des eunuques : pour les femmes, les indications des auteurs arabes varient de 400 à 12 000, à la même époque. La maison féminine du calife et celle de sa mère sont chacune sous la direction d'une grande « maréchale » [qahramana)1.

L'un des plaisirs populaires et publics du calife à Bagdad, ce sont les fêtes sur l'eau, où la cour monte des barques magnifiques en forme de bêtes sauvages.

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